Culpabilité personnelle et responsabilité collective:Le meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat comme aboutissement d’un processus collectif.

22/07/2008

par léo thiers-vidal

sur http://1libertaire.free.fr/LeoThiersVidal05.html

Origine : http://www.antipatriarcat.org/hcp/section.php?section=biblio&id=1015

Présentation dans le cadre du Colloque Marx IV – 01/10/04 – Matin, Section  » Genre et rapports sociaux  » (Nouvelles Questions Féministes)

Lorsque, le 27 juillet 2003, Bertrand Cantat a décidé de frapper – à mort – Marie Trintignant, il a engagé sa responsabilité individuelle pour les conséquences de ses actes – quels que puissent être ensuite ses discours de déni, de reconnaissance partielle, de projection de responsabilité ou de pleine reconnaissance et éventuelle demande de pardon. Si cette dimension subjective, individuelle de la reconnaissance de culpabilité peut être importante pour les personnes proches de Marie Trintignant et la façon dont celles-ci pourront vivre ce meurtre, elle n’évacue évidemment ni la culpabilité individuelle de Cantat, ni la dimension de responsabilité collective pour ce meurtre. J’entends par responsabilité collective le fait que les actes de Cantat peuvent évidemment être analysés comme reflétant son investissement dans la masculinité hétérosexuelle – c’est-à-dire l’investissement subjectif par un humain d’un certain registre de pratiques de soi et des autres, sources de bénéfices structurels considérables. Les actes de Cantat révèlent ainsi le degré de résistance et/ou de complaisance que celui-ci a au préalable développé face à cette socialisation masculine héterosexuelle. Plus spécifiquement, les actes de Cantat peuvent également être analysés comme le produit d’une socialisation masculine spécifiquement de gauche radicale. Et c’est en tant que pratique d’une masculinité hétérosexuelle engagée à gauche que les actes de Cantat peuvent collectivement interroger les hommes hétérosexuels de la gauche radicale.

Lorsque, en tant qu’homme hétérosexuel engagé à gauche, on commence à s’intéresser aux rapports sociaux de sexe – en particulier à travers la grille d’analyse féministe radicale – on est très rapidement confronté à l’absence d’une pratique de la responsabilité individuelle et/ou collective au sein de la gauche radicale. La socialisation de gauche implique souvent une projection de ce qui pose problème dans un autre abstrait – le système capitaliste, l’Etat, les multinationales – ou dans un autre concret – les patrons, les politiciens, les policiers. La rencontre avec le féminisme donne alors souvent lieu à une intégration de le critique féministe selon ce même mode : l’autre abstrait devient le système patriarcal, la socialisation genrée, l’autre concret, les machos, les violeurs. Cette culture politique désincarnée empêche alors souvent ces hommes de jeter un regard politique sur leurs propres pratiques, sur celles au sein de leurs propres collectifs ou organisations et sur celles au sein de leurs vies personnelles. Or cette culture politique désincarnée a une fonction politique précise : le maintien d’une culture politique masculine, c’est-à-dire servant les intérêts et les subjectivités des hommes hétérosexuels de gauche. Cette masculinisation de l’engagement de gauche est donc simultanément une hétérosexualisation : les représentations et pratiques prédominantes de la gauche radicale n’interrogent pas l’organisation hétérosexuelle des rapports sociaux et reconduisent la distinction classique entre vie privée et vie publique. Cette culture politique contribue donc à produire une masculinité hétérosexuelle qui ne s’interroge pas, qui ne doute pas de soi et surtout qui ne tolère pas le fait d’être interrogé par des membres de groupes sociaux subordonnés sur ce qui pose problème dans ses actes, autant au sein de la sphère privée que publique.

