Le plaisir de tuer : Un livre d’un psychanalyste qui justifie le viol

01/02/2008

par Brigitte Brami

Lu sur http://lezzone.over-blog.com/

Les Editions du Seuil ont publié en février 2007 un livre de Michel Dubec, au titre racoleur : Le Plaisir de tuer.

Le docteur Michel Dubec est psychanalyste, mais c’est surtout un expert psychiatre national auprès des tribunaux.

Or donc, dans ses écrits (retranscrits par la journaliste Chantal de Rudder), il justifie les violences faites aux femmes, et même les viols, au nom de la sacro-sainte nature de la sexualité masculine.

Michel Dubec reconnaît une espèce de solidarité de sexe, qui va jusqu’à une véritable complicité masculiniste, avec le violeur et tueur en série, Guy Georges, qu’il a expertisé :

« Sans que je lui en parle, le tueur de l’Est parisien a peut-être deviné le trouble que j’ai ressenti en regardant les photos de ses victimes. Je les trouvais très attirantes. (…) Une communauté de désir nous rapprochait Guy Georges et moi. (…) parce qu’il existait entre nous un partage des mêmes “objets érotiques“, j’ai pu faire un bout de chemin avec le tueur en série le plus célèbre de l’Hexagone (…) Je ne partageais pas la pulsion homicide de Guy Georges, heureusement. Mais je pouvais ressentir ce qui provoquait sa pulsion érotique. Entre nous, je l’avoue, ce goût commun entrebâilla une porte, jusque-là verrouillée à double tour, sur un possible échange. » (pages 211-212).

Or, cette attirance sexuelle, que Michel Dubec revendique, de façon indécente dans une pareille situation, aurait dû provoquer chez un individu « normal » – a fortiori chez un psychanalyste et expert psychiatre – non pas un rapprochement solidaire avec le tortionnaire en question, mais au contraire, davantage de révolte envers ce dernier et un surcroît d’empathie à l’égard de ses victimes sauvagement violentées.

Pourtant, si l’expert dénonce sans ambiguïté les meurtres de Guy Georges nés de ses pulsions homicides, il s’identifie à ce violeur avec une notoire excitation sexuelle :

« Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. » (page 213).

Comme le fait rêver la description de la vie sexuelle du tueur en série que l’expert relate avec une admiration non dissimulée :

« Sa vie sexuelle est trépidante, son tempérament étonnant, il est capable de baiser cinq fois par jour ! » (page 218),

ce qui est inadmissible déontologiquement, – sans relever ici la délicatesse des termes utilisés par ce grand spécialiste payé par les contribuables – car il a une véritable responsabilité, et ce qu’il dit et qu’il écrit est rendu publiquement avec son statut d’expert psychiatre national auprès des Tribunaux.

Nous ne pouvons laisser passer ces propos aussi clairs : « Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. » (page 213).

Pour les justifier, Michel Dubec nous ressort l’antienne selon laquelle :

« Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. L’acte de pénétrer est en lui-même agressif. Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. » (page 213).

Ce refrain maintes fois entendu n’a pour finalité que de faire perdurer des relations inégalitaires entre les hommes et les femmes, y compris à l’intérieur de leurs relations sexuelles. C’est une approche archaïque, une vision primaire et profondément machiste, avec toujours la même sempiternelle distribution des rôles sexuels figés une fois pour toutes. Mais ce dont il s’agit également ici, c’est un véritable appel au « viol compris ».

En émaillant son compte-rendu de détails sordides, Dubec parle de viols manifestes, mais ces derniers restent aux yeux de l’expert des expériences sexuelles légitimes puisqu’elles ont réussi à satisfaire Guy Georges ! Expériences selon lui abouties puisque seul compte le point de vue masculin, en l’occurrence celui du tueur en série :

« Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du vagin. Guy Georges donne le sentiment que l’acte sexuel était consommé avec complétude. » (page 213). Qu’importe la victime, et malgré les violences endurées, il est ici question de « faire l’amour quasi normalement » (sic) ! Le viol est donc revendiqué en tant qu’expérience sexuelle comme une autre. Du moment que le mâle a bien éjaculé à l’intérieur du vagin, où est le problème ? Et que demande donc encore la femme, elle a même eu droit à un préservatif !

