(In)Visibilité de la lutte contre le sexisme.

20/11/2007

(In)Visibilité de la lutte contre le sexisme.

Les mouvements féministes

mardi 4 juillet 2006

par Jean Pierre Vernet sur http://chiennesdegarde.org/article.php3 ?id_article=448

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». C’est ce qu’affirme le premier article de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789. Cependant, lors de cette déclaration, les femmes étaient exclues et il fallut attendre encore bien des années pour que les femmes soient incluses dans les principes d’égalité de la démocratie. On pourrait croire alors que cet égalitarisme déclaré ait sonné le glas de toutes les discriminations sexistes. Cependant ce n’est pas le cas. Le principe de l’égalité cohabite avec un sexisme toujours puissant.

Comment comprendre cette coexistence ? Pourquoi les mouvements féministes qui luttent pour l’égalité contre le sexisme ne sont pas plus visibles et valorisés ? Comment les féministes réagissent à la place que la société leur laisse ? Pour répondre à ces différentes questions, ce texte, dans un premier temps, ambitionne de décrire le problème de cette cohabitation et de ses conséquences pour les mouvements féministes. Une fois le problème décrit, une explication sera proposée. Enfin, nous présenterons brièvement les résultats d’une étude récente qui tente de décrire comment les mouvements féministes gèrent le regard de la société à leur endroit.

Celui qui s’intéresse au problème du sexisme peut noter qu’il y a dans notre société deux contradictions des plus étranges. Premièrement, devant la loi, les femmes et les hommes sont déclarés avoir les mêmes droits. De plus, la plupart des gens (pour ne pas dire tous) se disent complètement d’accord avec l’égalité des sexes. Pourtant, dans les comportements du quotidien le sexisme continue. Les faits montrent que les femmes demeurent très subordonnées aux hommes. Par exemple, elles gagnent 82% de la rémunération des hommes. Un autre exemple montre que, bien qu’elles aient plus de diplômes que les hommes, elles restent à des postes subordonnées, et cela que ce soit au niveau économique ou politique. Un dernier exemple constate que si les femmes représentent 55% du corps électoral, elles ne représentent au mieux que 13% des élus. Toutes ces inégalités que l’on remarque dans les comportements du quotidien montrent que les femmes sont les victimes d’un néo-sexisme. Ce néo-sexisme ne se manifeste pas par une discrimination ouverte, mais par des difficultés et des pratiques (plus inconscientes) qui produisent cette discrimination (Glick & Fiske, 1996 ; Swim, Aikin, Hall, & Hunter, 1995). Il existe donc une contradiction entre la déclaration des lois (à laquelle s’ajoute une déclaration consensuelle de la population puisque tout le monde se dit en faveur de l’égalité des sexes) et l’inégalité réelle qui demeure dans le quotidien des comportements et dans les faits.

A l’intérieur de ce paradoxe, il apparaît intéressant d’examiner la légitimité de la place des mouvements féministes dans la société. En effet, ce sont les mouvements féministes qui combattent la discrimination sexiste pour faire avancer l’égalité des sexes. Considérant la norme de non-discrimination (tout le monde désapprouve la discrimination en générale) et le consensus qui approuve l’égalité des sexes (tout le monde se dit en faveur de l’égalité des sexes), nous pourrions nous attendre à ce que les mouvements féministes qui combattent la discrimination en faveur de l’égalité soient considérés comme héroïques et très largement valorisés par l’ensemble de la population. Cependant, ce n’est pas le cas. Les hommes, comme les femmes, regardent les féministes avec mésestime et méfiance (Twenge, & Zucker, 1999 ; Vernet et Butera, 2002 ; in Prep) en refusant souvent d’associer l’égalité des sexes aux mouvements féministes tandis qu’ils en sont historiquement à l’origine et qu’ils la défendent encore. Une deuxième contradiction apparaît alors ici puisque les féministes sont stigmatisés tandis qu’ils sont à l’origine des normes maintenant bien acceptées : l’égalité entre les femmes et les hommes

La psychologie sociale des minorités peut apporter une explication à ces deux contradictions abordées ici. Nous appelons minorités tous les groupes ou mouvements actifs qui prônent une norme alternative à la norme majoritaire. C’était le cas des mouvements féministes de la première vague qui prônaient le droit de vote (entre autres) contre les normes discriminantes du statut quo. C’était aussi le cas des mouvements féministes de la deuxième vague qui prônaient le respect et la liberté du corps de la femme contre la vision réductrice à sa fonction de reproduction, (etc.). Pour un grand nombre de chercheurs (par exemple : Moscovici, 1976 ; Pérez & Mugny, 1993), l’influence minoritaire est la conséquence de la gestion du conflit qui se passe dans l’esprit des gens entre ce que le statut quo ordonne (c’est à dire, la majorité) et ce que la minorité propose. Ce conflit étant désagréable, les individus cherchent à le réduire en changeant (c’est à dire, en assimilant le point de vue minoritaire dans leur système de penser). Sur la base du constat que les minorités sont très souvent connotées négativement, deux chercheurs, Pérez et Mugny en 1990, proposent une théorie de l’influence minoritaire qui nous intéresse beaucoup. Ces deux chercheurs expliquent que le changement est le résultat du processus de dissociation : pour ne pas être associés aux attributs négatifs de la minorité tout en adoptant néanmoins et publiquement le point de vue minoritaire, les gens sont amenés à dissocier le contenu du message (qu’ils acceptent) de la source du message (qu’ils rejettent). Il est donc possible d’adopter un point de vue d’origine minoritaire sans pour autant associer ce point de vue à l’action de la minorité qui défend(ait) ce point de vue. Ce phénomène se nomme la cryptomnésie sociale.

