Promenade avec ma pudeur (3/3)

18/12/2007

mercredi 4 septembre 2002

par Anne Dao sur http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=199

III.

Que faire ?

Comment sauver sa pudeur ?

Certaines se promènent visage et corps voilés (au sens figuré ou propre), d’autres se complaisent dans l’obscénité qui les enferme, comme pour la dépasser mais elles savent au fond que rien n’y fait, qu’à force de jouer avec sa pudeur une femme toujours en est victime- les femmes n’ont pas vraiment le droit de jouer- et pourtant c’est bien de ce statut permanent de victime dont elles ont honte, et dont elles voudraient se débarrasser. Il est honteux d’être une victime, il est honteux d’être une femme. Il ne semble pas y avoir d’autre solution que d’aller au bout de ce qu’implique ce statut qui transpire du corps féminin, alors elles se font une apparence presque aussi machiste, presque aussi misogyne que celle des hommes. Elles se renient et trouvent la force pervertie de se moquer d’elles-mêmes et de leurs soeurs devenues ennemies.

L’audace féministe

D’autres encore s’en vont hors des sentiers battus, transformant la promenade en quête. Pourquoi en est-il ainsi ? se demande une jeune fille agressée dans sa pudeur. La réponse est longue à trouver, un voyage n’y suffit pas. Il faut s’engager dans la quête d’une réponse et pour cela il faut trouver l’audace d’aller là où tout le monde crache. Ici commence le cheminement féministe, dans la volonté de savoir pourquoi les choses sont telles quelles entre les hommes et les femmes. Etre une femme féministe consiste fondamentalement dans le fait de savoir être audacieuse afin de revendiquer sa pudeur, car l’un des buts est le droit à l’intimité, et le respect de ce droit.

Où se trouve la pudeur des femmes ? Où se trouve ma pudeur de femme ? Toujours là, elle est fragilisée, presque annihilée. Comment la reconstituer sûrement ? La scission sujet-objet est opérante en moi, je ne peux le nier, aussi grands puissent être mes efforts. La question peut alors devenir : comment se construire quand on est sans cesse rendue destructible ? Continuer de se construire nécessite de s’inscrire dans une logique de résilience, c’est-à-dire de capacité à affirmer positivement son identité malgré les agressions ou traumatismes. Ici être résiliente équivaudrait à valoriser positivement sa « féminité »,son appartenance au sexe féminin, son existence avec un sexe et un corps de femme. Le passage du général au particulier subjectif semble nécessaire.

Je suis obligée de dire « je » si je veux retrouver ma pudeur. Il me semble trop souvent que le regard masculin ne voie qu ?un morceau de moi, morceau d’humain, de femme, de chair, or je veux être considérée pleinement comme sujet. Dire « je » c’est me reconstituer ; je ne suis plus morceau de femme, je suis femme avec son vécu, entière et lucide. Et c’est ici qu’apparaît une impudeur particulière : l’impudeur propre au discours féministe lorsqu’il est tenu par des femmes. En tant que femme, mon expérience du monde est différente de l’expérience masculine qui se dit universelle parce qu’elle serait neutre ; dire mon expérience c’est me poser face à l’expérience et au discours masculins et donc, s’opposer à eux, autrement dit, dans ce contexte, s’en distinguer, et se distinguer de quelque chose revient à mettre en question l’évidence première de cette chose.

Dire mon expérience du monde est essentiellement choquant, difficilement compréhensible et acceptable pour les autres qui pensent au masculin « neutre ». Quand je féminise la langue en ajoutant les « e » manquants, je gêne. Quand je dis que la sexualité est androcentrée, et que je le prouve en rendant visible l’obsession de la pénétration, je choque. Quand je parle de la sexualité, je donne à voir ma perception de la sexualité, donc une part de mon intimité : et comme celle-ci est féminine dans sa réalité et sa quotidienneté, elle semble obscène.

