« DROITS DE L’HOMME » OU « DROITS HUMAINS » ?

21/07/2008

Le sexisme à fleur de mots

sur http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/CALLAMARD/10138.html

« UN contresens grammatical. » Trois académiciens, dont Mme Hélène Carrère-d’Encausse, ont publiquement interpellé en ces termes, le 8 janvier dernier, certaines des – trop rares – femmes ministres du gouvernement français qui revendiquent et ont mis en pratique la féminisation de leur titre. C’est oublier que l’usage du masculin comme genre neutre est le produit, récent, d’une histoire dont l’aspiration à l’universalité a longtemps masqué le racisme et le sexisme. Et que la langue accompagne et marque les évolutions sociales. De la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 à celle, universelle, des droits de l’homme de 1948…

Par Agnès Callamard

Spécialiste des questions humanitaires et des droits humains, cofondatrice de l’ONG Partenariat pour la redevabilité humanitaire.

Qu’y a-t-il dans un mot (1) ? Une histoire, une découverte, une transformation, mais aussi une identité, un combat, une victoire ou une défaite. Un mot peut exprimer la verve d’une personne politique, la créativité d’un artiste, le cri d’alarme d’un activiste. Il y a des mots qui incitent à la violence, d’autres à la paix. Il y a des mots qui expriment le pouvoir d’exclure, et d’autres la volonté d’inclure.

Qu’y a-t-il dans l’expression « droits de l’homme » ? La révolution de 1789, de longues transformations et tant de luttes, en France et dans le reste du monde, afin que tous les êtres humains puissent se voir reconnaître leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux, et culturels. Mais cette formule reflète aussi d’autres histoires : celle, d’abord, des révolutionnaires de 1789 qui refusèrent d’accorder aux femmes les droits qu’ils conféraient aux hommes ; celle, ensuite, de pratiques et de convictions discriminatoires à l’égard des femmes véhiculées par l’intermédiaire de la « noblesse » du masculin jusqu’à nos jours. Dans la formalisation du mot « homme » en tant que catégorie universelle, il y a aussi la négation des changements politiques, sociaux et culturels des sociétés du XXe siècle et des engagements pris par les gouvernements et les Nations unies à l’égard du principe d’égalité entre les hommes et les femmes.

Adoptée le 26 août 1789, après de longs et âpres débats entre députés à l’Assemblée nationale, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen établit un certain nombre de droits et de principes qui, ultérieurement, ont servi de fondement à la Déclaration universelle des droits de l’homme. A l’époque où elle a été rédigée, la déclaration ne s’appliquait qu’aux hommes, et le mot « homme » ne recouvrait qu’un seul genre (2). Le choix de ce mot n’était pas « neutre » et ne se voulait pas, non plus, à portée « universelle ». Car l’égalité entre les hommes et les femmes avait fait l’objet d’une discussion à l’Assemblée nationale, mais la majorité des députés avait rejeté ce principe : la femme n’étant pas douée de raison, on ne saurait accorder de droits à une minorité de femmes exceptionnelles.

Et pourtant, les femmes ont activement participé à la Révolution française : elles se sont associées, notamment, à la prise de la Bastille du 14 juillet 1789, elles ont défilé dans les rues de Paris pour exiger du pain, formé une société des femmes révolutionnaires et d’autres clubs de femmes, adhéré à des clubs révolutionnaires, pris la parole dans des lieux publics ainsi que dans des cercles politiques. En 1791, Olympe de Gouges rédigeait la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, une Déclaration des droits de l’homme révisée pour s’appliquer aux femmes. Dans ce texte, elle mettait en cause les prémisses dont découlaient les principes et les droits de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits », écrivait-elle, avançant par ailleurs que « l’exercice des droits naturels de la femme n’a de borne que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison ».

Un siècle sans le droit de vote

MALGRÉ leur participation, souvent en première ligne, les Françaises n’ont jamais été officiellement et légalement reconnues comme citoyennes. Olympe de Gouges fut fustigée et traitée d’hystérique, d’irrationnelle et de déraisonnable. Elle fut guillotinée le 3 novembre 1793. Un mois auparavant, les jacobins avaient décrété que tous les clubs et toutes les associations de femmes étaient dorénavant illégaux, et un représentant du Comité de salut public déclarait que les femmes n’étaient pas faites pour avoir des pensées élevées.

Deux semaines plus tard, les femmes se voyaient interdire l’accès aux séances de la Commune de Paris. Lors du discours qui allait convaincre la Commune de Paris de voter à l’unanimité l’exclusion des femmes, un orateur révolutionnaire déclara qu’il était contraire à toutes les lois de la nature qu’une femme veuille devenir un homme… Dans le code Napoléon de 1804, qui consolidait nombre d’acquis révolutionnaires pour les hommes, les femmes ont été frappées d’incapacité légale.