Qui sont nos experts psychiatres nationaux ?

Ce à quoi nous répondons : mais qui sont nos experts psychiatres nationaux ? Peut-on continuer à en laisser certains véhiculer aussi impunément, et sous le label scientifique, toute cette horreur idéologique violemment et dangereusement misogyne ?

Que deux choses soient bien claires, d’une part, il ne s’agit ici aucunement de contraindre en aucune façon la liberté d’expression. En effet, l’expert dont il est question est un homme de pouvoir, il est reconnu et très souvent nommé dans de grandes affaires de justice, mais il est aussi sollicité dans des commissions pour donner son avis au plus haut niveau gouvernemental. Ce n’est pas un individu comme un autre, non, il porte une très grosse responsabilité, et ses rapports d’expertises ainsi que ses propositions ont des conséquences concrètes. On imagine avec une certaine appréhension ce que de tels propos peuvent tacitement autoriser comme comportements délétères, et l’on craint leur influence, car ils ne vont pas dans le sens du respect des droits fondamentaux des personnes.

D’autre part, bon nombre de psys se situent d’emblée sur plusieurs niveaux de lecture et d’interprétation, c’est une position stratégique, donc consciente, adoptée afin de contrer d’éventuelles critiques. Ces psys en viennent très rapidement à brandir l’arme rhétorique habituelle : la défense du fantasme et de sa liberté absolue. Or, une fois pour toutes : les féministes ne veulent empêcher personne de fantasmer. Le fantasme n’a rien à voir avec les lignes écrites par Dubec. Il s’agit hélas de véritables viols et Dubec a dû véritablement être en proie à une excitation sexuelle qui l’a submergé – ce qu’il reconnaît volontiers – en écoutant leur récit détaillé fait par Guy Georges. Preuve en est : pourquoi Dubec accepte t-il le fantasme de viol et pas celui d’assassinat ? La réponse, l’expert la donne lui-même, c’est bien sûr parce qu’il ne s’agit pas seulement de fantasme mais aussi d’acceptation du viol lui-même car :

« Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré, mais évite de les soumettre à des conditions trop crapuleuses ou de les terrifier, au point qu’elles ne devinent pas qu’elles vont mourir. Deux d’entre elles ont demandé à Guy Georges d’enfiler un préservatif et il a accédé à leur requête, comme si de rien n’était ! » (page 213).

Et l’expert de rajouter :

« Après, quand il tue, tout bascule. On le rejette, incapable de saisir, ressentir, appréhender pourquoi il le fait (…) Et l’on en veut à Guy Georges du bout de chemin qu’on a été capable de faire avec lui(…) » (page 213).

Le bout du chemin que Dubec a fait avec Guy Georges, c’est l’identification massive au violeur et l’excitation sexuelle sadique liée au récit du viol. Le tabou pour l’expert psychiatre, ce n’est donc pas le viol ; le tabou, c’est le meurtre. Avec ces quelques lignes, notre savant fixe les limites de l’acceptable et de l’inacceptable. Le viol étant à ses yeux de l’ordre de l’admissible ; il le fait même rêver.

Michel Dubec a ainsi fait preuve d’une absence totale du respect élémentaire dû aux familles des victimes.

Nous sommes en droit de nous interroger sur les débordements identificatoires d’un psychanalyste qui, selon ses propres écrits, a travaillé sur son inconscient des années durant au cours d’une analyse personnelle. En effet, quand un expert, dont la neutralité est indispensable professionnellement, en arrive à une telle explosion de ses propres sens et qu’il découvre qu’il perd ainsi tout recul et toute distance, il me semble que la seule attitude digne qu’il puisse avoir est de se désister. Ce que n’a pas fait Michel Dubec qui a préféré ouvertement prendre le parti des violences et des viols faits aux femmes. Violences et viols qui l’ont fait bander.