Il est frappant de constater que la mise en question et la dénonciation de la situation globale des femmes par rapport aux hommes se trouve constamment en butte à des remarques quant à la sexualité, à la vie intime des femmes qui mettent en oeuvre ce questionnement. Après la parution du Deuxième sexe, François Mauriac écrivait à Jean Cau « désormais nous savons tout du vagin de votre patronne ». On ne peut qu’être interloqué-e par le caractère absolument violent et réducteur de cette phrase après avoir lu l’oeuvre magistrale dans laquelle Beauvoir parvient à « décrire le fond commun sur lequel s’enlève toute existence féminine singulière ».

Mauriac sous-entendait que le fait d’avoir mis en lumière l’expérience féminine valait à Beauvoir dêtre traitée de prostituée, de par l’aspect public de cette mise en lumière. En effet lire Le deuxième sexe est choquant, il y a (encore) là une obscénité particulière, celle de parler de la féminité telle qu’elle est réellement vécue, loin des fantasmes de toutes sortes et du mensonge traditionnel, loin du flou artificiel de la pudibonderie, au sein de la condition des femmes dans ce qu’elle a de plus tragiquement réel : c’est la mise à jour de cette tragédie quotidienne, dans tous ses détails, qui est considérée comme obscène. Dans l’énonciation, c’est le détail qui fait l’obscénité, on l’a vu plus haut (3).

A l’impudeur particulière de la pensée féministe les machistes répondent par une obscénité qui voudrait couvrir la première mais celle-ci l’excède, fondamentale, permanente, omniprésente, indéniable bien que sans cesse refoulée. On réplique par l’insulte obscène (« hystériques », « mal-baisées » , etc.) à celles qui dévoilent le réel des femmes.

Etre une femme féministe, c’est s’exposer en voulant explicitement assumer sa présence au monde, en revendiquant son accès au monde et le contrôle de cet accès et de cette présence par soi-même. Une contradiction semble émerger : il s’agit de demander le respect à la pudeur, tout en étant d’emblée impudique. Si je demande que ma sexualité féminine soit considérée, cela implique que j’expose mon intimité, que je soie impudique. Etre féministe semble alors être indissociable du fait d’être impudique, créant la gêne, l’embarras voire la colère.

Il s’agit de se montrer, de montrer, et de rendre visible ce qui jamais n’est perçu autrement que sur le mode de la plaisanterie suggestive et elliptique, plaisanterie dont la fonction est de maintenir le flou de la féminité (« l’éternel féminin »), et d’affirmer le pouvoir évident de la masculinité. Le discours féministe tenu par une femme frise sans cesse une sorte d’obscénité aux yeux de ceux et celles qui sont gênés par lui. Une femme féministe est impudique, à la différence d’un homme féministe. Elle révèle l’injustice qu’elle-même vit au jour le jour, intimement, tandis que lui s’engage positivement contre cette injustice.

Cette sorte d’impudeur renvoie à une autre sorte d’impudeur, celle qui est propre au « féminin » que nous avons vue plus haut. L’aversion envers les femmes féministes révèlent la misogynie fondamentale, constitutive de la société en ce que cette dernière s’est structurée par la domination masculine : la revendication féministe choque quand elle est exprimée par une femme, elle étonne quand c’est un homme.

Pour les hommes, et dans une moindre mesure (problématique) pour les femmes, le féminin donc est obscène en soi, en ce qu’il est autre oscillant entre opacité et obscénité. Ce qui est autre risque d’être choquant, et par là, frise l’obscène, or dans notre cadre cognitif androcentré et misogyne il n’y a rien de plus autre que le féminin (24). Le discours féministe est obscène (sens 1) parce qu’il met en lumière l’autre qui devrait rester opaque et obscène (sens 2). Si je rends aux mots la réalité féminine qu’ils (re)couvrent, je mets en lumière l’obscénisation du féminin : mon chien est une chienne (en anglais : my dog is a bitch) ; la salope donne à voir quelque chose de bien plus obscène que le salaud, et une femme pourrait être directeur.