La révolution de 1848 a vu ce phénomène se répéter lorsque le gouvernement révolutionnaire provisoire repoussa l’octroi du droit de vote aux femmes. Au début du mois de juin, avant le renversement, la police ferme le Club des femmes. En juillet, la IIe République décrète que les femmes ne peuvent ni appartenir à des clubs ni leur prêter assistance. La défaite des gouvernements républicains ne fait que renforcer cette exclusion. Après 1851, la loi interdit aux femmes de prendre part à des activités politiques ou d’assister à des réunions abordant des questions politiques. Les Françaises devront attendre presque un siècle – l’année 1944 – pour obtenir le droit de vote et celui de se présenter à des fonctions politiques éligibles.

Il est évident que l’expression « droits de l’homme » ne se rapportait pas aux femmes de 1789. Se pose alors la question de savoir si, dans son usage actuel, on peut dire de ce terme qu’il se rapporte à des hommes et à des femmes perçus comme des êtres humains égaux.

Dans le langage courant, le terme « homme » est censé recouvrir tous les individus de l’espèce humaine. Toutefois, sa signification est parfois ambiguë. Ainsi, selon le Conseil de l’Europe, « l’utilisation du genre masculin pour désigner les personnes des deux sexes est génératrice, dans le contexte de la société actuelle, d’une incertitude quant aux personnes, hommes ou femmes, concernées (3) ». L’une des raisons de cette ambiguïté est que l’utilisation exclusive du mot « homme » pour désigner hommes et femmes établit une hiérarchie entre les deux sexes.

Cette hiérarchie remonte au XVIIe siècle lorsqu’en 1647 le célèbre grammairien Vaugelas déclare que « la forme masculine a prépondérance sur le féminin, parce que plus noble (4) ». Dorénavant, il faudra écrire : « Les légumes et les fleurs sont frais » et faire en sorte que l’adjectif s’accorde au masculin, contrairement à l’usage de l’époque qui l’aurait accordé au féminin. En effet, au Moyen Age, on pouvait écrire correctement, comme Racine au XVIIe siècle : « Ces trois jours et ces trois nuits entières » – l’adjectif « entières » renvoyant alors à « nuits » autant qu’à « jours ». Au Moyen Age encore, on ne se contentait pas de la forme masculine : pour s’adresser aux femmes et aux hommes dans les discours criés sur la place publique, on disait « iceux et icelles » (pour « ceux et celles ») ainsi que « tuit et toutes » (pour « tous et toutes »). On pouvait aussi dire « mairesse » au XIIIe siècle, « commandante en chef » et « inventeure » au XVe, « inventrice » au XVIe, « lieutenante » au XVIe,, « chirurgienne » en 1759, etc.

Le choix du masculin, prôné par Vaugelas, n’était pas un choix « neutre » et il n’était pas proclamé comme tel. Cette règle hiérarchique semble toujours subsister en France ainsi que dans d’autres pays francophones. Ainsi, en 1984, l’Académie française pouvait écrire, sans se rendre compte, apparemment, de l’ironie de son argument : « Quand on a maladroitement forgé des noms de métier au féminin, parce qu’on s’imaginait qu’ils manquaient, leur faible rendement les a très vite empreints d’une nuance dépréciative : cheffesse, doctoresse, poétesse, etc. On peut s’attendre que d’autres créations non moins artificielles subissent le même sort, et que le résultat aille directement à l’encontre du but visé (5). »

Comme le faisait remarquer Benoîte Groult (6), cette nuance « dépréciative » ne caractérise pas toutes les professions, mais plutôt celles auxquelles on associe un certain prestige. Les récentes prises de position virulentes sur l’emploi de « Madame la » ministre ne font qu’en témoigner. Pourtant, en plus de ses fondements hiérarchiques, l’usage de « Madame le » n’est conforme à aucune tradition du français pour marquer le genre des noms, une situation que dénonçait déjà le linguiste Ferdinand Brunot en 1922 lorsqu’il s’exclamait : « L’affreux » Madame le « qui gâte tant de nos textes… » Quant à l’éminent grammairien Albert Dauzat, il n’hésitait pas à écrire en 1971 : « La femme qui préfère pour le nom de sa profession le masculin au féminin accuse par là même un complexe d’infériorité qui contredit ses revendications légitimes. Dire Madame le Docteur, c’est proclamer la supériorité du mâle, dont le genre masculin est l’expression grammaticale (7). »

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, nombreux sont les gouvernements qui ont préconisé un emploi non sexiste de la langue, même si, dans beaucoup de pays, notamment la France, ce ne fut que partiellement réalisé. Cette féminisation a pour but d’adapter la langue aux réalités sociales et culturelles, mais elle s’inscrit aussi dans un cadre politique : celui de la reconnaissance de l’égalité des hommes et des femmes, et plus récemment, en France, de la nécessaire parité homme-femme. Parmi les initiatives, on peut relever celles du Canada, à l’avant-garde de cette évolution dès 1978, mais aussi celles de la Suisse, qui, en 1989, féminise l’ensemble de sa terminologie des métiers et professions et publie, en 1991, un guide de rédaction non discriminatoire qui préconise l’emploi de l’expression « droits humains ».