L’absence d’une culture de responsabilité, de retours politiques critiques sur soi – ses pratiques, ses émotions, ses désirs, ses objectifs – toujours justifiée au nom d’une cause considérée seule politiquement légitime permet, entre autres, à ces hommes de construire un sentiment moral de puissance, d’intégrité, d’authenticité individuelles devenues synonymes de capacité à agir politiquement sur le monde. Or c’est précisément parce que l’interrogation féministe – en particulier sur le mode  » le privé est politique  » – bloque ce sentiment moral d’intégrité et d’authenticité, et qu’elle introduit une perception contradictoire de soi comme entre autres négatif, destructeur, violent et égoïste… que les hommes de gauche refusent majoritairement une lecture politique incarnée des rapports sociaux de sexe. S’intégrer soi à cette lecture comme faisant profondément et structurellement partie du problème semble être vécu comme incompatible avec l’engagement politique radical : on ne pourrait et faire parti du problème et vouloir contribuer à sa résolution. Adopter une perception de soi qui est négative et positive et qui oblige avant tout à déplacer la question vers les pratiques et leurs conséquences politiques sur la vie des autres semble alors devenir synonyme de psychologisation, de dépolitisation, de culture chrétienne/stalinienne de culpabilité – ce qui est paradoxal puisque cette culture de l’irresponsabilité sert précisément à sauvegarder un sentiment moral d’intégrité et d’authenticité.

L’analyse féministe des rapports sociaux de sexe invite en effet les hommes à se percevoir comme faisant profondément parti du problème, comme constituant un obstacle structurel à une société égalitaire. Elle invite les hommes à se percevoir non tant comme des individus mais avant tout comme des membres d’un groupe social, grandement dépourvus d’individualité. La réaction masculine courante à l’interrogation féministe consiste alors à dire :  » Oui, mais moi je suis différent. D’ailleurs, je l’ai demandé à ma copine, et moi je ne suis pas comme ça. Je vous l’assure, je fais bien la vaisselle « . Un enjeu central d’une lecture anti-masculiniste incarnée des rapports sociaux de sexe consiste alors, à mon avis, bien au contraire à se dire  » J’ai beaucoup plus de choses en commun avec Bertrand Cantat que de différent. Les actes meurtriers de Cantat en disent beaucoup plus sur ma façon de vivre et d’agir que je ne veux bien reconnaître « . C’est en effet lorsqu’ils acceptent de se percevoir comme partie intégrante d’une réalité sociologique oppressive que les hommes de gauche peuvent commencer – à l’aide des analyses féministes – à interroger cette réalité depuis leur position vécue, puis à transformer leur façon d’agir et celle de leurs pairs. Il s’agit donc de relire leur vécu et leurs pratiques à travers l’hypothèse que ceux-ci relèvent plus souvent de l’oppression que non plutôt que d’effectuer une telle relecture en postulant une rupture qualitative avec  » les machos « .

C’est entre autre dans ce sens qu’un collectif de féministes participant à un séminaire international sur le genre à Budapest en 1997, avaient refusé comme réponse unique l’exclusion d’un homme qui avait violé une femme pendant ce séminaire : elles demandaient à tous les hommes présents de relire leurs comportements et vécus en postulant cette continuité oppressive, refusant ainsi que le  » problème patriarcal  » soit projeté de façon déresponsabilisante sur l’homme violeur. Elles exigeaient que les hommes – en tant que membres d’un groupe social – effectuent un travail critique personnel et collectif sur leur propre participation à l’oppression des femmes et rendent concrètement accessibles – c’est-à-dire par écrit – les retours critiques sur leurs propres comportements et ce qui avait selon eux rendu possible ce viol. Si cette dynamique critique avait partiellement eu lieu – et uniquement de par la demande répétée de la part de ces féministes – elle avait surtout confirmé l’absence de culture critique chez les hommes de la gauche radicale, même  » antisexistes « . En France, c’est également l’absence voire le refus collectif de retour critique sur la masculinité hétérosexuelle de gauche radicale qui avait renforcé une décalage politique genrée lors d’un camping anti-patriarcal en 1995 au sein de la gauche libertaire, d’ailleurs également marqué par des violences masculines contre des participantes.