Une des différences premières est la différence des sexes, si radicale qu’elle est à la fois murmurée et exacerbée. Murmurée parce que rares sont les philosophes qui osent s’avancer explicitement à interroger, examiner, questionner avec exigence le donné sexué du monde et de l’être humain. Exacerbée parce que les sociétés ont tenté de construire deux mondes comme il y a deux sexes, l’un dominant l’autre, dans une logique de fixation des corps à leur sexe. En fin de compte cette obscénité féministe n’en est pas vraiment une, ce qui ressemblait à de l’obscénité dans le féminisme est audace : l’audace féminine et féministe est perçue comme obscène, car son « obscénité » est politique : le féminisme est on ne peut plus subversif. Je rends honneur à Constance Pipelet (dont le nom sera transformé en un désobligeant adjectif visant logiquement les femmes) qui exhortait, qui continue d’exhorter les femmes, avec son « osons ! » que j’entends plein d ?appréhension, de joie et surtout d’espoir. Un plaisir certain, bien que mélangé, est éprouvé à être audacieuse.

De l’étude, des arts, la carrière est ouverte ;

Osons y pénétrer.

Oser apprendre, oser connaître, oser créer selon Pipelet(26). L’exhortation sera reprise par les féministes du dix-neuvième siècle, et je continue de la faire mienne. Les deux passages qui suivent sont deux ouvertures à la réflexion, déjà existante ou à venir.

L’art

Oser dire, faire, croire. Oser montrer ma réalité de femme.

L’art fait par des femmes(25) est souvent impudique : les oeuvres de nombreuses artistes suggèrent leur expérience féminine du monde. L’art est en effet un moyen particulièrement bien choisi afin d’exprimer son expérience propre et de donner à penser. La phrase de Elke Krystufek s’inscrit à juste titre dans notre réflexion : « Why does everybody think that women are debasing themselves when we expose the conditions of our own debasement ? ». Certaines artistes comme Valie Export, Carolee Schneeman, Hannah Wilke donnent à penser sur le fait de vivre avec un corps féminin. A propos de cette dernière je songe à « S.O.S. Starification Objet Series »(1974-1982), série d’autoportraits dans lesquels son corps est couvert de « stigmates de chewing-gum imitant des vagins, montrant que, comme la nudité, le corps exposé aux regards concupiscents est entièrement sexualisé, mais aussi est corps qui peut être blessé et scarifié », et à la série « So Help Me Hannah »(1978) où sa nudité et l’arme qu’elle tient sont confrontées dans notre imaginaire.
D’autres artistes dépeignent leur vécu particulier : Frida Kahlo, particulièrement émouvante dans « Henri Ford Hospital o La cama volando » en 1932 et « La columna rota » en 1944, entre autres tableaux. D’autres encore vont très loin dans l’engagement artistique en montrant l’implication des modèles esthétiques féminins en tant qu’ils sont glorifiés par les artistes masculins : Orlan a fait filmer les interventions chirurgicales qui devaient faire d’elle la synthèse vivante de ces modèles, une « caricature de la tradition esthétique idéale » dans une démarche où en Galatée elle réalise sur elle-même ce que Pygmalion voulait faire. L’aspect sacrificiel conscient de soi de nombreuses artistes (Orlan, Gina Pane) est évident : elles font de leur corps le lieu de leurs expériences, lieu de travail, pour éveiller les spectateurs et spectatrices. L’audace de certaines artistes frise souvent la mise en péril de soi.

Avec l’art est rendue manifeste la revendication au droit à la pudeur et au droit à une impudeur tenant de cette obscénité que l’on trouve dans la dénonciation du machisme : l’engagement artistique, en ce qu’il relève du choix volontaire, semble permettre une réappropriation (donc le contrôle par soi) de son corps et de la manière dont il est perçu par la société. L’art fait par les femmes est souvent très subversif, et peu reconnu par le monde de l’art établi, presque intégralement masculin. « Do women have to be naked to get into the Metropolitan Museum ? » la question des Guerilla Girls(26) reste pertinente. Au sein même d’un niveau que l’on aurait pu considérer comme lieu où toute audace est légitime, les instances de reconnaissance des artistes refusent encore le déploiement de la subversion féminine.

L’audace consiste entre autres à éclairer les tenants de la réalité que l’on nous propose. La pornographie est devenue la réalité normative de la sexualité, le refuser revient à prendre le risque d’être traité-e de moralisatrice ». Pourtant, autre chose est possible ; autre et mieux que la réduction pornographique, réduction de la sexualité à une ensemble de « pratiques » régies par la contrainte violente sur les femmes et l’obsession de la domination masculine.