En France, lorsque les dirigeant(e)s politiques ont voulu intégrer les femmes dans la sphère politique, c’est souvent l’emploi de l’expression « hommes et femmes » qui a prédominé (8). Les professions se sont elles aussi féminisées, bien que difficilement et de façon incomplète. Ainsi la circulaire du 11 mars 1986 établit des règles de formation du féminin pour les professions ou titres qui, jusqu’alors, s’écrivaient exclusivement sous leur forme masculine. Plus récemment, en 1997, lors d’un débat de la commission des lois du Sénat relatif à un projet de réforme de la cour d’assises, les sénateurs votèrent l’adoption d’un amendement qui substitue « une personne » à « un homme » au bas de la prestation de serment des jurés d’assises.

Les organisations intergouvernementales et non gouvernementales ont aussi pris des dispositions visant à promouvoir un langage non sexiste. Par exemple, la Conférence générale de l’Unesco a adopté, en 1991 et en 1993, des lignes directrices qui réclament l’emploi de formulations visant clairement les deux sexes et de l’expression « droits de la personne » le plus souvent possible. Lors de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme organisée à Vienne en juin 1993 sous l’égide des Nations unies, le Forum des organisations non gouvernementales – qui regroupe plus de mille organisations – a adopté une recommandation appelant à supprimer toute partialité à l’égard de l’un ou l’autre sexe et à remplacer « droits de l’homme » par « droits humains » ou par « droits de la personne humaine ».

La plupart des gens pensent que la pureté de la langue est fixée une fois pour toutes dans les dictionnaires et les grammaires. Or la langue n’est pas statique : elle évolue constamment pour refléter les nouvelles réalités, les changements sociaux et politiques. Ainsi la lettre W n’a-t-elle été incorporée officiellement à l’alphabet français en tant que lettre indépendante qu’en… 1964. La langue est à la fois le reflet et le moteur de toutes les sociétés. Chaque année, les dictionnaires Petit Robert et Larousse ajoutent de nouveaux mots qui reflètent une évolution sociale, technique, médicale, ou des changements dans les moeurs. Le gouvernement français a mis en place depuis plusieurs décennies des commissions de terminologie dont le but est d’adapter le langage moderne aux nouvelles réalités scientifiques, médicales, commerciales, et qui ont accrédité des mots aujourd’hui aussi usuels qu’« informatique », « ordinateur », « stimulateur cardiaque », etc.

La création terminologique ne vise pas seulement à remplacer les mots tombés en désuétude, mais aussi à refléter des changements ayant trait à la représentation de soi et à l’identité sociale ou raciale. Ainsi, aux Etats-Unis, le terme « Africain-Américain », maintenant d’usage courant, est d’origine récente et vise à reconnaître une origine continentale, plutôt que raciale. Lorsque des Américain(e)s décident de se représenter et d’être identifiés par le mot « Africain(e)-Américain(e) », ils et elles font état de leur histoire, de leurs luttes et de leurs aspirations.

Une forme symbolique des relations du pouvoir

LES mots construisent et reflètent la culture et le vécu de toutes les sociétés. Ainsi, si l’on compare la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, on relève que, dans cette dernière, seul le mot « homme » est utilisé, alors que, dans la première, le terme général de « personne » est majoritairement utilisé, ce qui indique que ses rédacteurs ont eu à coeur de marquer la non-discrimination sexuelle en recourant le plus souvent à des termes autres que « hommes ».

Le mélange des terminologies qui a caractérisé cet effort n’a pas échappé au professeur de droit Yves Madot lorsqu’il remarque : « La double formulation du titre de la Déclaration et de l’expression employée dans l’article premier est révélatrice d’un embarras terminologique qui serait aisément levé avec la notion de droits de la personne humaine (9). »

Le langage joue un rôle fondamental dans la formation de l’identité sociale des individus, et l’interaction qui existe entre le langage et les attitudes sociales a fait l’objet de nombreuses recherches et n’est plus à démontrer. C’est ce qu’ont montré le philosophe français Michel Foucault, qui a mis l’accent sur les relations entre pouvoir et discours

(10), et Pierre Bourdieu, qui, dans son ouvrage Ce que parler veut dire (11), décrit l’existence d’un capital linguistique dont il extrait le concept de « pouvoir symbolique » intériorisé et accepté : le langage est la représentation ou forme symbolique des relations de pouvoir et confère à ces dernières leur légitimité.

