50 propositions abolitionnistes pour 2007

04/06/2008

Mouvement du nid: Nos convictions

sur http://www.mouvementdunid.org/50-propositions-abolitionnistes

Élections présidentielles, législatives et municipales

50 propositions abolitionnistes pour 2007

Humanistes, féministes, éthiques, solidaires : le Mouvement du Nid porte ses propositions auprès de la classe politique française et fait appel à tous pour créer un programme abolitionniste, ambitieux et moderne.

La prostitution est une question qui doit interpeller candidat-e-s et citoyen-ne-s.

Face aux dimensions, sans precédent, que prennent aujourd’hui la prostitution et la traite, il est urgent de former un front du refus contre le système prostitutionnel dans son ensemble. La traite ou la prostitution enfantine n’en constituent en effet que les inévitables « dégâts collatéraux ».

Le projet d’une société sans prostitution est inséparable de tous les combats menés contre les violences, l’exclusion, le sexisme, le racisme, la marchandisation des êtres humains. C’est un enjeu essentiel pour progresser vers le respect des droits humains, l’égalité entre les femmes et les hommes, la parité, la justice sociale, l’éducation, le développement.

Le temps est venu d’un engagement clair, d’un véritable projet politique face au lobbying de l’industrie du sexe qui tend à faire de la prostitution un « métier comme un autre » et des proxénètes des chefs d’entreprise ordinaires. Voulons-nous vraiment d’une France, d’une Europe purement marchande qui assoit ses profits sur l’exploitation sexuelle des populations les plus vulnérables, notamment des femmes et des adolescent-e-s ?

Un projet politique

Quotidiennement, le Mouvement du Nid accompagne des personnes désireuses de quitter la prostitution, travaille à former des acteurs sociaux et à développer des actions de prévention. C’est en s’appuyant sur l’expérience de ses nombreuses délégations, en écoutant les personnes prostituées et les partenaires du monde associatif et social, que nous avons pu rassembler ce cahier de doléances.

Vous pouvez lire une synthèse de ce premier travail : 2007, le système prostitutionnel en France : notre bilan. Ce bilan, issu d’une connaissance précise du terrain, ouvre sur une série de propositions concrètes. Fort de ses 70 ans d’expérience, le Mouvement du Nid peut naturellement être un partenaire opérationnel pour la mise en place de toutes les actions de formation, d’éducation, de création d’outils et de toutes campagnes de sensibilisation au plan national et international.

Voici, orienté autour de quatre axes principaux, un premier plan d’actions. Tout au long de la période électorale – aux présidentielles succèderont, en juin, les législatives, puis les municipales en mars 2008 – nous travaillerons avec nos partenaires associatifs et du secteur social à le développer et à l’améliorer.

Mais c’est à chacun d’entre nous, en tant que citoyen, d’interroger ses représentants politiques afin de faire du système prostitutionnel un sujet incontournable des programmes. Contactez le Mouvement du Nid (expressionlibre@mouvementdunid.org) pour vous associer à l’élaboration de son projet en donnant vos idées et en participant à sa diffusion auprès de vos représentants élus.

N.B
Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France Ce symbole vous indique une passerelle vers 2007, le système prostitutionnel en France : notre bilan, au paragraphe qui explique les motivations de la proposition que vous êtes en train de lire.

Sommaire

* 1 Accompagnement des personnes prostituées et solutions alternatives [1]
o Un renforcement des outils d’insertion et de l’accès aux droits
o Des mesures spéciales pour les victimes de la traite
o Une prise en compte de la situation des mineur-e-s

* 2 Responsabilisation des « clients » ou prostitueurs
* 3 Répression réelle du proxénétisme
o Au plan international

* 4 Prévention, éducation, information
o Au plan global
o En direction des acteurs sociaux
o En direction des jeunes
o En direction des médias
o À l’international
o Au plan national

Accompagnement des personnes prostituées et solutions alternatives

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France

1 * Appliquer les textes et mettre en œuvre, sur tout le territoire, une politique publique dirigée par une cellule interministérielle à même d’harmoniser le travail des différents pôles : Intérieur, Justice, Affaires étrangères, Emploi, Solidarité, Action sociale, Santé, Droits des femmes, Tourisme, Coopération, etc.

2 * Abroger l’article 225-10 du Code pénal sur le racolage.

3 * Créer un Observatoire permanent d’évaluation et d’analyse, rassemblant les données des associations et des pouvoirs publics, afin de recenser l’ensemble des formes de prostitution.

4 * Rétablir une vraie ligne budgétaire consacrée à la prostitution.