Quelques actions possibles

Lettre aux Éditions du Seuil

Date
Prénom + NOM
Adresse complète

Monsieur le Directeur Général des Editions du Seuil
27, rue Jacob
75006 PARIS

Monsieur le Directeur,

Vous avez publié au début du mois de février 2007 un livre signé Michel Dubec, aidé par la journaliste Chantal de Rudder, sous le titre de LE PLAISIR DE TUER.

L’auteur en question l’a écrit en sa qualité d’expert psychiatre national auprès des tribunaux.

Or, plusieurs lignes écrites sont particulièrement irrespectueuses des droits fondamentaux de la personne, dans la mesure où elles justifient les viols.

Il semble que la propre fascination de Michel Dubec pour Guy Georges – dont le récit des agressions sexuelles de ce dernier à l’encontre des femmes a excité sexuellement l’expert qui le reconnaît lui-même – l’ait ensuite conduit à écrire des propos très dangereux, et que vous avez cautionnés en les publiant.

Quel que soit le contexte de ces lignes, il est injustifiable d’affirmer que :

« On peut être avec lui (Guy Georges) jusqu’au viol compris » parce que « Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré ». Car, « Jusque là, on peut le comprendre, et même il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. »

Il est étonnant et navrant que les éditions du Seuil aient cédé à la tentation d’éditer ces pages, écoeurantes et indignes.

C’est pourquoi, nous sommes nombreux, hommes et femmes, à nous mobiliser contre les dérives inadmissibles de l’auteur de ces lignes qui s’est laissé aller à une confusion des genres entre fantasmes personnels et déclarations publiques, sous couvert de la respectabilité de sa fonction d’expert psychiatre national auprès des tribunaux. Dérives dont votre maison d’édition a été complice en en faisant écho, et qui a donc engagé sa responsabilité.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations distinguées.

Signature :

Lettre à Madame la Garde des sceaux

Date
Prénom + NOM
Adresse complète

Madame la Garde des sceaux
Rachida DATI
Ministère de la Justice
13 place Vendôme
75042 PARIS Cedex 01

Madame la Ministre,

Michel Dubec, expert psychiatre national auprès des tribunaux, – et qui exerce encore aujourd’hui dans son cabinet libéral au 6 rue de Lesdiguières, 75004 PARIS – a commis un livre en février dernier : Le Plaisir de tuer, publié aux Editions du Seuil, dans lequel il tient des propos inadmissibles concernant le viol.

Il le rend légitime très clairement page 213, notamment, alors qu’il décrit l’expertise du violeur et tueur en série : Guy Georges.

Même tirés de leur contexte, et habilement noyées dans d’autres phrases, il est décemment impossible de justifier des phrases telles que celles-ci : « Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. » et : « Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) », enfin : « Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. »

Ces quelques lignes dévoilent que le Docteur Dubec, submergé par ses propres sens, n’est plus dans la capacité de conduire des expertises, ni d’en rédiger les conclusions, avec les qualités professionnelles nécessaires, c’est-à-dire la mesure, la neutralité et l’objectivité.

Soulignons combien le Docteur Michel Dubec fait preuve de manque de tact, de réserve et de respect à l’égard des familles des victimes, d’autant plus qu’il a écrit ce livre en sa qualité d’expert psychiatre national auprès des tribunaux.

C’est pourquoi, des femmes et des hommes sont en ce moment en train de se mobiliser afin que cet expert ne soit plus en mesure de donner son avis dans des dossiers qui traitent de viols et d’agressions sexuelles à l’encontre des femmes.

J’espère que nous serons entendu-es, et dans l’attente d’une réponse, je vous prie, Madame la Ministre, de croire en l’expression de ma haute considération.