Le conseil des ministres de l’Union européenne du 21 février 1990 est en harmonie avec l’évolution sociale de cette fin du XXe siècle lorsqu’il se dit convaincu que le sexisme dont est empreint le langage en usage dans la plupart des Etats membres du Conseil de l’Europe – qui fait prévaloir le masculin sur le féminin – constitue une entrave à l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour sa part, Amnesty International a pris la décision, en décembre dernier, d’adopter un discours des droits qui s’accorde avec son mandat, ses objectifs et sa vision. Trois expressions ont été identifiées qui remplaceront dorénavant l’expression « droits de l’homme », à l’exception des documents historiques. Il s’agit de : « droits de la personne humaine », « droits humains », et « droits de l’être humain ».

Préconiser un changement de terme ne revient pas à éliminer de la mémoire collective un événement tel que la Révolution française de 1789, pas plus qu’il ne revient à en récuser les apports et les conséquences pour l’humanité. Il s’agit, beaucoup plus simplement, de reconnaître que les « droits de l’homme » ont évolué depuis 1789, et, en particulier, que l’égalité entre hommes et femmes fait partie intégrante de cette évolution. Le langage des droits de la personne humaine ne peut se permettre de promouvoir un seul genre (et sexe) en tant que catégorie universelle ni de véhiculer des préjugés : les femmes, tout comme les hommes, ont des droits. Cette reconnaissance passe par l’utilisation d’une expression qui reconnaisse leur existence.

Agnès Callamard.

(1) Cet article résume un document d’Amnesty International, « Qu’y a-t-il dans un mot ? », publié à l’occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars et du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

(2) Voir, par exemple, Bonnie Anderson et Judith P. Zinsser, A History of Their Own, Harpers amp ; Row, New York, 1988 ; Jan Bauer, Seul le silence te protégera : les femmes, la liberté d’expression et le langage des droits de l’homme, Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, Montréal, 1996. Voir aussi les nombreuses publications de l’association SOS Sexisme.

(3) Recommandation no R (90) du Comité des ministres du 21 février 1990 aux Etats membres sur l’élimination du sexisme dans la langue.

(4) Une évolution semblable a caractérisé la langue anglaise. En 1746, le grammairien anglais John Kirkby énonçait ses « 88 règles de grammaire ». La vingt et unième affirmait que le genre masculin était plus général que le genre féminin. Kirkby faisait ici de l’homme une catégorie universelle.

(5) Déclaration faite par l’Académie française en séance du 14 juin 1984, en réponse à l’existence d’une commission de terminologie « chargée d’étudier la féminisation des titres et des fonctions et, de manière générale, le vocabulaire concernant les activités des femmes ». L’adaptation des noms de profession aux réalités sociales et culturelles se produit, bien que lentement.

(6) Benoîte Groult, « Cachez ce féminin », Le Monde, 11 juin 1991.

(7) Ibid.

(8) Par exemple, l’établissement du suffrage (vraiment) universel en 1945 par le général de Gaulle stipule que « l’Assemblée nationale constituante sera élue par tous les Français et toutes les Françaises majeurs ».

(9) Yves Madot, Droits de l’Homme, Masson, Paris, 1991.

(10) Michel Foucault, La Volonté de pouvoir, Gallimard, Paris, 1976, et L’Archéologie du savoir, Gallimard, 1987.

(11) Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire, Fayard, Paris, 1982.
Édition imprimée — mars 1998 — Page 28

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39 Réponses to “« DROITS DE L’HOMME » OU « DROITS HUMAINS » ?”

  1. Romane Says:

    Bonjour Mauvaise Herbe,

    j’ai lu ce papier ce we. Je le trouve très bon. S’attaquer au langage reviendrait à s’attaquer à la racine du mal. C’est ce que je me suis dit qd j’ai lu ce texte. Modifier le langage dans sa struture grammaticale pour rééquilibrer, faire ressortir le féminin c’est s’en prendre aux consciences, au mental, à la pensée, à tout ce qu’il y a de structurant.

  2. mauvaiseherbe Says:

    Bonjour Romane,

    Oui… Il est temps que chacune de nous brise le licol de cet androlecte.

    je te recommande la lecture de ce texte de Michèle Causse: « Une politique textuelle inédite : l’alphalecte » https://mauvaiseherbe.wordpress.com/category/alphalecte/

  3. wildo Says:

    moi souvent j’ai la flemme … mettre le féminin ça rallonge le mot ;-) … par ailleurs pour certains métiers je trouve que la féminisation ne sonne pas toujours magnifiquement à l’oreille …

    Le langage la racine du mal – et des paradoxes, selon les langues : en allemand la lune est masculin et le soleil féminin, en français c’est l’inverse … en chinois (je crois) que le genre n’existe pas … etc ce qui n’empêche pas la domination de genre par ailleurs … donc de mon petit point de vue, je dirai que ce n’est pas la seule féminisation des mots qui aidera à accéder à la conscience libératrice – je veux dire par là, au fond peu importe si un mot est au féminin ou au masculin, l’important c’est surtout comment on s’en empare, que va t on faire de ce mot, quelle place on va lui accorder … comment le dépassse t on … etc

  4. mauvaiseherbe Says:

    « par ailleurs pour certains métiers je trouve que la féminisation ne sonne pas toujours magnifiquement à l’oreille  »

    Comme lesquels (métiers)?
    Et puis les oreilles ça s’éduque non?