5* Obtenir pour les associations d’aide aux personnes prostituées et de prévention de la prostitution l’augmentation et la pérennisation des crédits afin d’asseoir leur travail sur la durée.

Un renforcement des outils d’insertion et de l’accès aux droits

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France
6 * Multiplier les lieux d’accueil et antennes mobiles dans les grandes métropoles régionales afin de casser l’isolement des personnes prostituées.
Renforcer les structures d’écoute et de transition destinées à celles qui souhaitent quitter la prostitution, et pas seulement aux victimes étrangères de la traite.
Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France Ouvrir des lieux spécifiques pour les transgenres, victimes de toutes les discriminations.

7 * Créer un lieu par département, qui centralise les réponses aux différents besoins – justice, formation, emploi, logement, aide psychologique, problèmes familiaux, fiscaux, etc.
Ce lieu assurera la présence de personnes repères sur la durée, afin de restaurer autonomie, confiance en soi et élaboration de projets, de gérer les crises et de réparer les dommages et traumatismes dus à l’activité prostitutionnelle.

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France
8 * Faciliter la coordination des acteurs. Créer ou réactiver, dans chaque département, des commissions de lutte contre la prostitution rassemblant l’ensemble des partenaires concerné-e-s. Celles-ci peuvent être intégrées dans les commissions départementales de lutte contre les violences faites aux femmes qui doivent être consolidées. La prostitution doit y être traitée concrètement au même titre que les violences conjugales.

9 * Mettre en place de véritables moyens d’insertion, assortis d’un engagement des personnes concernées en échange d’un accompagnement sur une période donnée.
Assurer des structures relais proposant des bilans et des sessions d’orientation professionnelle, des formules souples de petits appartements relais, les associations pouvant garantir les prêts.

10* Faciliter les procédures d’obtention du RMI pour les personnes qui justifient d’un projet d’insertion.

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France

11 * Dégager, contre un engagement à respecter un projet, des aides financières d’urgence qui permettent, pour un temps donné, de lever les obstacles matériels qui nuisent à l’insertion sociale.

12 * Affirmer le refus de la prostitution en cessant d’imposer les personnes prostituées, de les ficher à l’Insee ou de les soumettre aux Urssaf.

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France

13 * Créer un Numéro Vert pour les personnes prostituées. Un dispositif à intégrer parmi les SOS violences, SOS viols, etc.
14 * Garantir un revenu minimum pour les moins de 25 ans.

Des mesures spéciales pour les victimes de la traite

15 * Les reconnaître comme victimes, indépendamment d’une dénonciation.
Renforcer les mesures de protection et les moyens d’insertion. Créer des lieux d’accueil d’urgence : écoute, protection, suivi médical, soutien psychologique et mesures d’insertion.
Garantir des places en accueil sécurisé pour au moins trois mois.

16 * Accorder des permis de séjour et de travail aux personnes qui entament une démarche d’insertion et s’engagent à quitter la prostitution. Cette précaution, liée à un projet de la personne, est conçue pour éviter l’instrumentalisation des associations par les réseaux criminels.

17 * Mettre en place un programme d’aide au retour volontaire en partenariat avec l’OIM afin de garantir des conditions de sécurité suffisantes.

Une prise en compte de la situation des mineur-e-s

18* Faire bénéficier les mineur-e-s étranger-e-s des mesures de protection de l’enfance en danger.

19 * Créer des foyers d’hébergement adaptés pour les jeunes en errance, en rupture familiale, sociale, scolaire ; de petites structures permettant un lien éducatif, une protection et une reconstruction sur la durée.

Responsabilisation des « clients » ou prostitueurs

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France

20 * Poser l’acte du prostitueur, ainsi dénommé dans tous les textes officiels, comme un acte de transgression, une violence.

21 * En finir avec la définition traditionnelle de la prostitution, réduite à la personne prostituée, pour mettre en exergue sa dimension de système de mise à disposition de corps prostitués par les proxénètes pour le bénéfice des prostitueurs.

22 * Lancer un débat national sur la question de la pénalisation des prostitueurs. Un débat est en cours au sein du Mouvement du Nid. Pour les uns, la prévention et l’éducation doivent suffire à transformer les comportements.
Pour les autres, rien ne sera possible sans une norme claire, un principe éthique sur le modèle suédois : « On n’achète pas le corps d’autrui, fût-ce avec son consentement » assorti d’une forme de pénalisation à préciser.

23 * Réaliser une campagne nationale de prévention.

24 * Créeer des lieux d’écoute, des consultations animées par des psychologues et sexologues pour les hommes concernés.

25 * Sensibiliser les forces armées françaises et notamment les forces d’intervention à l’étranger sur la prostitution et la traite.
S’inspirer des initiatives menées en Norvège et en Suède, pays qui disposent de tels programmes.