Il est possible de définir la cryptomnésie sociale par une double composante. D’un coté il y a une sorte « d’oubli » de l’origine minoritaire d’une idée. D’un autre côté, cet oubli justifie que les gens continuent à déprécier cette minorité. Ainsi, des personnes peuvent accepter les droits qui prescrivent l’égalité des sexes tout en dépréciant (voire, en rejetant) les mouvements féministes même si ces mouvements ont historiquement réussi à faire le consensus autour de l’idée de l’égalité des sexes et qu’ils sont à l’origine des changements dans la société qui vont dans ce sens. Pour illustrer cet aspect, nous avons fait une petite étude (Vernet & Butera, 2003) où la moitié des participantes devait donner leur degré d’accord envers l’affirmation suivante : « l’égalité entre les femmes et les hommes est un progrès de justice sociale ». L’autre moitié des participantes avait la même affirmation, mais avec un rappel du groupe qui en était à l’origine. La phrase que les participantes devaient alors évaluer était donc dans ce cas « Comme le disent les mouvements féministes, l’égalité entre les femmes et les hommes est un progrès de justice sociale ». L’affirmation reste donc la même. Cependant, le premier groupe (sans rappel de la minorité) évalue l’affirmation beaucoup plus favorablement que le deuxième groupe (avec le rappel). On accepte donc le message tout en rejetant le groupe qui s’est battu pour ce message. C’est la cryptomnésie sociale.

La cryptomnésie sociale est même plus perverse qu’il n’y parait. Elle ne se contente pas de déprécier les groupes minoritaires ; Elle leur enlève aussi la possibilité d’agir avec efficacité. Comment cela se peut-il ? Pour comprendre la réponse, il faut se pencher sur les conséquences du consensus réalisé sur l’égalité des sexes (tout le monde se dit en faveur de l’égalité des sexes). En effet, en réalisant ce consensus, la cryptomnésie sociale empêche les mouvements féministes d’être visible et d’agir. Après tout, sans réelle différence de discours, comment avoir un impact ? Dire à une personne qui pense déjà être en faveur de l’égalité des sexes que nous sommes en faveur de l’égalité des sexes ne va probablement ni la perturber beaucoup, ni attirer son attention. Le consensus rend donc les mouvements féministes invisibles. En d’autres mots, le consensus ruine l’attention possible envers les mouvements féministes, même si ce consensus est une illusion. On peut parler ici d’illusion dans le sens où, si l’attitude est pro-égalitaire, les comportements restent largement inspirés de sexisme. Il est très possible d’avoir une contradiction entre les attitudes déclarées et les comportements. La psychologie sociale démontre que les attitudes ne reflètent pas facilement ou souvent les comportements des gens. Ainsi, le consensus ruine l’attention possible envers les mouvements féministes. Il les rend invisibles. Cependant, ce n’est pas tout ! Le consensus voile aussi la réalité du sexisme. La plupart des gens ignore (ou veut ignorer) que le sexisme persiste. Ainsi, une des conséquences graves de cette ignorance et du consensus est que les revendications féministes sont non seulement incomprises mais aussi considérées pour de l’extrémisme. « Que veulent-elles encore » peut-on entendre. Evidemment, pour une personne qui se dit en faveur de l’égalité des sexes, qui y voit un consensus dans la société et qui ne perçoit pas l’acuité du sexisme, les revendications féministes paraissent nécessairement extrémistes. Pour résumer, la cryptomnésie sociale nuit aux mouvements féministes en leur enlevant une réelle reconnaissance de leurs mérites, en les dépréciant et en leur enlevant toute légitimité d’action (puisque l’action serait perçue comme de l’extrémisme). Ainsi, le changement social pro-égalitaire actuel ne concerne essentiellement que l’attitude. Les comportements restent quant à eux largement inspirés de sexisme. Il est alors peu étonnant que selon Françoise Gaspard (2002), nous assistons actuellement à un renouveau des mouvements féministes, à peut-être même une troisième vague. Ce renouveau ambitionne moins de changer les lois que de changer les faits et les comportements. Cependant, qu’en est-il vraiment ? Comment les féministes peuvent-elles (ou peuvent-ils) gérer cette situation d’invisibilité, de dépréciation, en un mot, de cryptomnésie sociale ?