    « au fond peu importe si un mot est au féminin ou au masculin, l’important c’est surtout comment on s’en empare, que va t on faire de ce mot, quelle place on va lui accorder … comment le dépassse t on »

    Pas peu importe non! Changer notre perception des choses c’est avant tout changer notre façon de les nommer, et ça commence par soi même. Bref, je ne comprends pas ton intervention, as tu lu les textes publiés ici sur le sujet à commencer par celui de Michele Causse?

    Le langage est le premier lieu de prise de pouvoir sur l’autre etc bref, lis les textes en question

  5. wildo Says:

    « Le langage est le premier lieu de prise de pouvoir sur l’autre »
    absolument … mais moi, par exemple je fais comment avec la lune et le soleil, avec mon biculturalisme ? … je me rends bien compte que ni la lune ni le soleil ne sont spécifiquement masculin ou féminin … pas plus que ne l’est un corps de métier etc … c’est ça que je veux dire … il faudrait neutraliser pas continuer a induire du genre spécifiquement … voilà l’idée a mon sens …

  6. mauvaiseherbe Says:

    Oui, ce que Michele Causse nomme L’alphalecte.
    Mais un épicène pour « compositeur » par ex, ça donnerait quoi? Parce qu’en attendant je préfererai toujours l’emploi de « compositrice » pour une femme
    que cet assujetissement au masculin universel

  7. mauvaiseherbe Says:

    d’ailleurs tu dis quoi toi, « une » compositeur? Une femme compositeur? Une compositrice? Une ou un compositeurE?

  8. mauvaiseherbe Says:

    « il faudrait neutraliser pas continuer a induire du genre spécifiquement … voilà l’idée a mon sens … »

    La féminisation est une forme de neutralisation justement.

  9. wildo Says:

    C’est très simple ;-) : mon premier prof de composition electro de l’époque m’a dit texto un soir les yeux dans les yeux  » les compositrices ça n’existe pas » vlan ! prends ça dans les dents … perso je dis compositrice … et parfois en public je renforce le truc je dis que je suis une « femme compositrice », hein c’est drôle de voir que compositrice seule ne me suffit pas toujours tellement j’ai du être sciée par la remarque de mon prof …
    C’est le fait de genrer les choses, les êtres et nos actes qui est une supercherie énorme …
    c’est invalidant et sectaire …

  10. wildo Says:

    « # mauvaiseherbe a dit :
    juillet 21, 2008 à 10:52

    “il faudrait neutraliser pas continuer a induire du genre spécifiquement … voilà l’idée a mon sens …”

    La féminisation est une forme de neutralisation justement. »

    je me disais ça, oui fût un temps et aujourd’hui je penche plus pour donner du neutre … abolir la notion de genre même « égalitaire » …

  11. mauvaiseherbe Says:

    Tu ne m’as pas répondu, ça donnerait quoi le neutre pour compositeur par exemple?

    Enfin bon, si tu te désignes comme compositrice tu pratiques donc la féminisation, parfait. je confirme donc, je n’ai pas compris le sens de ta première intervention.

  12. wildo Says:

    « les compositrices n’existent pas » Wittgenstein aurait adoré cette phrase – pour moi cette phrase prouve que la féminisation d’un mot ne garantit pas l’émancipation …
    Par exemple, Bjork compose ses chansons on ne dit jamais d’elle que c’est une compositrice, elle sera d’abord et presque uniquement perçue comme chanteuse … le « reste » (la partie la plus importante du travail de conception, la composition restera soigneusement mis sous scellée …)
    tu comprends mieux ?

  13. wildo Says:

    pour dégenrer il faudrait réinventer, pourquoi pas, des mots nouveaux …

  14. wildo Says:

    composite … compositant
    une piste

  15. mauvaiseherbe Says:

    Non toujours pas!

    Et je n’ai jamais dit que la féminisation suffisait, elle est une première étape obligatoire.

    Et moi quand j’évoque Bjork, je parle volontiers de la compositrice ;-)

  16. mauvaiseherbe Says:

    Euh… « composite » ça existe déjà non?
    Et pourquoi pas « compositante » plutôt?

    Ceci dit reste la question de l’article?