L’érotisme contre la pornographie ?

La pornographie comme média parfait de l’idéologie machiste, pousse la pudeur des femmes à la ruine, et cet ébranlement rend impossible ce qui est proprement érotique.

L’érotisme nécessite la pudeur, et le droit à la pudeur, des femmes comme des hommes, parce que dans la pornographie, la femme se perd dans son objectivation et l’homme se perd dans l’hypervirilité. La pornographie n’est pas révélatrice d’une quelconque libération sexuelle, bien au contraire, elle est enfermement, lieu où l’excitation sexuelle fonctionne en un cercle fermé liant et figeant les hommes qui utilisent comme moyens de cette excitation les objets-femmes.

Le désir sexuel naît du mystère, lui-même procédant de l’altérité : plus précisément le désir authentique accepte et recherche le mystère qui traverse et entoure l’autre. Le respect de l’intimité est indispensable pour que puisse s’épanouir la sexualité. Nous nous sommes surtout intéressées ici aux relations à soi dans le domaine public, auquel s’oppose l’espace privé. Le privé est politique, en ce que notre individualité et nos rapports interpersonnels sont sous-tendus par des tendances sociales de pouvoir, puisque personne ne peut prétendre échapper complètement à sa situation sexuelle, sociale et culturelle. La domination masculine est là, entre un homme et une femme, plus ou moins brutalement ou subrepticement.

Cependant, ce qui caractérise mes rapports avec les autres dans l’espace privé consiste en la possibilité d’une intimité qui fait percevoir les choses autrement : dans la relation amoureuse, désirante, qui lie une femme et un homme(29), nous pourrons trouver de l’impudeur dans l’érotisme et de la pudeur dans la pornographie qu’ils perçoivent, cette perception révélant la plasticité du champ sémantique de la pudeur et de l’obscénité, car une dynamique est à l’oeuvre qui rend fuyants ces termes à l’approche d’une définition et qui se déplacent avec la tentative d’une compréhension.

Nous nous trouvons dans une situation dialectique, où la pudeur renvoie à l’impudeur et à l’obscène dans un mouvement permanent de re-précision et de distanciation. Un problème se pose alors quant à la légitimité d’une classification érotisme-lieu de respect de la pudeur / pornographie-lieu de l’obscène parce que cette distinction trouverait rapidement des limites, dues à la plasticité des termes. Or, le privé est politique : au sein même d’une intimité partagée, les regards ne peuvent échapper à l’imaginaire pornographique qui détruit les femmes. Pourrions-nous alors envisager une pornographie qui ne nous objectiverait pas ? C’est le problème fondamental de l’aptitude du langage à exprimer une réalité qui émerge ici : on a vu avec les insultes que la langue est machiste(30).

Face à la difficulté de toute entreprise révolutionnaire la réappropriation de certains termes et de la réalité qu’ils signifiaient offre une possibilité ; ainsi, une certaine pornographie se réclame du féminisme. Dans quelle mesure la pornographie et le féminisme sont-ils compatibles, sachant que les deux termes sont multiformes ? Nous rejoindrions la théorie queer en posant la circularité du pouvoir comme caractéristique essentielle d’une pornographie féministe. Mais cette appropriation, ce geste positivant, doit se faire en gardant à lesprit que la majorité des productions pornographiques sont inacceptables au vu des conséquences qu’elles génèrent.

* * *

Revendiquer l’accès au monde c’est donc revendiquer le respect de ma pudeur par les autres, par tous les hommes, qui se situent en même temps que moi dans le monde : la pudeur a donc bien une dimension éthique, même si elle ne s’y réduit pas, même si elle l’excède.

La pudeur recoupe l’éthique ; à celle-ci j’attache l’authenticité vivante, le contraire d’une morne austérité. L’attentat à la pudeur se fait par l’abolition de la parole, donc pour réintégrer ma pudeur je retrouve la parole et la rend publique même si cette publicité-ci me rend en quelques sorte impudique aux yeux de tous et toutes.