26 * Appliquer la loi qui pénalise les prostitueurs – prostitution des mineur-e-s ou des personnes vulnérables.
Renforcer l’application des lois d’extraterritorialité pour les faits commis à l’étranger dans le cadre du « tourisme sexuel » pour lutter contre l’impunité.

27 * Poursuivre la mise en œuvre effective du programme d’action contre l’exploitation sexuelle des enfants dans le tourisme de 2004, avec ses quatre axes : prévention, répression, mobilisation des professionnels et coopération internationale.

Répression réelle du proxénétisme

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France

28 * Affirmer une volonté réelle, déjà inscrite dans les textes, de réprimer le proxénétisme et la traite des êtres humains. Renforcer les sanctions financières et travailler sur les liens avec les réseaux de blanchiment d’argent.

29 * En finir avec le laxisme qui entoure les établissements de prostitution, qui se développent en toute impunité etsont des attractions touristiques.

30 * Définir une politique de lutte contre le proxénétisme sur Internet, devenu un vecteur majeur de recrutement de personnes à prostituer.

Au plan international

31 * Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France Être à l’initiative d’un parquet européen afin d’améliorer la coopération judiciaire et policière des États dans la lutte contre la traite des êtres humains.

32 * Développer les accords de coopération et les partenariats associatifs avec les pays d’origine de la traite. Mettre en place des officiers de liaison dans le cadre de l’Ocrteh (Office central de répression de la traite des êtres humains).

Prévention, éducation, information

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France

Au plan global

33 * Privilégier l’égalité hommes/femmes au plan économique, social et culturel. Appliquer réellement la parité en politique.

34 * Mener des campagnes et des actions contre les violences sexuelles, les maltraitances familiales et conjugales, la discrimination à l’égard des personnes homosexuelles et des transgenres.

En direction des acteurs sociaux

Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France

35 * Intégrer l’approche de la prostitution dans la formation des personnels qui ont pour charge d’appliquer la législation : police et justice notamment.

36 * Même chose pour les intervenants en éducation à la sexualité, assistant-e-s et éducateurs spécialisé-e-s, membres des structures d’accueil de l’enfance, personnels au contact des jeunes, infirmièr-e-s scolaires et d’université, missions locales, organisations syndicales, politiques, etc.

En direction des jeunes

37 * Adopter des mesures en faveur du logement et de la formation des jeunes en situation de précarité croissante.

38 * Placer au centre des politiques éducatives, dès le plus jeune âge, la lutte contre le sexisme, les violences sexistes et sexuelles,les rôles stéréotypés imposés aux filles et aux garçons et le culte de la consommation.
Accorder une place centrale à l’éducation à la vie sexuelle et affective et au respect entre les sexes.
Introduire dans le temps scolaire le développement des compétences psycho-sociales et de l’affirmation de soi.

39 * Lire:2007, le systeme prostitutionnel en France Améliorer le repérage et l’accompagnement des violences sexuelles : écoutes téléphoniques, groupes de parole, accueil d’urgence.

40 * Systématiser les lieux ressources : Espaces santé jeunes, Maisons des adolescents et des parents… où les jeunes puissent trouver écoute et dialogue sur les questions touchant à la sexualité et à la relation amoureuse.

41 * Renforcer les dispositifs d’aide à la parentalité (« École des Parents »).

42 * Constituer des outils de prévention de la prostitution avec l’Éducation nationale dans le cadre d’un agrément.

En direction des médias

43 * Engager les médias à introduire dans leur cahier des charges la non-promotion de la prostitution et à adopter une éthique dans le traitement des informations concernant les personnes prostituées.

44 * Lutter contre le sexisme dans la publicité en exigeant le respect d’une charte claire sur l’image des femmes et des hommes.

45 * Encadrer l’utilisation de la pornographie, forme d’incitation au sexisme et à la violence.

À l’international

46 * Soutenir et développer les campagnes de prévention et de sensibilisation dans les pays d’origine de la traite.

47 * Agir pour le développement, revaloriser l’aide publique pour les projets économiques (micro-crédits), sociaux, éducatifs, portés par la société civile des pays d’origine de la traite. Porter attention aux besoins spécifiques des femmes.

48 * Faire de la France un leader de l’abolitionnisme en Europe : au Parlement européen, au Conseil de l’Europe, et dans le monde : ONU, Unicef, BIT. Se prononcer clairement face à l’offensive réglementariste (Pays-Bas, Allemagne…), refuser toute assimilation de la prostitution à un métier.