Il semble donc que ce refus masculin et/ou cette incapacité masculine à développer un regard critique sur les pratiques oppressives vis-à-vis des femmes fassent partie intégrante d’une culture politique de gauche associant automatiquement ce type de travail politique à une pratique stalinienne et/ou chrétienne de culpabilité. La difficulté actuelle de penser la façon dont le  » je  » masculin hétérosexuel est pleinement structuré par un  » nous  » oppressif peut, à mon avis, être éclairée à travers les notions de culpabilité personnelle et responsabilité collective. Cette démarche est inspirée d’une conférence donnée par la philosophe féministe Serbe Dasa Duhacek sur la notion de responsabilité collective dans le contexte de l’ex-Yougoslavie, et ce à partir du travail théorique de Hannah Arendt.

Selon Arendt, la notion non-politique de culpabilité s’applique à des personnes et est fonction directe de leurs actes : dans ce sens, Bertrand Cantat est seul coupable de ses actes meurtriers – au sens légal et moral. La notion de responsabilité collective, par contre, fait référence à un registre politique et est fonction de l’appartenance à une communauté sociopolitique. Ce qui distingue la responsabilité collective, c’est le fait que celle-ci est indirecte (vicarious) et involontaire : elle concerne donc des choses que la personne citoyenne n’a pas faite elle-même et elle résulte d’une appartenance non-choisie (au sens plein du terme) à une communauté politique. L’idée d’une responsabilité collective peut alors être comprise comme l’obligation politique d’appréhender les charges autant que les bénéfices liés à l’appartenance à un groupe sociopolitique précis. Pour citer Arendt 1 :  » This vicarious responsibility for things we have not done, this taking upon ourselves the consequences for things we are entirely innocent of, is the price we pay for the fact that we live our lives not by ourselves but among our fellow men, and that the faculty of action, which, after all, is the political faculty par excellence, can be actualised only in one of the many and manifold forms of community  » (1987: 50).

Or une des résistances récurrentes à cette notion de responsabilité collective provient paradoxalement du fait qu’elle n’est pas entendue comme notion politique mais comme notion morale : ceux-la même qui rejettent le travail politique féministe en agitant l’épouvantail de la culpabilité chrétienne et/ou stalinienne, refusent de voir la façon dont leur position vécue et leur pouvoir d’action sont sociologiquement fonction de leur appartenance à un groupe social. De nouveau, la vision désincarnée règne : si les hommes hétérosexuels de la gauche radicale sont généralement bien obligés de reconnaître les privilèges structurels de genre dont ils bénéficient, ils refusent de voir non seulement la façon dont eux-mêmes participent à cette reproduction de l’inégalité de genre mais également la façon dont ces privilèges sont une production collective de la part de leur groupe sociopolitique – préférant maintenir leur attachement à un sentiment moral d’intégrité.

Or lorsqu’on tente de développer un regard critique anti-masculiniste sur sa position vécue et ses actes, de nouveau la distinction entre culpabilité personnelle et responsabilité collective est pertinente. Si la grille de lecture féministe permet d’identifier les actes pour lesquels la responsabilité personnelle et directe est bien en jeu comme l’exploitation domestique, les violences physiques et sexuelles ou l’instrumentalisation des femmes… elle accentue également la dimension collective, institutionnelle et structurelle des rapports sociaux de sexe, c’est-à-dire ce en quoi l’appartenance sociopolitique à la masculinité hétérosexuelle peut être lue comme une absence d’individualité. Et la dimension politique de la responsabilité collective permet alors de ne pas penser ce dernier registre en terme de culpabilité collective – ce qui donne lieu à des sentiments moraux foncièrement axés sur soi-même donc non politiques – mais comme exigeant justement  » une transcendance de l’état subjectif individuel « , un décentrement de soi vers les autres qui passe avant tout par l’action politique, dans la sphère privée et publique.

Développer un regard politique sur la responsabilité collective corrélée à l’appartenance à la masculinité hétérosexuelle implique donc avant tout de s’intéresser au monde où les actes sont commis et aux conséquences de ces actes pour les humains n’appartenant pas à ce groupe sociopolitique – et non de s’arc-bouter sur un sentiment moral d’intégrité et d’authenticité. Il implique d’agir aujourd’hui sur les conditions qui ont rendu possible la décision de Bertrand Cantat de porter des coups meurtriers contre Marie Trintignant, en particulier les conditions liées à son appartenance à la gauche radicale. C’est dans ce sens qu’il est à mon avis possible de parler du meurtre de Marie Trintignant comme étant également un aboutissement d’un processus collectif impliquant une responsabilité collective spécifique.
Notes 1- ‘Collective Responsibility’ [1969] in James Bernauer (ed.) Amor Mundi: Explorations in the Faith and Thought of Hannah Arendt, (Dordrecht: Martinus Nijhoff, 1987).