Mon collègue, le professeur Fabrizio Butera de l’université de Lausanne et moi-même avons réalisé une étude auprès des militantes féministes de plusieurs mouvements afin de répondre à ces questions (un site internet a été créé à cette occasion)

Dans un premier temps, nous allons décrire les sentiments des participantes vis-à-vis de l’impact du féminisme dans la société. Puis, seulement, il sera examiné les conséquences et la gestion de la cryptomnésie sociale. Concernant les sentimentaux des participantes, vis-à-vis de l’impact du féminisme, elles affirment que les féministes ont eu un fort impact. Cependant, elles affirment que cet impact a été plus fort au niveau des droits (droits politiques, au travail, à l’éducation, etc.), qu’au niveau des faits de la vie quotidienne (c’est à dire dans les comportements réels des gens). En conséquence, selon ces participantes, le sexisme à combattre apparaît plus dans les faits et les comportements qu’au niveau des droits. Il devient alors assez logique que les mouvements de nos participantes aient comme objectifs de lutter surtout contre un sexisme de faits : (1) d’aider les victimes du sexisme du quotidien (par exemple, les victimes de violences conjugales ou sexuelles), (2) de lutter contre la discrimination sexiste à tous ses niveaux (politique, publicités, etc.) en défendant des valeurs d’égalité et de respect et (3) de promouvoir, d’informer et de sensibiliser les gens sur la place des femmes dans notre société. Concernant la gestion de la cryptomnésie sociale, ce sujet sera abordé en deux points. Premièrement, la cryptomnésie sociale est bien liée aux féminismes. Comme nous l’avons dit, la cryptomnésie sociale se caractérise par deux dimensions (l’oubli et la dépréciation). Ces deux dimensions (surtout la dépréciation) sont liées à la situation que les mouvements féministes vivent actuellement puisque plus les participantes se définissent comme féministes, plus elles se sentent gênées par l’oubli et plus elles se sentent dépréciées.

Deuxièmement, pour réagir contre cette situation de dépréciation et d’oubli, les participantes ne proposent pas de modérer leurs revendications ou de les extrêmiser (ce dont on les accuse souvent). Elles proposent d’être plus actives en continuant le combat de l’égalité des sexes, mais aussi, en l’intensifiant. La volonté de continuer le combat contre le sexisme s’explique par (1) le sentiment identitaire de se sentir féministe et (2) le fait de se sentir concernée par les problèmes des femmes. Ce résultat n’est pas étonnant. Par contre, la volonté d’intensifier le combat contre le sexisme s’explique quant à elle (1) par le sentiment de se sentir concernée par les problèmes des femmes mais aussi par le sentiment d’être dépréciée. La cryptomnésie sociale (par sa composante de dépréciation) conduit donc les féministes à intensifier leurs actions de lutte contre le sexisme.

Pour conclure ce texte, nous dirons deux choses. Premièrement, si vous avez été intéressé(e) par la lecture de nos travaux, n’hésitez pas de proposer à d’autres personnes féministes de participer à notre recherche sur notre lien toujours actif car notre échantillon manque encore d’ampleur. Cependant, seules les personnes qui ne connaissent pas les résultats mentionnés ici peuvent répondre. Il est évident que les personnes qui connaissent les résultats seraient influencées dans leurs réponses par ces résultats. Nous vous en serons très sincèrement reconnaissants par avance. Deuxièmement, au regard de ces résultats, il est probable que les luttes féministes contre le sexisme doivent passer par une sensibilisation aux problèmes sexistes ou une prise de conscience de la population du sexisme moderne. Cette sensibilisation est nécessaire. En effet, comme une étude récente de Barreto et Ellemers (2005) le montre, les gens n’ont pas conscience des formes actuelles du sexisme. De plus, sans prise de conscience du sexisme, les revendications féministes sont incomprises et taxées d’extrémisme Il y a donc un véritable travail à faire sur la conscience. C’est un travail utile car certains de nos travaux récents montrent que la prise de conscience du lien entre les féministes et l’égalité entre les sexes a deux impacts positifs. Non seulement, elle réduit la dépréciation des féministes, mais elle réduit aussi le sexisme lui-même, rendant ainsi justice aux mouvements féministes et à leurs objectifs de lutte contre le sexisme et de promotion de l’égalité.

Jean-Pierre Vernet Chercheur à L’institut Supérieur des Sciences Sociale et de l’Entreprise. Lisbonne Site : http://membres.lycos.fr/femstudy/

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25 Réponses to “(In)Visibilité de la lutte contre le sexisme.”

  1. jevoudraisvivrelibreetegale Says:

    J’ai vraiment bien aimé ce texte. Cela m’a permis de mettre un sens sur ce « extrêmiste ». Merci.

    D’ailleurs, très souvent de la même façon que je lisais que la révélation de l’homosexualité d’une féministe pouvait devenir un alibi grotesque de non remise en qestion, j’ai remarqué que les agressions sexistes dans le passé d’une féministe deviennnent un alibi aussi « ouais mais c’est normal avec ton passé, tu es extrêmiste » alors que justement cela devrait être une remise en question totale du système : si il est arrivé cela, ce n’est pas un hasard ou le fruit d’un pervers isolé, c’est à mon sens toute une construction patriarcale qui le cautionne et qui d’ailleurs freine la reconstruction des personnes victimes de crimes ou d’agressions machistes.

