Nommer l’oppresseur: les hommes
29/02/2012
“Ainsi des femmes sont encore intimidées par l’étiquette « contre les hommes ». Certaines ressentent le besoin erroné d’établir des distinctions du style « je ne suis pas contre les hommes, mais contre le patriarcat ». Le courage d’être logique _ le courage de nommer _ nécessiterait que nous admettions, nous-mêmes, que ce sont les hommes, uniquement les hommes, qui inventent, planifient, dirigent et rendent légitime le patriarcat. Le patriarcat est la patrie des mâles ; c’est la Terre des Pères ; et les hommes sont ses agents. La résistance principale à la reconnaissance de cette évidence est résumée dans Sisterhood is Powerful : « Penser que notre homme fait exception et que, de ce fait, nous sommes exceptionnelles parmi les femmes » . Il est dans l’intérêt des hommes (selon la façon dont ils perçoivent leurs intérêts dans le patriarcat), et _ de façon superficielle mais suicidaire _ de beaucoup de femmes, de cacher ce fait, surtout à elles-mêmes [...] En fait, nous vivons dans une société profondément anti-femmes, une « civilisation » misogyne dans laquelle les hommes s’allient pour faire de nous des victimes, nous attaquant comme personnifications de leurs propres peurs paranoïaques et comme l’Ennemi. À l’intérieur de cette société ce sont les hommes qui violent, qui sapent l’énergie des femmes, qui refusent aux femmes le pouvoir économique et politique. Se permettre de comprendre et de nommer ces faits signifie accomplir des actes anti-gynocidaires.”
Mary Daly, Gyn/Ecologie