Etre une femme féministe c’est partir à la recherche du respect de sa pudeur et de sa dignité d’être humain ; sa liberté. Cela nécessite le dépassement de ce qui est considéré comme impudique, obscène, dépassement de l’opinion morale (propre aux moeurs), publique, par mon opinion qui ne se fait que par ma réflexion, c’est-à-dire le retour de ma pensée, de ma subjectivité, sur elle-même. Telle est la difficulté presque insurmontable du féminisme : les deux niveaux des lois et des moeurs sont difficilement saisissables en ce que d’une part les lois ne peuvent être assurées si les moeurs ne les soutiennent pas, et d’autre part, les moeurs sont parcourues et imprégnées d’un rapport conflictuel au féminin, rapport tendant au refus pourtant infaisable.

Le féminisme est-il contre-nature, contre la nature du corps social qui serait antiféminine et antiféministe ? On retrouve ici le glissement entre nature et culture propre à la question de la différence des sexes : on ne pourrait rien faire contre la misogynie, comme si elle était intrinsèque à la société. Or la société n’est pas naturellement mais structurellement misogyne, et elle l’est parce qu’il y a domination masculine.

Etre féministe consiste alors en un cheminement vertigineux parce qu’extrêmement solitaire, d’une solitude résultant de l’atomisation caractéristique de la condition féminine, atomisation qui se retrouve dans le mouvement féministe et qui affaiblit la portée de ses impulsions. Cette réalité pose avec une acuité singulière une question fondamentale, celle de l’héritage et de sa transmission, dans cette dimension même où la filiation est sans cesse érodée par les forces de la société. Ce cheminement, je le mène alors dans la structure de la société, dans ses lieux les plus opaques et les plus repliés sur eux-mêmes.

Ce cheminement est aussi quête, dont l’objet est sans cesse empêché par la force des moeurs et les manques des lois, pourtant il résiste, il demeure, fragile et sublime : ce but est le bonheur entre les sexes. Toujours présent à mon esprit et dans mon coeur, il a la puissance de l’idéal, mais aussi l’irréalité de l’utopie, alors ma lucidité face au monde effectif me pousse à vouloir au moins une chose, qui est la conscience de mon mouvement continu vers la liberté, mouvement qui me porte à la fois à assumer et à surplomber le monde. Il est de mon devoir, en tant qu’être humain c’est-à-dire digne et bel, d’être féministe. C’est l’espoir qui me pousse à avancer, à poursuivre cette marche irrégulière ; me projetant dans l’avenir, il me fait actualiser ma liberté, et par là, il éclaire enfin tout ce qui a déjà été fait par les femmes libres qui m’ont précédée.

L’espoir est-il « ce qui nous rend indestructibles », comme l’écrit Ernest Bloch dans L’esprit de l’utopie ? Située dans le monde, j’existe fragilisée, destructible mais forte. Et, oui, je tiens l’espoir en moi, peu importe sous quelle modalité : cela reste d’autant plus mystérieux que c’est bien l’espoir lui-même qui est, à proprement parler, indestructible, lieu d’échos entre les actions actuelles, passées, et à venir.

Anne Dao, 2002

Notes

24) Le « verrouillage mental » créé par le machisme et la misogynie dans la cognition empêche la pensée, philosophique en l’occurrence, de progresser avec cohérence, cf. Le Sexe du savoir de Michèle Le Doeuff.

25) Pour découvrir ces artistes majeures : Women Artists -Femmes artistes du 20ème et 21ème siècle chez Taschen, traduit en français, dont je cite ici quelques extraits entre guillemets ; Art and Feminism chez Phaidon.

26) Muse, op. cit. p.84.

27) Depuis 1985, les Guerilla Girls révèlent avec ironie l’exclusion des femmes opérée par le monde de l’art reconnu officiellement et dénoncent les mécanismes du marché de l’art, lors de nombreuses manifestations artistiques (affiches, notamment « The Advantages of Being a Woman Artist », objets détournés) cf. Women Artists, pp.180-185.

28) Et entre personnes du même sexe bien sûr.

29) cf. Le sexe des mots de Marina Yaguello

Merci à Mathieu Arbogast, Frédéric Brahami et Florence Montreynaud pour leur lecture et leurs encouragements.

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