22/07/2008

« L’oppresseur n’entend pas ce que dit son opprimé comme un langage mais comme un bruit. C’est dans la définition de l’oppression. […]

L’oppresseur qui fait le louable effort d’écouter (libéral intellectuel) n’entend pas mieux.

Car même lorsque les mots sont communs, les connotations sont différentes.

C’est ainsi que de nombreux mots ont pour l’oppresseur une connotation-jouissance, et pour l’opprimé une connotation-souffrance. […]

Allez donc causer sur ces bases. »

Christiane Rochefort

cité in Mathieu, NC, (1991), L’anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Paris, Coté-Femmes

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7 Réponses to “”

  1. wildo Says:

    Le désir de contrôle, n’est ce pas ce qui caractérise l’opresseur ?
    Appliquer sa seule loi et l’imposer à l’autre, n’est ce pas ce qui le caractérise encore ? Ne pas être à l’écoute, ni en empathie avec sa victime, échafauder la relation sur des montages pervers, transformer l’autre lentement en objet … Jouer sur les mots, les connoter différement à la volée …
    Le nombre de femmes que j’ai croisées et qui appliquent à la lettre ce genre de comportement dans leur relationnel hétéro ou homo j’en connais qq unes …
    Est ce une façon d’affirmer sa virilité ?
    Ou est ce une façon de metter en place un système de défense imparable. De protection exacerbée …
    De quoi se protègent donc les femmes et les hommes qui ont recours a ces stratégies ?

  2. macdougal Says:

    Ils ne se protègent pas , ils veulent le pouvoir. Quand on rentre en empathie avec une personne on n’est plus en situation de pouvoir.
    Les petites filles sont bien formatées dés l’échograhie, pourrait -on dire, à écouter, comprendre et les garçons à s’activer.
    Les filles comprennent, excusent leurs copains, leurs frères , leur mari, un temps, puis leurs fils, surtout leurs fils.
    Les hommes de gauche parce qu’ils ont lu quelques livres sur le genre , suivi quelques cours sur le genre, expliquent le féminisme aux femmes, pérorent, très sûrs d’eux sur le web mais ils n’écoutent toujours pas,ils ne tiennent pas à lâcher leur pouvoir, pour la plupart ils perpétuent le comportement de leurs pères dans une époque différente.
    Oui il n’y a pas eu de réflexion sur la maternité, c’est grave , parce que le féminisme ne se transmet pas dans le biberon et on recommence toujours pas à zéro mais pas loin.

  3. wildo Says:

    « Quand on rentre en empathie avec une personne on n’est plus en situation de pouvoir. »

    oui, ou alors il s’agit d’un autre genre de pouvoir, une capacité d’ouverture, d’échange, de construction etc

  4. wildo Says:

    Il y a une phrase de Brian Eno que j’aime beaucoup et qui dit « l’empathie va de pair avec l’imagination », en gros savoir se mettre à la place de l’autre, mais comment se mettre correctement à sa place si ce que nous sommes est à 99% non communicable (Huxley en parle très bien …) … c’est le genre de truc qui me taraude : le brouillage de la transmission des pensées, de l’expérience, en qq sorte ;-)

  5. Lory Says:

    « Les hommes de gauche parce qu’ils ont lu quelques livres sur le genre , suivi quelques cours sur le genre, expliquent le féminisme aux femmes, pérorent, très sûrs d’eux sur le web mais ils n’écoutent toujours pas,ils ne tiennent pas à lâcher leur pouvoir, pour la plupart ils perpétuent le comportement de leurs pères dans une époque différente. » dit Macdougal.

    C’est à graver dans le marbre. Et c’est bien ce qui est désespérant. De la droite, on sait bien qu’il n’y a rien à attendre, et cela ne surprend donc pas. Venant de la gauche, et qui plus est dite « radicale »… on en revient à l’article précédent: Marie Trintignant illustre très bien le féminisme expliqué aux femmes par les hommes appartenant à la gauche radicale.

  6. wildo Says:

    Tiens une petite phrase de Cyrulnik sur laquelle je viens de tomber par hasard : « le bonheur d’être raciste (je rajoute sexiste) nécessite de ne pas se mettre à la place de l’autre et de se soumettre à un récit mythique appellé « mémoire collective » …

    Plus loin il dit encore : « un sentiment d’appartenenace est bien moins exaltant quand la culpabilité nous empêche de rire de l’autre, de l’écraser ou de l’éliminer »

  7. macdougal Says:

    Dans les comportements dominants/dominées on peut remarquer que les hommes se moquent des femmes, c’est de l’humour qui se veut sympathique,bien sûr, et on sait ce qu’il vaut, par contre les femmes se moquent d’elles-mêmes et font rire à leurs dépens.


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