Pièces jointes : 1) Page 213 (copie) du Plaisir de Tuer, de Michel Dubec, publié aux Editions du Seuil (février 2007) 2) Couverture de ce livre.

Signature :

À venir : coordonnées d’une pétition en ligne

Mis en ligne sur Sisyphe, le 28 janvier 2008

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10 Réponses to “Le plaisir de tuer : Un livre d’un psychanalyste qui justifie le viol”

  1. wildo Says:

    Sidérant ! Même James Ellroy dans ses romans les plus noirs et les plus crus n’a pas réussi à « inventer » un personnage pareil, je parle du psy … Notre quotidien dépasse la fiction.
    Je parle d’Ellroy pour rebondir sur la fantasmagorie des tueurs en série qui sont à 99% aussi des violeurs, des mutilateurs, des cannibales. Le succès et la mise en place (box office)de ces films devrait aussi nous interroger …
    J’ai l’air de sauter du coq à l’âne, mais c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit en lisant cet article.
    Merci MHerbe ;-)

  2. semaphore Says:

    Cet expert psychiatre est un grand malade!
    Je pense aussi à tous ceux qui n’exposent pas leur point de vue ainsi mais qui sont habités par la même perversion de l’esprit.
    C’est très grave! Il doit être démis de ses fonctions dans les plus brefs délais!

  3. Soleil-levant Says:

    Je suis consternée, outrée et révoltée par le fait que ce monsieur exerce en tant qu’expert-psychiatre alors qu’il devrait être immédiatement radié pour défendre de tels propos!!!! Il devrait être interné et soigné car c’est un danger public! Comment ses pairs font-ils pour ne pas réagir et sa hiérarchie pour ne pas le virer?!?!!! Je suis écoeurée et dégoûtée de cette bassesse dans l’Homme!!!!

  4. Romane Says:

    Je suis effarée par la lecture de ce billet. Je sais même pas quoi dire tant l’abject le dispute à l’horreur des propos du psy qui confond analyse et ressenti.
    Merci de nous tenir au courant des suites données à cette affaire.

  5. Emelire Says:

    j’ai en main ces textes aussi et j’en parlerai sur mon blog. ça me répugne tellement ! c’est terrible de lire ça.

  6. semaphore Says:

    Pétition en ligne :
    Signez en envoyant un e-mail à l’adresse ci-dessous avec vos nom et prénom, ville, département et/ou pays de résidence, et facultativement : vos qualités et/ou profession, et si vous êtes membre d’une association, d’une O.N.G. d’un parti, etc.

    Merci d’avance
    contrelepsyquijustifieleviol@voila.fr

    Les premier(es) signataires : Docteur Emmanuelle PIET, Médecin et Présidente du Collectif Féministe Contre le Viol ; Florence Montreynaud, Ecrivaine ; Bernard Lempert, Philosophe et Psychanalyste ; Monique Dental, Fondatrice du Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures » ; Michelle Cattania, Présidente de l’Assemblée des Femmes de l’Ile et Vilaine ; Docteure Michèle Dayras, Médecin Chef en Radiologie, et Présidente de SOS Sexisme ; Hélène Hernandez, Co-animatrice de Femmes libres sur Radio libertaire ; Bernice Dubois, Représentante du Conseil Européen des Fédérations Wiso, association membre de la C.L.E.F. (Coordination Française pour le Lobby Européens ; Monique Dental, Fondatrice du Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes Ruptures ; Docteur Monique Lachkar, psychiatre et psychothérapeute ; Monique Lemoine, Professeure ; et des dizaines d’autres personnes…

  7. citoyen Says:

    LU DANS FRANCE SOIR DU 19 MAI 2008 (COUVERTURE + PAGE 11)
    Procès Fourniret – Condamné pour injures raciales, le psychiatre témoigne
    Isabelle Horlans et Sandrine Briclot, le lundi 19 mai 2008 à 04:00

    Le Dr Dubec traverse une zone de turbulences. Condamné pour avoir injurié « l’abject juif » Maurice Joffo, il est l’objet d’une pétition pour « légitimation du viol ».