  17. wildo Says:

    dans mon idée de neutralité il faudrait supprimer l’article et réinventer des mots neufs … « oublier »- réinventer carrément les précedents … ça ne se fera jamais ;-)

  18. mauvaiseherbe Says:

    Remarque pour « compositrice » c’est l’usage, ma question était mal posée; pour « professeurE » par ex c’est litigieux. Et dans ce cas, tu es contre la féminisation?

  19. wildo Says:

    je vais donner mon sentiment, plus qu’une approche dogmatique : en soi je n’ai rien contre la féminisation dans l’absolu – en revanche ce que j’ai remarqué c’est qu’on féminise toujours en – rajoutant – comme s’il nous manquait qq chose, implicitement ça m’escagace … de plus souvent cette féminisation est ridiculisée, dévalorisée ( je suis une femme compostrice etc ) … donc, il me semble que pour éradiquer réellement la domination du genre dans le langage – il faudrait tout simplement supprimer les deux genres différenciés … et je pense que là ça remettrait les pendules à l’heure …

  20. mauvaiseherbe Says:

    « on féminise toujours en – rajoutant – comme s’il nous manquait qq chose »

    ;-) Vaut p’t’être mieux ça que le contraire. Si le féminin supposait au contraire une suppression je comprendrais davantage ton agacement.

    « de plus souvent cette féminisation est ridiculisée, dévalorisée »

    Justement oui, le langage a tellement façonné notre perception des genres. Plus cette féminisation sera banalisée, rentrera dans le langage courant, et moins elle sera dévalorisée comme tu dis.

  21. wildo Says:

    on est diminué donc on nous rajoute qq chose … houhou ! et le plus souvent entre parenthèse etc
    non, non je n’aime pas ça … ça fait quémandage …
    égalité pour tout le monde – hop tout le monde logé à la même enseigne – pour moi la meilleure façon de déconstruire le genre c’est de le supprimer …

  22. mauvaiseherbe Says:

    Et ici et maintenant tu proposes quoi?
    Tu vas la faire comment ta révolution grammaticale, avec qui? Et c’est une nouvelle langue qu’il faudrait inventer, t’es pas pressée… Moi si!

  23. wildo Says:

    Ici et maintenant j’ai féminisé tellement de trucs que je fais depuis des années (je gravite dans un milieu à 99% masculinisé) et je vois bien que ça ne change pas grand chose sur le fond en temps réel, donc le « ici et maintenant » je le connais bien …
    Donc oui, il ne faut pas être pressé et penser plus loin ça fait du bien … ça se fera … petit à petit …

  24. Kaos Says:

    Tiens, une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec wildo. Le masculin est neutre pour des raisons esthétiques sexistes, certes, mais pour d’autre raisons sexistes on aurait pu déclarer par exemple que « le nombre avilit ses membres les plus distingués, donc le féminin l’emporte malgré la supériorité des hommes ». Et le féminin serait neutre.

    J’abonde donc dans son sens quand elle dit  » au fond peu importe si un mot est au féminin ou au masculin, l’important c’est surtout comment on s’en empare, que va t on faire de ce mot, quelle place on va lui accorder … comment le dépasse t on … etc « . J’ai rien contre contre la féminisation en elle-même, c’est joli ‘chirurgienne’ par exemple, ou Mme la ministre, ou même compositrice. Mais auteure et professeure, bof.
    Pourquoi pas faire les deux? Chacun fait comme il veut. C’est pas des vieux barbons de l’académie française ou des conseils des ministres européens qui vont se mettre à décider pour des radicaux déclarés, si?

  25. macdougal Says:

    Cela n’a pas à être joli ou pas, c’est subjectif et une question d’habitude. L’usage finit toujours par l’emporter mais il faut aussi forcer cet usage , aucun garçon n’accepterait d’entendre « le masculin l’emporte sur le féminin » , leurs parents , à juste titre, ne le supporteraient pas, et pourtant des générations de filles l’ont entendu et l’entendent toujours.
    Il est totalement hypocrite de parler de neutre quand on emploie le masculin. Quand on parle « des droits de l’homme  » cet universalisme ne concerne que les hommes, qu’on parle donc  » des droits humains.

  26. mauvaiseherbe Says:

    « Mais auteure et professeure, bof »

    Pourquoi bof?

     » l’important c’est surtout comment on s’en empare, que va t on faire de ce mot, quelle place on va lui accorder … comment le dépasse t on »

    Oui oui… Le problème n’est pas ce que l’on vit mais la façon dont on le vit (parole d’évangile)

    Justement oui, s’emparer d’un mot, le faire sien, passe pour une femme précisément par ce refus de se soumettre à ce masculin universel, et la question se pose bien au delà de la place que nous accordons aux mots, mais de celle que nous accordent les mots.

    Euh… Tu rebondis juste sur l’intervention de Wildo ou tu as quand même lu les textes en question?