Au plan national

49 * Nommer une personnalité qualifiée sur la problématique de la prostitution au Conseil économique et social.

50 * Faire de la lutte contre la prostitution une cause nationale.

[1] Pour un aperçu des difficultés qui émaillent le « parcours du combattant » des personnes désireuses de quitter la prostitution, lire le témoignage d’Anaïs : comment j’ai arrêté la prostitution.

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19 Réponses to “50 propositions abolitionnistes pour 2007”

  1. wildo Says:

    Par précaution j’avais sortie mon pare balle en kevlar et mis mon casque … mais tout semble calme aux alentours …8)

  2. Kaos Says:

     » Sensibiliser les forces armées françaises et notamment les forces d’intervention à l’étranger sur la prostitution et la traite.  »
    Je vous avouerais que ce truc me fait exactement cet effet là : o_O.
    Kézako?

    Sinon, y’a pleins de propositions qui ne concernent pas les prostituées uniquement. Les antennes d’écoute, le RMI, les centres d’accueil, tout ça, c’est bien, mais c’est pour tous les marginaux. Enfin, c’est toujours bien de le rappeler.

    Pour les trucs éducatifs, y’a pas mal de trucs bien évidemment, ça ferait pas de mal d’apprendre la réalité du sexisme quand on est jeune.
    Par contre,  » Renforcer les dispositifs d’aide à la parentalité (”École des Parents”). » Ca, ça me fait assez peur, y’a des détails?

    Bon la lutte contre la traite, évidemment nécessaire, pas grand-chose à dire.

    Le truc sur les médias me laisse sur ma faim. la « non-promotion de la prostitution », ça veut dire quoi concrètement? Comme la non-promotion du tabagisme? interdire les attitudes pétasse? (ça ferait du bien, mais c’est pas très… crédible)
    Et je note qu’ils parlent d' »encadrer » la pornographie. Qu’est-ce que ça signifie? Parce que le logo 18+, c’est déjà fait. Je vois mal ce que ça peut recouvrir.

    Sinon, quid d’élargir l’idée qu’on n’achète pas un être humain en interdisant le salariat? C’est une question, pas une provocation.

    Voilà, mes premières impressions. Si on pouvait rester à froid, ça serait pas plus mal.
    A+

  3. celeste Says:

    globalement le projet me semble bien.
    je trouve très intéressant qu’il insiste sur le problème de la traite.
    je ne sais pas ce qu’il en est en France, mais à Bologne,une des capitales italiennes de la prostitution, toutes les prostituées sont étrangères et victimes de la traite.
    avant elles étaient principalement originaires d’Afrique, maintenant elles viennent des pays de l’ex bloc soviétique.
    elles vivent dans des conditions monstrueuses.
    elles sont parquées dans des apartements dans d’autres villes et chaque jour prennent le train pour venir se prostituer à Bologne.

    j’ai souvent pris le train avec elles, tôt le matin, quand elles rentrent.
    dans le train elles quittent leurs « déguisements », se démaquillent et on voit alors à quel point elles sont jeunes.

    c’est terrible, tout le monde sait qu’elles n’ont aucune liberté, qu’elles sont traitées comme des esclaves.

    les autorités auraient certainement la possibilité d’agir en amont, au niveau des souteneurs, mais il faudrait affronter la mafia.

    une autre mesure que propose ce texte est de réfléchir à une sanction des clients.
    si à Bologne, grosse ville bourgeoise, riche, catholique, bien pensante et traditionnellement de gauche il y a autant de prostituées, c’est que les affaires sont rentables. Bologne est aussi célèbre pour ses foires, quand les plus importantes ont lieu le nombre de prostituées double.
    les clients ont une énorme part de responsabilité dans ce trafic.
    je serais favorable à une pénalisation.

    “On n’achète pas le corps d’autrui, fût-ce avec son consentement”
    oui (Kaos) le salariat.
    mais si on adopte cette optique la prostitution en serait la pire forme,l’inacceptable car elle porte la violence.

    ceci dit je serais plutôt pour l’abolition du salariat aussi, mais faut pas rêver.

  4. mauvaiseherbe Says:

    « Les antennes d’écoute, le RMI, les centres d’accueil, tout ça, c’est bien, mais c’est pour tous les marginaux. Enfin, c’est toujours bien de le rappeler »

    Les centres d’accueil spécifiques pour ces femmes sont quasi inexistants, et puis encore faut-il s’entendre sur ce que suppose ici « centre d’accueil »
    Ceux existants sont dans leur majorité loin de proposer des structures d’accueil adaptées aux populations concernées. Les lieux d’écoute notamment pour les populations marginalisées sont rares.
    Et puis pour ce qui concerne les procédures d’obtention du RMI, elles sont de plus en plus pointilleuses.