    Voir tous les articles sur le procès Fourniret
    Sale temps pour le très réputé Michel Dubec, psychiatre et psychanalyste, expert national auprès des tribunaux, qui à ce titre dépose aujourd’hui devant la cour d’assises des Ardennes. Gageons que, des entretiens avec Fourniret et Olivier, il fera un livre dans le droit fil de son document paru au Seuil en 2007. Le Plaisir de tuer, rédigé avec Chantal de Rudder, a fait l’objet d’une condamnation par la 17e chambre correctionnelle de Paris. Recueil d’expertises, l’ouvrage rapporte notamment l’entretien mené dans un parloir en 1985 avec le prisonnier Maurice Joffo. Extraits : « Le juge et moi ne parlerons jamais de ce que nous inspire le receleur juif […] Caricature de juif, un rêve d’antisémite. Joffo, c’est le juif Süss (NDLR : personnage de propagande nazie, dont les Allemands firent un film). » Décrit comme « âpre au gain, sans scrupule, abject », il est comparé à Harpagon. « Jean-Louis Debré supporte mal l’image immonde du juif que Joffo renvoie », lit-on page 56 – il est peu probable que le président du Conseil constitutionnel, qui instruisit l’affaire Joffo, apprécie la pensée qu’on lui prête.

    « Guy Georges nous fait presque rêver »
    Le tribunal a condamné M. Dubec pour « injures et injures à caractère racial » à payer 3.000 euros au plaignant. Il a ordonné la suppression de trois passages incriminés, dont : « Il attentait à notre honneur de juif français, comme si son existence pouvait, a posteriori, légitimer le camp des antidreyfusards ». « Nous avons décidé de ne pas interjeter appel, indique son avocat, surpris que Michel Dubec soit en outre la cible d’une pétition. Nous n’en avons pas entendu parler. » Il suffit pourtant de surfer sur Internet pour en constater la réalité : elle a recueilli 1.350 signatures de médecins, écrivains, professeurs. Les pétitionnaires s’insurgent cette fois contre l’analyse des faits imputés au violeur et tueur en série Guy Georges. Pages 211, 212, 213, l’auteur écrit : « Le tueur de l’Est parisien a peut-être deviné le trouble que j’ai ressenti en regardant les photos de ses victimes […] Une communauté de désir nous rapprochait, Guy Georges et moi […] Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas […] Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré […] Jusque-là, on peut le comprendre et, même, il nous fait presque rêver. »

    ——————————————————————————–

    Joffo : « Il m’a sali ! »

    « Injurié » par l’expert psychiatre dans son ouvrage, Maurice Joffo a obtenu gain de cause. Rencontre.

    L’œil pâle et vif, la stature haute et le cheveu argenté, « Monsieur Joffo », comme l’appellent respectueusement ses employés, ne décolère pas. A 79 ans, il a connu « la période hideuse » : les menaces de la guerre, la déportation de son père, sa mère, libérée à temps du camp de Drancy et les pérégrinations à haut risque sur la ligne de démarcation avec son jeune frère Joseph. Celles qui leur ont inspiré l’écriture d’un roman fameux, Un sac de billes, dont le réalisateur Jacques Doillon a tiré un film éponyme en 1975.

    « Recel-fiction »
    Descendant d’une lignée de coiffeurs, Maurice Joffo n’a pas failli à son destin et dirige toujours l’enseigne familiale. Nous l’avons rencontré dans l’un de ses salons, rue Saint-Lazare, à deux pas de la gare parisienne. Bien calé dans l’un des fauteuils de coiffeur rouge pompier qui font l’élégance désuète des lieux, « Monsieur Joffo » s’insurge contre « ce type-là », « ce psychiatre qui s’est permis de (le) mélanger à des assassins et des violeurs », Michel Dubec. « Dans son livre, il me salit », s’exclame-t-il. Et de se souvenir « vaguement » de sa rencontre avec l’expert. A l’époque, en 1985, le coiffeur renommé était incarcéré, sous le coup d’une inculpation pour « recel de vol aggravé ».