  2. mauvaiseherbe Says:

    La diabolisation des féministes, qui permet depuis des siècles de museler la parole des victimes les moins domestiquées, fonctionne si efficacement qu’il n’est pas rare d’entendre une femme se défendre d’être féministe lorsqu’elle ose envisager de poser un regard critique sur le système oppressif le mieux admis et généralisé dans le monde, le patriarcat. A t-on déjà entendu quiconque se défendre d’être anti-raciste? Les féministes sont perçues et identifiées par le plus grand nombre comme des femmes aigries (déçues ou traumatisées par un simple fait divers!), mal-baisées (frustrées!) , lesbiennes (normal, elles n’aiment pas les hommes) et j’en passe! Ah si, castratrices aussi… le pire ! castratrices? Mais j’espère bien! Il s’agit bien d’expurger ce principe constitutif du patriarcat, ce fétichisme viriliste, expression de ce phallocentrisme qui en est le principal fondement! Les femmes on ne les castre pas non, et personne n’a jamais dénoncé l’ovariectomie que ce masculinisme suppose! (raisonnons nous aussi par l’absurde )

    Si la fonction symbolique de la castration entraîne la défétichisation du sacro-saint pénis et des couilles, pourvu que les luttes féministes nous mènent au moins à ça!
    Et pour finir, ce terme “castrateur-trice” repris par beaucoup de femmes pour qualifier les féministes, m’inspire à peu près un sentiment analogue à celui que provoquerait la réflexion d’un homme noir répondant à un autre parlant de sa lutte contre le racisme: “je trouve que cette lutte, ses revendications, attentent à la qualité supérieure de l’homme blanc en ce qu’elles remettent en question la respectabilité de la blancheur de sa peau ”

    C’est de même acabit pour moi, tout le monde s’accorderait à considérer cette réflexion de nature profondément raciste, le sexisme est le premier racisme , celui fondateur de tous les autres.

    Bonjour “jevoudraisvivrelibreetegale” ;-)

  3. Mistral Says:

    Rien à ajouter à ton commentaire orties :), bravo.

  4. mauvaiseherbe Says:

    Bonjour Mistral, ravie que tu te sentes toi aussi concerné par ce débat! ;-)

  5. jevoudraisvivrelibreetegale Says:

    alors là j’avais pensé à cela mais ça va me faire réfléchir.

    En revanche pourquoi penses-tu que le sexisme est le premier racisme?

    A part ça bonjour mauvaiseherbe, tu vas bien? ;)
    Bonjour Mistarl aussi :)

  6. mauvaiseherbe Says:

    La discrimination fondée sur le sexe est la première et la dernière de toutes, à l’intérieur de chaque groupe discriminé : social, culturel, ethnique… Les femmes restent les plus défavorisées. Le patriarcat système qui repose sur la puissance du mâle, système discriminatoire pour les femmes qui par sa généralisation prévaut sur tous les autres, induit une logique hiérarchisante dans nos rapports sociaux , une logique de subordination, qui favorise cette valorisation de notions liées à la représentation symbolique de la masculinité : la force, la puissance, le pouvoir… Le corollaire immédiat de cette valorisation est la dévalorisation des représentations antagoniques liées elles, selon la construction sociale des genres, à la féminité: faiblesse, impuissance…

    La lutte contre les logiques discriminatoires suppose une remise en question du concept de pouvoir, concept introduit par le patriarcat.

  7. Anonyme Says:

    En fait je voulais écrire que je n’avais jamais réfléchi à cela mais cela m’insupporte l’omniprésence du désir masculin comme maître absolu.

    Je vois que le patriarcat est planétaire et je pense qu’on ne peut pas éviter la lutte contre les discriminations sans passer par elle mais en quoi le concept du pouvoir a été introduit par le patriarcat? Est-ce que le pouvoir n’existerait pas même si il n’y avait que des hommes ou que des femmes?

    Pour la construction du genre, je te rejoins complètement.

  8. moi Says:

    Euh en fait l’anonyme, c’est moi :)

    Je voulais rajouter par rapport au langage que je n’ai plus envie de dire « femme » ou « homme » mais personne et si besoin personne de sexe féminin ou de sexe masculin.

    Enfin on va me taxer d’horrible extrêmiste qui comprend rien et qui compare ce qui n’est pas comparable (alors je suis lâche, je l’écris sur ton blog ;) mais il y a une fois où j’ai pensé que ce femme qu’on nous collait partout sur les papiers et dans tous les discours était notre étoile jaune à nous.