    «  » Renforcer les dispositifs d’aide à la parentalité (”École des Parents”). » Ca, ça me fait assez peur, y’a des détails? »

    Oui comme ça je suis d’accord avec toi, je ne comprends pas très bien ce que ça veut dire, ça mérite en effet d’être détaillé.

    « la « non-promotion de la prostitution », ça veut dire quoi concrètement? »

    Les pubs qui font la promotion de tel ou tel service de prostitution en ligne sont légion sur des chaines privées comme TF1 ou M6 (d’ailleurs c’est relativement récent). Les annonces du genre tape tel numéro sur ton portable et j’enlève ma culotte etc se multiplient, si ce n’est pas une promotion de la pornographie?

    « Et je note qu’ils parlent d' »encadrer » la pornographie. Qu’est-ce que ça signifie? Parce que le logo 18+, c’est déjà fait »

    Sur internet particulièrement il sert à quoi ton logo?
    On peut dire ce qu’on veut, mais la représentation de la sexualité dans la pornographie n’est pas si diversifiée, les femmes y sont la plupart du temps traitées comme des objets sexuels, des prostituées, encadrer ça peut être aussi une incitation à sortir de ces schémas prescriptifs de la sexualité. Mais pour ma part je suis pour l’abolition de l’industrie de la pornographie et encore une fois contre toute forme de commercialisation de la sexualité. Le porno amateur pourquoi pas à condition qu’il soit encadré pour empêcher tout trafic commercial. Donc l’encadrement de la pornographie en l’état pour moi ça ne veut pas dire grand chose. Les actrices porno (et acteurs) sont utilisés comme des prostitué(e)s.

    « Sinon, quid d’élargir l’idée qu’on n’achète pas un être humain en interdisant le salariat? »

    C’est un autre débat, je refuse de comparer la prostitution à toute autre activité salariale.

    Et pour l’essentiel je suis d’accord avec Celeste: « les clients ont une énorme part de responsabilité dans ce trafic.
    je serais favorable à une pénalisation »

  5. macdougal Says:

    la non promotion de la prostitution dans les médias: les people,genre Luchini et ses comparses, qui viennent à la TV se vanter d’aller voir des prostituées.
    kroos : « attitude pétasse  » cela est encore montrer du doigt la femme. C’est un vocabulaire discriminatoire.
    Faire le parallèle prostitution/ salariat revient à banaliser la prostition.

  6. macdougal Says:

    Je me demande comment on pourrait dire « attitude pétasse » en parlant d’un homme qui va voir les prostitués, ainsi ce ne serait plus un haut fait d’arme dont ils pourraient se vanter.

  7. mauvaiseherbe Says:

    « attitude de viandard » ?! pour reprendre Florence Montreynaud. ;-)

  8. macdougal Says:

    oui, c’est terriblement parlant.

  9. Kaos Says:

    ” Sensibiliser les forces armées françaises et notamment les forces d’intervention à l’étranger sur la prostitution et la traite. ”
    Je serai pas là ce soir, mais ce truc me curieuse assez gravement.

  10. mauvaiseherbe Says:

    « ” Sensibiliser les forces armées françaises et notamment les forces d’intervention à l’étranger sur la prostitution et la traite. ”

    Je sais pas trop non plus ce que ça veut dire peut -être est-ce à relier avec ça :

    « Un manque de volonté politique au plan international

    Au plan international, les poursuites judiciaires se heurtent aux lois et aux frontières nationales et compromettent le démantèlement des réseaux. »

  11. Fleur Says:

    Hum, Wildo, Mauvaiseherbe, votre casque pourrait bien servir ailleurs, si j’en crois les réactions de qq-uns(unes) qui ont ricané quand je leur ai fait un résumé des propositions… le ricanement, l’arme des cons et des impuissants? En tout cas, je me permets de copier-coller pour faire passer… on verra bien.

  12. Romane Says:

    « Un manque de volonté politique au plan international »

    Oui, assurément, et d’une certaine manière ils sont même complices. Pire, parfois consommateurs (cf parlement européen à Strasbourg).

    Je copie/colle un article que j’ai lu il y a deux jours sur Courrier International concernant la loi mise en place contre les clients.

    SUÈDE • « La loi criminalisant les acheteurs de services sexuels fonctionne bien »

    En 1999, la Suède a voté une loi, unique au monde, qui pénalise les clients des prostituées. Cette loi, à laquelle s’intéressent plusieurs pays européens, facilite la lutte contre la traite des femmes. Entretien avec Ewa Carlenfors, inspectrice spécialisée de la police de Stockholm.