    « Choses infectes »
    Un dossier bâti, selon lui, « sur des intrigues de recel-fiction », instruit par le juge Jean-Louis Debré, avant qu’il n’embrasse une carrière politique. Désigné par le magistrat, Michel Dubec se rend alors à la prison de la Santé pour expertiser le receleur présumé qui sera par la suite condamné à cinq ans ferme. « Il m’a demandé si j’étais juif. Bien sûr, j’ai répondu, même si, au fond, je suis un peu agnostique. Il m’a parlé de ma mère qui, comme sa grand-mère, s’appelait Hannah », se rappelle Maurice Joffo. Aujourd’hui, il ne comprend toujours pas pourquoi le psychiatre « mélange son propre passé » au sien. Ni, surtout, pourquoi il a choisi de publier « ces choses infectes » sur lui-même. Et si Maurice Joffo se félicite d’avoir emporté sa bataille judiciaire contre l’expert auprès des tribunaux, il n’entend pas en rester là : « Je vais saisir le Conseil de l’ordre des médecins car celui-là n’a pas à salir quelqu’un qui travaille, qui dirige honnêtement des salons de coiffure et a une activité commerciale. »

  8. Luva Says:

    Battons-nous contre cette visio essentialiste écoeurante des rapports entre hommes et femmes. Continuons l’action sur
    http://lepsyquijustifieleviol.over-blog.com/
    Luva

  9. COLOMBES VOYAGEUSE Says:

    <>

    SUITE DE L’affaire je me permets de revenir vers vous,
    Notre pervers national a donc fini par faire appel de la décision de la Chambre disciplinaire de l’Ordre départementale des médecins. En vérité, il l’a fait CONTRE MOI et pour gagner du temps, se faire encore et toujours passer pour une victime, lui qui connaît depuis 25 ans les décisionnaires en matière judiciaire et tous les journalistes qui font la pluie et le beau temps dans leur presse…
    Il s’agit pour nous de faire montre de derniers gros efforts car je risque trois ans fermes pour …quelques cartes postales faits pour lesquels j’ai déjà été emprisonnée…6 mois !
    Notre seul grande force, c’est d’inonder le plus de sites possibles de mon histoire, y compris avec pièces attachées pour preuves.
    Il m’arrive une très grosse injustice. Pourriez-vous en faire part et poster LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE ce qui m’arrive;
    En vous remerciant d’avance.
    Voici un site (qui n’est pas le mien) où vous trouverez des éléments de l’affaire :
    http://lesboseparatiste.canalblog.com/archives/2009/11/30/15988539.html
    Bien cordialement,
    Brigitte Brami

  10. Anonyme Says:

    Remarquablement écrit comme tout ce blog que je découvre.
    Presque « dommage » d’avoir une entrée féministe car ce qui est écrit là a valeur plus générale, ceci écrit peut-être parce que je suis un homme.
    Un médecin a plus qu’un autre un devoir d’humanité et c’est ceci que ce monsieur semble avoir ici oublié car les blessures causées étaient quand même bien prévisibles
    Il y a aussi une intention très commerciale au sens de l’édition à aller à ce point dans la provocation et à créer ce qu’on appellerait du buzz. Commerce et médecine… problème éthique tout aussi évident et qui semble ne s’être jamais posé ni avoir été abordé ainsi. Pourtant.
    Mais peut-être la trop grande fréquentation de monstres humains, approchés de trop près et trop longtemps a-t-elle biaisé des repères moraux que ce monsieur semble pourtant eu au début


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