  9. mauvaiseherbe Says:

    « Dans cette introduction au premier chapitre de son livre Pornography : Men Possessing Women (1981), Andrea Dworkin explore les ressorts du pouvoir masculin. Elle note d’abord que la subjectivité des hommes, le « soi masculin », est construite sur le « droit de posséder » argent et épouses (leur corps et le produit de leur travail). Puis elle liste les mécanismes qui fondent ce pouvoir. Il s’appuie d’abord sur l’usage de la force physique, défini comme droit à être exercée contre les autres, notamment les femmes, à qui ce droit est refusé et qui sont donc maintenues dans la peur. Les hommes détiennent encore le pouvoir de nommer les choses et ainsi de déclarer que les femmes sont faibles. Le pouvoir de possession s’exerce dans le mariage et investit la sexualité sous la forme du viol, au point qu’un lien étroit existe entre le mariage et le viol. L’accès à l’argent, par le biais de la discrimination des femmes sur le marché de l’emploi, induit leur dépendance économique. Enfin, Dworkin souligne que tous les aspects du pouvoir masculin (pouvoir de posséder, nommer, contraindre, acheter) s’expriment dans le domaine de la sexualité. »

    Enfin, « horrible extrémiste » ? La lutte pour l’égalité quel que soit le domaine de discrimination concerné se doit d’être extrémiste, on ne peut être « trop » pour l’égalité! Notre désir de justice n’est jamais exagéré! Et puis les revendications féministes seraient elles exagérées? Les discriminations sexistes sont elles modérées ? Et d’ailleurs je préfère le terme radical à extrémiste : éradiquer le mal à la racine!

    Femme ou personne de sexe féminin… ? Le traitement serait différent selon toi?

  10. jevoudraisvivrelibreetegale Says:

    Merci pour ce texte. Je crois aussi qu’on encourage les femmes à la dépendance affective envers les hommes.
    Cette horrible façon je crois de vouloir nous faire ressentir que notre existence sera cautionnée par la validation d’un homme, comme si nous ne pouvions exister par nous-même, pour nous-même?

    Je préfère aussi le terme radicale. Mais j’ai toujours cette peur qu’on me traite d’extrêmiste même si au fin fond de moi-même, je ne suis pas certaine de l’être mais c’est comme si il fallait toujours que j’atténue mes propos pour ne pas choquer, pour que les gens puissent entrer dans la discussion, comme si au fond il fallait toujours que fasse attention à ne pas agresser les personnes qui font preuve de machsime alors qu’elles m’agressent chaque jour (mais je sais que parfois ce n’est pas volontaire).

    Bref non les revendications féministes ne sont pas exagérées et le terme « extrêmiste » me fait même penser à ce « fou ou folle » que certain-e-s pervers-es collent à leur victime afin de renverser la situation.

    Enfin je ne pense pas que le traitement sera différent dès qu’on dira « personne de sexe féminin » mais je crois au pouvoir des mots et le fait de dire « personne » sans préciser le sexe me donne l’idée de ne pas accorder d’importance à ces différences construites socialement. Enfin ce n’est pas très clair puisqu’il faut parler de l’oppression des hommes envers les femmes mais quand ce n’est pas nécessaire pourquoi préciser le sexe? Et pourquoi définir un être humain en fonction de son sexe?

    Faut que j’y réfléchisse :)

  11. Vlasta Says:

    – Libérons la mariée ! –

    Je me souviens de la manifestation du 20 novembre 1971 en faveur de la liberté de l’avortement et de la contraception, quand nous avons croisé un mariage et que le FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) s’est rué dans l’église Saint-Ambroise aux cris de « Libérez la mariée ». Trente ans plus tard, une grande partie du mouvement homosexuel réclame le mariage. Quelle ironie de l’histoire ! Comment est-on parvenu à faire du mariage la référence égalitariste entre homosexuel(le)s et hétérosexuel(le)s, c’est, je crois, le grand mystère d’une époque arrivée à un tel degré de normalisation planétaire que ce qui était hier une aliénation pour les femmes, est devenu aujourd’hui un statut enviable pour les gays. Je dis les gays, car vous aurez remarqué qu’il est surtout question du « mariage gay », comme si les lesbiennes n’existaient pas et comme si tous les homosexuels étaient d’accord entre eux.

    L’utilisation quasi exclusive de l’expression « mariage gay » par la presse devrait déjà être suspecte. D’un côté on nous parle de démarche égalitaire entre « hétéros » et « homos » et de l’autre on prend les gays comme modèle référentiel des lesbiennes. Avouez que le « mariage gay » nous ramène au mariage d’autrefois où l’homme parlait au nom du couple tandis que la femme se taisait. Évidemment, il s’agit de se marier entre hommes, cette fois-ci, mais dans un contexte symbolique qui est un véritable retour en arrière. Si l’idée de « mariage gay » constitue une indéniable évolution sur le plan juridique, sur le plan symbolique il reconduit une idéologie et une structure patriarcales que les femmes ont subie pendant longtemps jusqu’à parvenir à s’en libérer dans le sillage du Mouvement de Libération des Femmes. C’est là même où la logique juridique à visée égalitaire se heurte à une logique symbolique qui n’a pas changé.