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18 Réponses to “Culpabilité personnelle et responsabilité collective:Le meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat comme aboutissement d’un processus collectif.”

  1. Lory Says:

    Allez donc voir le comportement de la « gauche radicale » sur Rue 89 qui en offre une excellente illustration.

    Un des derniers articles sur les femmes: une « tribune » de… Jean Gabart. (un masculiniste, comme vous le savez certainement)

    Les commentateurs des articles? D’un sexisme qui n’a rien à envier à la droite. Les propos antiféministes y sont ordinaires. Ils se disent meme féministes! C’en serait meme à mourir de rire si ce n’était triste à pleurer. De la part de gens prétendant lutter contre le racisme c’en est meme… renversant. Pour eux, le sexisme est une arme pour le combattre. Interessant non? Un peu comme le droit à la vie défendu par les pro-life, pour faire une comparaison significative. Tous philo-musulmans, évidemment.

    Ce qui est arrivé à Marie Trintignant n’a rien d’étonnant. C’est meme la quintessence de l’attitude de la gauche radicale face au féminisme et aux femmes en général.

  2. Bisbille 101 Says:

    La récupération d’événement tragique pour nourrir la machine de propagande fémifasciste n’a rien de nouveau. Quelqu’un a-t-il déjà entendu parler de Laurie Dean? Il n’y a pourtant jamais eu de grande messe médiatique pour célébrer le meurtre de gamins dans une école primaire par une femme manifestement émule de la criminelle Valérie Solenas, auteure de l’évangile du mensonge féministe, un texte davantage haineux que Mein Kampft…

  3. anatheme Says:

    Il règne, au sein du mouvement féministe, une obstination à ne pas comprendre qui commence à me paraître suspecte.

    Résumons. L’homme est l’oppresseur. La femme est l’opprimée. L’un est violent, l’autre est violentée. À partir de là, le féminisme construit toutes sortes de théorisations sur la violence faite aux femmes. L’angle d’approche a-t-il déjà changé ? Si oui, il me presse qu’on m’en informe.

    Lorsqu’il est question d’intégrer les hommes dans le discours sur la violence conjugale, c’est pour les intimer de militer eux-mêmes contre leur propre violence. Fournir des services aux hommes en difficulté ? Oui… mais pour traiter leur violence. Remettre en question la dynamique du couple pour mieux découvrir les souches de la violence ? Oui… en invitant les hommes à rejeter leur « endoctrinement à la masculinité ».

    On parle, on parle. De campagne en campagne, l’homme tient son rôle de bourreau absolu. La femme, celui de victime absolue. Y a-t-il amélioration ? Apparemment non. En tous cas, les subventions aux organismes pour « femmes violentées » ne semblent pas se raréfier.

    Chez les trotskystes déçus, on avait l’habitude de dire que si le communisme avait échoué, c’est qu’on n’avait pas été assez loin dans le communisme.

    Je vous laisse faire les adaptations nécessaires à votre propre cas.

    Mais un dernier souhait : forts de votre pensée monolythique, puissiez-vous apprécier votre mur. Parce que vous n’avez pas fini de vous cogner dedans.

  4. Lory Says:

    Bein pour le moment et pour longtemps, c’est plutot vous qui venez-vous écraser comme un cafard sur ce site, que vous souillez par votre présence, Carabistrouille. Vous ne vous trouvez pas un tantinet ridicule? Moi si.

  5. anatheme Says:

    Chère Lory,

    D’abord, permettez-moi de rappeler que j’ignore qui est Carabistrouille, ne sachant qu’une chose à son sujet : ce n’est pas moi. Si j’ai bien compris, il s’agirait de « Bisbille » ? Qu’importe : si c’est le cas, ses propos lui appartiennent. Je crois qu’il les assume et, en revanche, je vous assure que j’assume les miens.

