Exergue

22/04/2011

Nous savons que les défenseurs du système prostitutionnel – dans l’impossibilité où ils sont de pouvoir gagner au plan des principes et de la morale – sont maîtres dans l’art de la confusion intellectuelle.

Nous savons aussi que des chercheurs, des enseignants, des personnes prostituées, des actrices de films pornographiques se définissent comme « féministes ».

Je récuse, pour ma part, depuis plusieurs années et sans aucune ambiguïté le qualificatif de « féministes » à ceux et celles qui justifient peu ou prou le système prostitutionnel. C’est pour moi un enjeu politique fondamental.

En toute logique, je refuse, lors de débats, de rencontres, de colloques, de publications de cautionner par ma présence ceux et celles qui le défendent. (…)

Le risque est donc réel que les termes de « féminisme » et d’ »abolitionnisme », faute d’être rigoureusement définis, délimités et clarifiés, ne soient utilisés par certain-es pour cacher des projets politiques beaucoup moins clairs, voire en totale contradiction avec les fondements de la pensée féministe et abolitionniste.

Nous devons donc être extrêmement vigilant-es afin que le terme d’ »abolitionniste » ne soit pas lui aussi , à l’instar du mot « féministe », coupé de toute signification et sapé à la base. Le risque doit être appréhendé à la mesure de sa gravité.

MARIE VICTOIRE LOUIS

Extrait de :  Contribution au débat pour la reconstruction politique de l’abolitionnisme féministe

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