    Le problème auquel sont confrontées les femmes, en tant qu’héritières d’une histoire et personnes vivant dans une société modelée par la conscience patriarcale, est le décalage entre une revendication de mariage qui paraît d’une logique confondante : on veut avoir le choix de se marier ou de pas me marier » disent les partisans du mariage homosexuel, et la symbolique phallique dans laquelle est prise une telle revendication. Le mariage homosexuel est un mariage gay. Pas un mariage lesbien. De plus, il reconduit l’inégalité symbolique entre les sexes. Les femmes comptent toujours pour du beurre. Le débat a lieu sans les femmes et entre hommes politiques. Les même qui, cinq ans plus tôt, se détournaient de la question où votaient en faveur d’un Pacs qu’ils savaient mal fait, injuste et injurieux pour les homosexuels puisque ces derniers devaient attendre trois ans avant de pouvoir bénéficier des droits acquis. Va-t-on continuer cette fuite en avant vers une normalisation générale des statuts qui ne profite qu’aux dominants. L’exemple de la mondialisation devrait nous faire réfléchir avec sa façon d’imposer à tous des standards de développement économique qui renforcent le poids des plus forts.

    En effet, on prend pour norme d’intégration des homosexuels dans la Cité le modèle hétérosexuel. Autant dire le modèle masculin puisque le mariage a été conçu, structuré et imposé par les hommes. Ce n’est que tout récemment qu’il est devenu un cadre supportable pour les femmes, et encore, cette évolution positive n’a pas sauvé pour autant le mariage puisque la moitié des naissances ont lieu hors mariage. Il est évident que ce modèle est caduc. Parce que nous vivons plus longtemps, que la conception du couple et de la famille a changé. Et parce que les femmes ont conquis leur autonomie (relative) et n’ont plus besoin d’être protégées par leur mari. Les lois sont faites pour ça.

    Les hommes n’ont pas connu l’aliénation du mariage et on comprend que le « mariage gay » n’ait pour eux que des avantages. Mais que signifie-t-il ? Mystère ! Quid de la fidélité, du nom, de la protection du plus faible et autres engagements « pour le meilleur et pour le pire » que tout mariage implique. On nous présente une image idyllique de la chose, sorte de paradis enchanté à la Disneyland tellement coupé de la réalité vécue qu’on frémit devant une telle schizophrénie. A moins que le débat sur le « mariage gay » ne fasse écran à l’indigence spirituelle de notre époque.

    Est-il vraiment nécessaire de se marier pour rétablir la justice citoyenne entre les homos et les hétéros.

    Prenons l’exemple de l’héritage. Pourquoi ne pas réformer le régime des successions en permettant à chacun – célibataire, concubin ou marié – de léguer tout ou partie de ses biens à la personne de son choix au tarif consenti aux gens mariés. C’est une réforme fiscale facile à faire, une mesure de justice sociale entre les célibataires et les gens mariés et une vraie réforme de la notion même d’héritage qui s’ouvrirait ainsi aux évolutions conscientes de notre monde en mettant les célibataires et les gens mariés sur un vrai pied d’égalité dans la transmission de leur patrimoine.

    De même pour d’autres domaines (déclaration d’impôts, Sécurité Sociale, adoption, soutien des plus faibles, etc.) qui peuvent très bien se résoudre dans le cadre du Pacs, voire de l’union libre. A condition d’ouvrir à cette dernière de vrais droits. Personnellement, je serais pour l’abandon du Pacs qui est une solution boiteuse et à la symbolique nulle puisque le mot ne signifie rien. Union libre a un sens. De même les mots concubinage, partenariat… La langue française est assez riche pour trouver un mot qui remplisse une fonction symbolisante tout en ouvrant un nouveau statut. C’est de fonction symbolisante dont manquent les homosexuels qui ont été longtemps réduits à la seule sexualité. Mais ce n’est pas en rentrant dans une norme qui n’a pas été conçue pour nous que nous y parviendrons. La norme uniformise. Elle aliène et produit des comportements stéréotypés dommageables pour la diversité humaine. Au lieu de produire de l’égalité, elle produit de l’identique, de la pensée unique. Or il faut cesser de concevoir l’égalité sur le mode de l’identité. Pour que a soit égal à b, il ne doit pas devenir identique à b mais rester différent.

    Quand on voit l’impossibilité dans laquelle nous avons été placés de discuter de ces problèmes publiquement, on se demande si le « mariage gay » ne s’inscrit pas dans une stratégie de prise de pouvoir, plutôt que dans un processus de reconnaissance des singularités amoureuses. Peut-être faut-il admettre que le désir gay est orienté vers son institutionnalisation à la différence du désir lesbien ou plus globalement de celui des femmes rebelles, qui aspire à la transformation de nos sociétés. Il faut dire aussi que n’ayant pas de place dans la Cité, les lesbiennes ne peuvent que désirer autre chose… Pas le mariage, en tout cas, dont les vertus d’autonomisation des femmes restent à démontrer. Quand au Pacs, considéré comme un progrès, son effet a été quasi nul sur la visibilité des lesbiennes et la circulation de la parole des femmes dans la Cité. Il y a quatre ans, je m’interrogeais dans Les Deux Amies pour savoir si « l’institutionnalisation du couple homosexuel revendiquée par le mouvement gay constituait une révolution symbolique ou un remodelage de l’ordre masculin » (Ed. Blanche, 2000, p. 295). A voir comme les hommes politiques se sont emparés du sujet sans consulter les femmes, et à contre-courant de l’évolution globale des comportements face au mariage et au couple, j’ai bien peur de répondre par la deuxième hypothèse. Le « mariage gay » n’est-il pas la conclusion logique de deux siècles d’exclusion des femmes du droit de cité ?