    Cela dit, permettez-moi une suggestion tout à fait désintéressée, pour vous soulager de la présence de ridicules cafards venus s’écraser dans votre séance privée d’autocongratulation : Restreignez l’accès à votre site, avec un mot de passe, ou quelque chose du genre. Ou tiens, comme pour les sites destinés aux adultes :

    « Mise en garde : Ce site contient des propos qui pourraient provoquer une réaction chez certains individus. Pour accéder à ce site, veuillez confirmer votre refus d’exercer votre sens critique et votre volonté d’accepter sans réserve l’ensemble de son contenu ».

    Voilà. Mais vous ne le ferez pas, alors n’en parlons plus.

    Enfin, merci pour votre argumentaire bien appuyé. Ce fut enrichissant d’en prendre connaissance.

  6. Lory Says:

    Vous ressemblez comme un frère à Bisbille, il est donc normal qu’on vous confonde.Les différentes intervenantes ne sont pas toujours d’accord entre elles, mais ce qui est certain est que ce site sert sert de référence et de point de rencontre pour discuter à de nombreuses femmes, féministes. Et il sert également à nous donner la capacité de nous défendre de gens comme vous et Bisbille, donc des misogynes, des machos et des masculinistes. Nous ne sommes pas là pour vous « enrichir » ni satisfaire vos prétentions en vous servant des argumentaires sur mesure; discuter avec vous n’a aucun intéret.

  7. anatheme Says:

    Lory, en me décrivant vous avez oublié : fasciste d’extrême-droite, raciste, xénophobe et homophobe. Mais je vous pardonne, je suppose que vous preniez un raccourci.

    Pour moi, l’égalité de droit est nécessaire; je suis le premier à la défendre. Et dans les faits, mes interactions avec les femmes sont teintées de respect, de complicité lorsque cela est possible et de professionnalisme dans le cadre de ma carrière. Ayant siégé sur plusieurs conseils d’administration, le sexe de mes interlocuteurs(trices) ne m’a jamais importé et à quelques reprises, ce furent des femmes qui comblèrent mon poste à la fin de mes mandats. Des femmes dont je défendais la candidature, non parce qu’elles étaient femmes, mais bien parce qu’elles étaient les mieux placées pour me remplacer.

    Ainsi en va-t-il de ma vie de couple. Chez moi, tous savent cuisiner. Et je suis même tellement ordonné que ma copine se plaint moqueusement du temps que je consacre à ranger. Alors pour le machisme, on repassera.

    Quand je regarde autour de moi, je me sens représentatif de ma génération. En fac de droit, où j’étudie, 65% de femmes côtoient 35% d’hommes sans la moindre animosité. Et je n’entretiens aucun doute sur les chances de succès professionnel de mes collègues féminines.

    Que demander de plus ? Si les féministes souhaitaient se mettre à table pour élaborer des solutions concrètes, possiblement légales, à la conciliation travail-famille, j’en serais. Mais ce qu’on nous demande, c’est d’accepter des mesures de compensation pour instaurer des parités obligatoire, nouveau sexisme institutionnalisé. Ce qu’on nous impose, c’est d’accepter une théorie de la lutte de classes, où l’homme est nécessairement bourgeois et la femme prolétaire. Or, rien n’est moins égal que deux hommes entre eux! C’est vrai maintenant et ce le fut historiquement. Je doute que vous apprécieriez être l’égale de mon grand-père…

    Mais avec les sommes considérables que consacrent nos gouvernants à instaurer des programmes d’ « accès à l’égalité », voilà que s’introduisent de nouvelles distorsions, officiellement au désavantage de n’importe quel homme et au profit de n’importe quelle femme.

    Si vous étiez un homme, Lory, comment réagiriez-vous ? Comment réagiriez-vous si un organisme officiel (ici, le Conseil du statut de la femme) utilisait les deniers publics pour démoniser votre genre et financer de grandes campagnes publicitaires où les hommes sont dépeints comme des violeurs absolus et des batteurs de femmes ? Si vos élus refusaient de financer des services pour les hommes en difficulté et les décrocheurs scolaires (immense majorité masculine), s’acharnaient à repousser votre vision de la violence conjugale, vous enjoignait de « désexualiser vos comportements » ?