  27. mauvaiseherbe Says:

    « Cela n’a pas à être joli ou pas, c’est subjectif et une question d’habitude. »

    Oui, c’est comme le prénom Martin, que tu le préfères à celui de Martine n’est pas exactement la question. ;-)

  28. mauvaiseherbe Says:

    “Le symbolisme social étant véhiculé et structuré par le langage, c’est toute une conception du monde qui est impliquée dans cette question. L’utilisation du masculin dit « générique » n’est pas remise en question alors qu’elle biaise systématiquement la représentation sociale des femmes. (…)

    En mettant au point la langue, on rectifie les usages dans le sens de l’égalité des deux sexes. La féminisation initiale est celle de la langue, car le féminin non distinctement établi sera toujours absorbé par le masculin. “

  29. wildo Says:

    mauvaiseherbe a dit :
    juillet 23, 2008 à 10:55
    ” l’important c’est surtout comment on s’en empare, que va t on faire de ce mot, quelle place on va lui accorder … comment le dépasse t on”

    Oui oui… Le problème n’est pas ce que l’on vit mais la façon dont on le vit (parole d’évangile)

    Justement oui, s’emparer d’un mot, le faire sien, passe pour une femme précisément par ce refus de se soumettre à ce masculin universel, et la question se pose bien au delà de la place que nous accordons aux mots, mais de celle que nous accordent les mots. »

    Non, non, c’est l’action pour moi qui va bien au-delà du mot. Encore uen fois, je ne dis pas que féminiser un mot est inutile. Je remarque juste

  30. mauvaiseherbe Says:

    Je ne comprends toujours pas où tu veux en venir.
    L’action? Pas sure que tu aies bien compris les textes publiés ici.

  31. wildo Says:

    ooopse, je reprend : je remarque juste que ce n’est pas en le féminisant que je me suis emparée de l’acte de créer et de composer : composer pour moi est le centre névralgique, l’acte de composer en-soi
    Voilà le fond véritable. J’emmerde la langue, si elle m’oublie, je l’emmerde car d’abord je fais, j’agis … ensuite on pourra rajouter ce qu’on veut à la langue … entre temps moi j’aurai fait – et ce faire, pour moi vient avant la problématique des mots…
    Je suis donc d’abord dans l’agir, mon insoumission ce sont tout d’abord mes actes – comment je les pose, comment je construis sur mes actes.
    C’est ça s’emparer du mot, le dépasser. Avant toute chose je me suis emparé de la composition – de l’acte compositionnel, je compose … bien avant d’être compositrice. En le faisant je n’attendait aucune égalité, rien a foutre, je n’attends rien, je fais, j’agis … Comment je peux être ensuite perçu par d’autres, les autres … là d’accord … la problématique de la féminisation se pose …
    Mais au début se pose l’agir.
    La liberté ne se prend pas dans les mots, mais dans les actes … enfin moi je vois ça comme ça …

  32. wildo Says:

    Et quand je parle de neutraliser c’est pour dépasser, encore une fois le féminin et le masculin qui se sont tellement catagnés depuis des lustres … mon idée de forger un nouvel aspect de la langue rebondissait sur ce passage :

    « La plupart des gens pensent que la pureté de la langue est fixée une fois pour toutes dans les dictionnaires et les grammaires. Or la langue n’est pas statique : elle évolue constamment pour refléter les nouvelles réalités, les changements sociaux et politiques. Ainsi la lettre W n’a-t-elle été incorporée officiellement à l’alphabet français en tant que lettre indépendante qu’en… 1964. La langue est à la fois le reflet et le moteur de toutes les sociétés. »

  33. wildo Says:

    donc je dis : moteur !

    voilà … :)

  34. mauvaiseherbe Says:

    Ok. Mais je ne comprends pas ta volonté d’opposer ici le langage et l’action, et quoi que tu en dises, le langage conditionne l’action, l’entrave ou la libère… . Dans ta spécialité en particulier, les femmes sont-elles tellement représentées? Je parle en proportion.
    Et il me semble que tu as souvent évoqué la misogynie de ton milieu professionnel.
    Et très vite parce que là j’ai vraiment la flemme de reprendre des arguments très largement évoqués dans les textes publiés ici: ce que l’on ne nomme pas n’existe pas.