    Marie-Jo Bonnet, Historienne, écrivaine
    auteure de Qu’est-ce qu’une femme désire quand elle désire une femme ?, Odile Jacob

  12. mauvaiseherbe Says:

    J’ai pour ma part toujours considéré le mariage homosexuel comme une véritable évolution sociale dans la reconnaissance des diversités « sexuelles » , toujours pensé qu’il forcerait une transformation des mentalités, sans sous-estimer pourtant la force symbolique originelle de ce dernier, outil juridique d’aliénation pour les femmes , j’ai tendance à penser que c’est en transformant justement la façon de l’investir qu’on en dénaturera la logique hétéronormative androcentrée. Enfin, sans représenter du point de vue féministe une avancée révolutionnaire, je suis persuadée qu’il obligerait une reconnaissance du désir féminin indépendant du désir masculin. Pour finir je dois avouer que je peux aussi l’envisager d’un point de vue plus romantique… :-) Je regrette d’ailleurs qu’il n’en soit jamais question dans ce texte de Marie Jo Bonnet. J’entends bien-sûr le sens politique de son intervention mais plutôt que d’aborder ce droit sous l’angle d’une normalisation dans laquelle serait broyé le droit à la différence, pourquoi ne pas l’envisager comme un droit à avoir, malgré sa différence, accès à un traitement indifférencié? « Pour que a soit égal à b, il ne doit pas devenir identique à b mais rester différent. » Certes, mais y est-il obligé? Et encore une fois, il ne s’agit pas de devenir semblables mais d’avoir accès aux mêmes « outils » juridiques, je suis gênée par l’idée d’un statut juridique bien spécifique selon les « sexualités », ou alors luttons pour l’abrogation du contrat de mariage, refusons le principe même de l’institutionnalisation du couple quel que soit sa sexualité!

    « L’utilisation quasi exclusive de l’expression “mariage gay” par la presse devrait déjà être suspecte. D’un côté on nous parle de démarche égalitaire entre “hétéros” et “homos” et de l’autre on prend les gays comme modèle référentiel des lesbiennes »

    Là tout à fait d’accord, mais on en revient encore une fois à ce débat abordé notamment par Michèle Causse dans cet article « Pourquoi les Gays ne peuvent-ils être les alliés objectifs des lesbiennes ? » (article que je compte mettre ici en ligne ces prochains jours)

  13. Vlasta Says:

    J’attends avec impatience cet article de Michèle Causse puisque c’est bien ici que j’avais besoin d’un surligneur. Si le masculin l’emporte sur le féminin, le Gay l’emporte sur la Lesbienne. D’ailleurs, être Gay n’empêche pas d’être profondément sexiste, ni même un peu! Les femmes luttent pour l’égalité des droits depuis des siècles(oh! millénaires!), droits naturellement conservés par les gays, privilèges politico-economico-phalliques. Sauf… Le mariage qui longtemps (aujourd’hui encore.. Si, si) n’a été qu’un symbole d’opression pour les femmes. Le combat ne peut donc pas se faire avec les mêmes armes puisque… Nous n’avons pas les mêmes valeurs!

  14. wildo Says:

    moi j’attends avec impatience que la gouine moyenne, celle qu’on croise sur GV, meetic etc ou dans les bars du marais s’arrête trois secondes et regarde bien ce qu’elle fait : perso en 30 ans, j’ai vu plus de lesbiennes faire de la copie conforme hétéronormée dans leur vie de couple et la façon d’aborder « l’autre » … Donc, je reste persuadé que beaucoup de Lesbiennes ont exactement les mêmes valeurs que les gays et les hétéros …
    Y a du boulot a faire à tous les étages !

  15. Vlasta Says:

    Gouine moyenne… Petite Gouine… Grande Gouine. Ca me rappelle un discours sur les noirs, les noirs noirs et les noirs un peu blancs.
    Celà dit, les empreintes du conditionnement restent encrés le plus souvent inconsciemment, ne jetons pas la pierre, ouvrons les yeux, les notres, ceux de « l’autre ».