    DR

    Neuf ans après le vote de la loi criminalisant les clients de services sexuels, que peut-on dire de l’impact de ce texte sur l’incidence de la traite des femmes en Suède ?
    EWA CARLENFORS Il est clair que les gangs – il s’agit de gangs criminels organisés opérant souvent de l’étranger – sont devenus plus prudents depuis qu’ils se sont rendu compte que cette loi existait et que la police suédoise faisait un travail offensif en matière de lutte contre la traite de femmes. Evidemment, les gangs continuent à travailler ici aussi, mais, par rapport à la situation chez nos voisins, notamment au Danemark et en Norvège, il y a moins de femmes transportées vers la Suède.

    Une critique formulée parfois en Suède – et à l´étranger – est que cette loi a surtout eu pour effet de pousser vers la clandestinité. Est-ce le cas ?
    Non. Six mois après l’entrée en vigueur de la loi, nous avons pu constater que les gangs n’emmenaient plus les femmes dans les rues de Stockholm, mais qu’ils les transféraient dans d’autres pays. C’est vrai que l’accès généralisé à Internet, autour de l’an 2000, a servi comme un nouveau moyen de marketing pour ces gangs. Mais cela aurait été le cas de toute façon, et ce n’est pas une conséquence de la loi. Le marketing des femmes via Internet nous sert d’ailleurs aussi à repérer les victimes : c’est un outil de travail. Par contre, on ne trouve pas d’annonces pour des filles de moins de 18 ans sur Internet. Les trafiquants savent que, dans ces cas-là, les filles sont considérées comme des enfants et qu’il s’agit automatiquement d’un crime de traite des êtres humains. La publicité pour les filles de moins de 18 ans se fait par d’autres voies, le bouche-à-oreille notamment. La prostitution de rue existe cependant toujours à Stockholm, même si elle est moins répandue ici que dans d’autres pays d’Europe.

    Comment cela se fait-il que ces gangs continuent à opérer en Suède, malgré les risques d’être arrêtés ?
    Les prix pour les services sexuels sont plus élevés en Suède que dans d’autres pays européens. Un rapport sexuel qui coûte 50 euros aux Pays-Bas, par exemple, peut coûter de 150 à 200 euros en Suède – cela vaut donc la peine de prendre des risques. Et il est difficile pour la police d’arriver à mettre la main sur ces gangs puisqu’ils transportent les femmes d’un pays à un autre, de Suède en Espagne, d’Espagne en Norvège…

    Les femmes ont-elles droit à une carte de séjour pour rester en Suède après avoir témoigné ?
    Elles ont droit à une carte de séjour valable, malheureusement, juste le temps que dure le procès. La plupart des femmes veulent rentrer chez elles, mais elles tiennent à ce qu’on ne dévoile pas ce qu’elles ont subi, par exemple à la police locale dans leur pays.

    La loi est actuellement en cours d’évaluation. Selon vous, que faudrait-il modifier pour en faire un meilleur outil de lutte contre le trafic des êtres humains ?
    A mon avis, cette loi fonctionne bien. La plupart des acheteurs avouent leurs crimes, ce qui nous sert à prouver l’incidence du trafic des femmes. En revanche, jusqu’à présent, il n’y a pas encore eu de peines de prison prononcées, seulement des peines d’amendes [la loi prévoit six mois de prison au maximum pour un acheteur de services sexuels et de deux à dix ans pour un trafiquant d’êtres humains à des fins sexuelles]. Pourtant, une grande partie des acheteurs de services sexuels sont des criminels récidivistes notoires. Je pense que des peines de prison d’un mois, par exemple, auraient un effet dissuasif. Il serait gênant d’expliquer à son employeur ou à sa femme la raison pour laquelle on est obligé d’aller passer un mois en prison… En Suède, en général, je pense qu’on est allé plus loin qu’ailleurs dans la réflexion sur la question sous-jacente : « Qui a le droit d’acheter un autre être humain ? »

    Propos recueillis par Kristina Rönnqvist

  13. mauvaiseherbe Says:

    « le ricanement, l’arme des cons et des impuissants?  »

    En effet… c’est en tout cas rarement l’expression
    de l’émergence d’un examen de conscience! A ceux là, c’est Dworkin qu’il faut leur résumer ;-)

  14. wildo Says:

    « Clients » : nouveau regard, nouvelles politiques
    dossier du nid

    extraits
    http://www.mouvementdunid.org/Clients-nouveau-regard-nouvelles

    Les révélations de l’histoire
    À partir de 1990, d’anciennes « femmes de réconfort », notamment coréennes, raflées et séquestrées dans les bordels de l’armée japonaise dans les années 1930 et 1940, manifestent pour exiger des dédommagements et des excuses du gouvernement japonais. Malgré un long déni des autorités, les révélations sur l’esclavage sexuel des femmes en temps de guerre font l’effet d’une bombe.