  35. wildo Says:

    Wittgenstein te dirait que beaucoup de choses que nous formulons par le langage n’existent pas … on pratique énormément un abus de langage permanent … mais ce n’est pas le sujet.
    J’en reviens à mon domaine … donc contrairement a ce que mon prof m’avait dit : « les compositrices n’existent pas » – tout d’abord c’était une erreur grossière, puisque je me trouvais devant lui. (jusqu’ou le déni se niche … c’est dingue)
    Deuxièmement, je pouvais difficilement accepter le fait de ne pas exister – puisque j’existais à ce moment précis … et à l’heure qu’il est j’existe encore …
    Donc, au finish, j’ai bien le mot compositrice qui existe … mais toujours très peu de femmes qui composent …
    D’ou mon interrogation : pourquoi ?
    C’est ou que ça bloque pour elles ?
    On a des chanteuses à foison, des danseuses en veux tu en voilà et toujours si peu de compositrices … chef d’orchestre c’est l’hécatombe … etc
    J’ai bien le mot au féminin pourtant …

  36. wildo Says:

    « mauvaiseherbe a dit :
    juillet 24, 2008 à 2:03

    Ok. Mais je ne comprends pas ta volonté d’opposer ici le langage et l’action, et quoi que tu en dises, le langage conditionne l’action, l’entrave ou la libère… . Dans ta spécialité en particulier, les femmes sont-elles tellement représentées? Je parle en proportion. »

    je questionne – opposer c’est pas trop mon truc … je met en regard – un truc dans le genre …

  37. mauvaiseherbe Says:

    Un article que devrait t’intéresser:

    http://sisyphe.org/spip.php?article339

  38. mauvaiseherbe Says:

    « Donc, au finish, j’ai bien le mot compositrice qui existe … mais toujours très peu de femmes qui composent … »

    La création est une affaire d’homme

    « l’homme crée, la femme procrée »

    Les petites filles l’apprennent très tôt.

  39. wildo Says:

    « # mauvaiseherbe a dit :
    juillet 24, 2008 à 2:31

    Un article que devrait t’intéresser:

    http://sisyphe.org/spip.php?article339 »

    oui je connais les cas d’Alma Mahler, Augusta Holmes etc … et d’ailleurs il existe sur le net un site qui les recense toutes (enfin toutes, toutes celles dont on retrouve la trace, ce qui me fait dire qu’elles étaient encore bien plus nombreuses qu’on veut nous le faire croire)

    Donc en fait le but de mes tergiversations c’est de faire comprendre qu’en réalité des femmes qui composent il y en a beaucoup – et par le passé cela a dû être pareil que pour aujourd’hui …

    En ce qui concerne le passé, il suffit de ne pas consigner les activités des femmes (dans les livres etc ) pour en qq sorte les éliminer et fabriquer la croyance selon laquelle “l’homme crée, la femme procrée” et qu’elles ne sont faites que pour ça …

    Or je suis de plus en plus persuadée en regardant le présent, que par le passé tout autant de femmes se sont essayé ou mis à l’ouvrage de leur convenance … mais qu’en cours de route, tout comme aujourd’hui, elles se perdent dans la soumission, le sens d’un sacrfice etc … le cas de Alma Mahler est a ce sujet dramatique et confine de mon point de vue à une sorte de suicide artistiqe … alors on se consolera en se disant que, quand on écoute Gustav c’est Alma qu’on entend en réalité, car elle à soigneusement corrigé et remanié toute sa vie les compositions de son mari … sur son lit de mort ce dernier affirma qu’elle avait eu bien plus de talent que lui … l’ horreur …

    Aujourd’hui, malgré le fait que les femmes peuvent accéder à plus d’autonomie, faire des études, choisir le métier, ou se battre pour accéder à un métier etc
    on assiste malgré tout à la même capitulation devant la soumission à ces croyances sexistes – les femmes continuent de capituler devant la notion de couple et surtout celle de l’élévage des enfants.

    Sur la totalité des femmes ingénieur du son et compositrices qui m’entourent depuis 15 ans, celles qui ont pu continuer a faire leur métier sans le sacrifier sont celles qui ne sont ni en couple ni mères …
    …. ça donne à réfléchir …
    Toutes les autres ont dù abandonner qq chose en cours de route : réorientation professionnelle avec des métiers « pour parer au plus préssé » donc salaires de merdes etc
    dévalorisation du niveau de vie etc – ou partage des tâches inégalitaire au sein du couple.

    Enfin bref ce que je veux dire par là, ces filles là ne seront jamais » comptabilisés », elles sont maintenant hors jeu, et pour celles qui restent en lice … on va dire 2% … (ehoué le couperet est sans pitié) … la visibilité est quasi nulle …
    Aux derniers Qwartz awards – je discutais après la cérémonie avec qq personnes – et pour tout le monde présent en 2008 – est ressorti la même phrase que celle de mon prof il y a 20 ans : les filles qui composent en electro ça n’existe pas ….
    Dramatique
    Alors que si … elles sont bien là – elles ont été là – elles sont toujours là – mais la putain de croyance a la dent dure …

    Et c’est là ou je vais revenir a la manipulation du langage – le langage a articulé tout un tas de croyances – ce qui nous « tue » en politique et en religion depuis des lustres – c’est de croire … c’est la croyance.
    Il faut arrêter de croire pour se libérer …


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