  16. mauvaiseherbe Says:

    Hélas c’est vrai que toutes les lesbiennes ne se sentent pas nécessairement concernées par le féminisme , ce qui est un comble pour moi! Et absolument inadmissible! Si je considère le plus souvent cette déficience comme la conséquence d’une obéissance conditionnée de la part des femmes en général, de la part des lesbiennes cela s’apparente pour moi à de la collaboration! Et une profonde misogynie! On ne peut être lesbienne et ignorante sur ce sujet, les lesbiennes subissent les pires effets du patriarcat, elles sont en première ligne, aucune visibilité, les lesbiennes sont tout bonnement niées. Comme l’écrit Michèle Causse « ne pas aimer les hommes est le crime social par excellence », les lesbiennes sont doublement opprimées et ont par conséquent deux fois moins de raisons d’être pardonnées pour ce qui ne peut être de l’ignorance mais une intolérable compromission!

    Mais bon… pour te répondre Wildo, je te trouve un peu injuste, l’apport théorique des lesbiennes est plutôt conséquent dans la réflexion féministe, il est même fondamental. Et puis pour ma part j’ai croisé proportionnellement bien plus de femmes hétérosexuelles peu ou pas concernées par la lutte féministe que de femmes homosexuelles!

  17. wildo Says:

    On va pas faire un concours à celle qui aurait le plus rencontré de etc Disons que pour ma part, j’ai cotoyé plus de filles (et a une époque je sortais tous les soirs, voir toutes les nuits … bref) dans le milieu lesbien parisien qui militaient pour une visibilité Lesbienne, mais à 95% calqué sur celle des gays (on sort, on claque du fric, on baise, apparition des backroom pour filles, SM comme réference de libéralisation de la libido, bondage et j’en passe) … bien loin des reflexions qu’on peut avoir sur ce blog. Il y avait même un engouement pour le porno lesbien hardcore, qui était ni plus ni moins la copie conforme du SM hétéro … donc, je ne crois pas être injuste, mais réaliste. Je ne cherche pas à dicréditer quoi que ce soit, j’observe.

  18. mauvaiseherbe Says:

    Excuse moi je n’ai pas en effet ta longue et large expérience. Pour ma part je ne connais pas ce que tu nommes comme « le milieu lesbien », mais bien-sûr que ce gayisme (dont le mouvement queer est une des pires illustrations) est aussi un aspect de l’homosexualité féminine, et je le considère comme une véritable infection ! Pourtant je reste convaincue que si cette tendance est la plus exhibée, ele est loin d’être la plus représentative! Encore une fois ça ne concerne qu’une minorité, je vais te surprendre, tu sais que beaucoup de lesbiennes ne passent pas leurs nuits dans les bars et les boites à cul?! beaucoup ont un vie beaucoup plus ordinaire, comme chez les hétéros tu vois… Tout existe!

  19. wildo Says:

    C’est la tendance la plus exhibé et la plus exalté implicitement. Et bien pire que les boites à cul comme tu dis, qui sont devenues aujourd’hui complètement obsolètes, ce sont les sites de « rencontres », véritable viandage et marchandage entre femmes …
    Les profils « romantiques » y sont rares. L’exhibition, l’autopromotion de son propre corps fait légion … marrant jamais entendu une lesbienne me faire une remarque là-dessus …

  20. mauvaiseherbe Says:

    L’hypersexualité est tellement vantée partout, le consumérisme sexuel…qu’il altère sans doute aussi les populations lesbiennes et que beaucoup reproduisent sans aucune conscience politique les mécanismes de leur propre asservissement. Et si je comprends et partage ton indignation, je me garde juste de généraliser.

  21. wildo Says:

    Je suis d’accord, mais j’aime de temps en temps pointer à ces endroits, car ils sont malgré tout révélateurs et que je n’ai pas envie de les négliger dans mes propres réflexions.
    ;-)

  22. mauvaiseherbe Says:

    Nous sommes d’accord, c’est une des nombreuses conséquences de ce que nous dénonçons dans notre lutte féministe. Même ici… on peut vérifier les ravages de l’éducation des filles

  23. mauvaiseherbe Says:

    Juste, je ne peux pas m’en empêcher, en consultant les critères de recherche qui amènent certains visiteurs jusqu’ici, je suis effarée! Je vous laisse juger par vous même… voici la liste des libellés exacts :

    -snuff couteau dans le vagin

    -site lutte contre les féministes

    -photos incestueuse mére fils porno

    -aiguille enfonce dans les seins torture

    -femme à genoux fellation

    Sans commentaire! Sinon que… pourvu que certaines de ces recherches aient ici abouti!

  24. wildo Says:

    Quelle bande de tarés, et si ça se trouve le lendemain tu bosse avec l’un d’entre eux, ou c’est le boulanger du coin ou ton beau-frère …

    Un truc qui m’a scandalisée dernièrement c’est un sujet sur le blog de Pisani sur l’industrie du porno qui serait en retard sur le web 2.0 … eh bien, le porno est complètement assimilé par l’audience de ce blog assez Parisianiste, c’est un business model comme un autre, aucune critique, aucune reflexion sur l’humain, les femmes, à part la mienne …

  25. mauvaiseherbe Says:

    Oui j’ai lu… Ton intervention parce que le reste… c’était insupportable!


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