    – La responsabilité des hommes de l’ONU
    Dès 2000, aussitôt après l’installation des forces de maintien de la paix dans les Balkans (Minuk et KFor), est dénoncée la responsabilité de ces hommes, censés apporter la sécurité aux populations, dans le développement des lieux de prostitution et l’explosion des trafics de jeunes filles et jeunes femmes. D’autres affaires (Congo, Timor, Corée du Sud) font apparaître, partout dans le monde, les liens entre présence de forces armées, violences sexuelles et traite des femmes.

    Les étapes d’une prise de conscience

    – 1995 / États-Unis

    Norma Hotaling, ancienne prostituée, met en place, avec le procureur de San Francisco, un programme d’éducation des clients, la John’s School. Au fil des ans, plusieurs villes des Etats-Unis, états prohibitionnistes où les clients sont poursuivis comme les personnes prostituées et les proxénètes, adopteront les John’s Schools. Les clients ont le choix entre une inculpation ou une amende assortie d’une journée de sensibilisation. D’anciennes prostituées y prennent la parole pour décrire les réalités de la prostitution.

    – 1999 / Suède

    La loi de 1999 interdit l’achat de « services sexuels » dans le cadre d’une loi plus large intitulée La paix des femmes (votée par un parlement constitué de 43 % de femmes).
    Cette décision s’articule avec une volonté politique de progresser vers l’égalité hommes/femmes et de lutter contre les violences faites aux femmes. Les personnes prostituées ne sont pas poursuivies.

    La Suède entend ainsi poser une norme : il est interdit d’acheter le corps d’autrui, même avec son consentement.
    Il semble que l’un des résultats les plus probants de cette loi soit le recul de la traite des femmes en Suède au moment où elle explose dans les pays qui l’entourent.

    – 2001 / Kosovo

    Au Kosovo, un règlement prohibant la traite des personnes interdit l’achat de services sexuels aux hommes de l’ONU s’ils ont connaissance du fait que la femme a fait l’objet d’un trafic.

    – 2002 / Norvège, OSCE

    La Norvège interdit à ses fonctionnaires en poste à l’étranger « l’achat de services sexuels ».

    L’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) établit un code de conduite qui interdit à ses membres en poste en Bosnie-Herzégovine de fréquenter les établissements de prostitution et les clubs de danseuses nues.

    – 2003 / Philippines

    Les Philippines sont le deuxième pays du monde à pénaliser les clients des personnes prostituées adultes en interdisant « l’usage d’une personne trafiquée ». Cette disposition fait partie d’une loi contre la traite, adoptée à la suite du Protocole de Palerme. Les clients sont passibles de poursuites si la personne prostituée est une victime de la traite. Mais en droit philippin, traite et prostitution ne sont pas distincts.
    2004 / Corée du Sud, ONU

    Une loi interdit l’achat de « services sexuels » et se propose de supprimer les maisons closes d’ici 2007. Une initiative d’autant plus marquante que ce pays a longtemps encouragé le développement de l’industrie du sexe lié à la présence militaire japonaise puis américaine.

    République démocratique du Congo, Kosovo… La révélation d’abus sexuels commis par les soldats des forces de maintien de la paix de l’ONU, la prise de conscience de leur responsabilité dans le développement de la traite des femmes pousse le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à lancer en 2004 une campagne de tolérance zéro sur les abus sexuels et le recours aux personnes prostituées : « Le sexe avec des prostituées est interdit ».

    – 2005 / Finlande

    Un projet de loi de décembre 2005 prévoit la criminalisation de l’achat de « services sexuels » sur l’exemple de la Suède. Objectif, « réduire la prostitution et par conséquent promouvoir le droit à disposer de son corps, l’égalité sociale et sexuelle tout en détériorant les conditions de développement d’activités criminelles que constituent le trafic d’êtres humains et le proxénétisme. »

    – 2006 / Estonie

    L’Estonie envisage d’emboîter le pas à la Finlande afin de ne pas devenir « la destination privilégiée des touristes sexuels finlandais et suédois ». Sa décision est donc liée à la décision finlandaise.

    Etudes

    Le sociologue suédois Sven Axel Mansson fut le premier, dans les années 1980, à mettre en lumière les faux arguments des hommes sur la solitude et à faire une lecture, à travers le rapport prostitutionnel, des rapports hommes/femmes encore à l’œuvre dans nos sociétés.
    Il a démonté les mythes et croyances qui justifient le recours de ces hommes aux personnes prostituées et montré en quoi une partie d’entre eux recherchent dans la prostitution un ordre ancien, un lieu protégé des exigences égalitaires des femmes.

    L’anglaise Julia O Connell Davidson a montré que les clients de la prostitution enfantine sont en majorité des clients de la prostitution adulte qui en viennent à franchir la limite et non des pédophiles comme on préfère le penser.
    Elle a mis en exergue la dimension de racisme qui pousse des hommes à rechercher « l’exotisme » des étrangères.

    —————————————

    Pour finir je dirai que les règmentaristes voudraient une Prostitution « libre et non faussée » en quelque sorte … ;-)

  15. wildo Says:

    Tout le fric que L’Occident a filé à la Thailande au moment du Tsunami ne venait pas que de touristes … ordinaires 8)

    je copie colle ce que j’avais compilé pour mon article « les mensurations de la pornographie »:

    http://pushs.wordpress.com/2008/05/29/les-mensurations-de-la-pornographie/

    L’industrie touristique, loin de ne vendre que du rêve, la beauté de la nature et les “cultures millénaires”, profite largement et directement de la prostitution. Les chaînes hôtelières internationales, les compagnies aériennes et l’industrie touristique en général – toutes bien implantées sous nos latitudes – se font des millions sur le dos des populations asservies.

    Pire : les gouvernements eux-même en bénéficient. C’est ainsi qu’en 1995, les revenus de la prostitution en Thaïlande constituaient entre 59 et 60% du budget gouvernemental ! Comment ces gens pourraient-ils mener des politiques visant à démanteler les réseaux d’exploitation sexuelle ? Selon l’OIT, la prostitution représenterait entre 2 et 14% des activités économiques de la Thaïlande, de l’Indonésie, de la Malaisie et des Philippines.”

    “Le trafic des femmes et des enfants est pratiqué massivement à l’échelle mondiale : 70% des occupantes des 400 vitrines de prostituées d’Amsterdam sont d’origine dominicaines. 75% des prostituées d’Allemagne ont été amenée par des réseaux clandestins de l’étranger. A Zürich, les ressortissantes du Tiers monde représentent 40%. On estime que 700 000 femmes de l’Est européen se prostituent en Europe. Aux Etats-Unis, 50 000 étrangères au moins viennent -chaque année- alimenter les réseaux de prostitution.”

  16. Kaos Says:

    On me souffle dans la réalité que la proposition à propos des forces d’interventions implantées à l’étranger serait à propos de l’utilisation des bordels par les soldats.
    Pratique courante s’il en est, ceci expliquerait cela, et ça tiendrait debout. Quoique ‘sensibiliser’ reste léger. M’enfin, l’idée y germe.

     » Pour finir je dirai que les règmentaristes voudraient une Prostitution “libre et non faussée” en quelque sorte.  »
    Avec ça, tout est effectivement plus clair. Moraliser le marché, tout ça. Limpide comme de l’eau de caillou.
    Même si je persiste à croire que le simple salariat tient du même tonneau, ne serait-ce que parce qu’on peut coucher pour réussir. Mais c’est évidemment plus profond.
    Bref, ceci étant effectivement un autre débat, ignorez-donc et gardez vos munitions pour un sujet plus approprié.

    Par contre sur le truc de la pornographie, j’ai toujours cette gêne de la pornographie amateur. Comment dire? Un problème de termes sans doute. Mais s’il y a films/photos de sexe sans rapport commerciaux, what happens? Jusqu’à quelle échelle de distribution?

    Et, dernier ajout, l’éducation sentimentale (article 38) et psycho-sociale, ça recouvre quoi? Dans quel termes? Et par rapport au sexe? Ses représentations? Ses pratiques rares? (Je pense davantage au Sm qu’aux problématiques de genre, qui sont plus faciles à aborder sur le thème du consentement mutuel)

    Voilou voilou, merci pour les copies.

  17. Kaos Says:

    ( article 38 ) y’a pas moyen de désactiver les smileys automatiques?

  18. mauvaiseherbe Says:

    « ( article 38 ) y’a pas moyen de désactiver les smileys automatiques? »

    :-)))

  19. mauvaiseherbe Says:

    Pour revenir là d’ssus : »” Renforcer les dispositifs d’aide à la parentalité (”École des Parents”).”

    Je pensais, p’t’être que ça a à voir avec la façon d’élever les filles et les garçons…
    Le traitement particulier réservé à l’un ou à l’autre selon son sexe etc. Pas d’éducation des jeunes sans éducation des adultes et a fortiori des parents


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