    En choisissant de nommer « masculinisme » tout ce qui déborde le cadre de votre pensée, vous créez vous-mêmes des équipes adverses. Guerre délétère fondée sur une division factice.

    Ne faites pas semblant d’être surprise lorsque le « clan adverse » lève son bouclier.

  8. wildo Says:

    « Ainsi en va-t-il de ma vie de couple. Chez moi, tous savent cuisiner. Et je suis même tellement ordonné que ma copine se plaint moqueusement du temps que je consacre à ranger. Alors pour le machisme, on repassera. »

    c’est mignon tout plein ça … repasser sa chemise et ranger ses affaires, oui c’est les premières choses que les jeunes apprennent – normalement – pour devenir un peu autonome. Pas de quoi pavoiser donc, encore moins mettre ça sur de l’anti-machisme ou que sais-je encore.
    Ranger ses affaires n’empêche pas le sexisme.
    La preuve, la difficulté avec laquelle la notion de parité vous dérange, plus encore quand elle s’applique force loi, on sent nettement que ça vous la coupe.

  9. wildo Says:

    Les masculinistes sont vraiment des faux-culs …

  10. anatheme Says:

    Pour la parité, nous avons 2 choix :

    1) Que les femmes habiles et compétentes (et il n’en manque pas) fassent leur chemin à force de travail, comme les hommes l’ont toujours fait. Mon expérience personnelle, en politique et en administration, me permet de croire que c’est possible aujourd’hui plus que jamais. (À ce sujet, le fait qu’il n’y ait eu que des hommes pendant longtemps semble vous confondre et vous amener à croire que TOUS les hommes y avaient un accès égal. Bien sûr, des « pommes pourries » passaient les mailles du filet. C’est le phénomène de la cooptation. La cooptation – ou le favoritisme – est aussi probable et nuisible entre hommes qu’entre femmes).

    2) Imposer la parité par la loi. Conséquence : quand le quota est atteint, il faut écarter une candidature STRICTEMENT ET UNIQUEMENT en raison du sexe. Même si l’intention qui sous-tend cette mesure n’est pas sexiste, ses impacts le sont.

    En somme, le joug du genre ne s’est jamais tant imposé que sous des lois obligeant la parité.

    C’est tout.

  11. wildo Says:

    Si l’instauration de la parité est nécessaire c’est bien parce que le mouvement naturel de cooptation selon les aptitudes fonctionne très mal.
    Justement prenons comme exemple les administrateurs : en France les admin du CAC 40 sont squattés par le réseau de Polytechnique, les X … ce réseau ne fait aucune cooptation verticale. Donc aucune chance pour une femme de grever le plafond de verre vers l’admin par évolution de carrière. Il faudra donc qu’elle fasse X et dans X elles ne sont que 20% à se présenter … et c’est dans votre joli pays qu’un recalé de polytechnique a fait un massacre de masse en tuant de jeunes femmes éleves de polytechnique si je me souviens bien … voyez jusqu’ou la frustration du mâle peut conduire. qu’il soit psychotique n’excuse rien, les psychotiques hommes tuent très facilement des femmes,(les séries TV en font même des héros à longueur d’année ) alors qu’on ne remarque pas l’inverse de façon aussi flagrante … faudrait nous expliquer ça aussi quand vous aurez un peu de temps de cerveau dispo …

  12. anatheme Says:

    Mais la présidente du C.A. de Polytechnique n’est-elle pas elle-même une femme, dont la brillante carrière d’administratrice et chercheuse remonte à plus de 10 ans ?

    Ici au Québec, il faut aussi savoir que notre plus importante institution financière (le Mouvement des Caisses Desjardins) est présidée par une femme. Et les femmes sont majoritaires dans les facs de droit, de médecine et d’administration. Puisque c’est principalement de ces milieux qu’émanent les élites politiques administratives, il ne fait nul doute qu’une fois les générations passées à la retraite (=bientôt), une quantité impressionnante de femmes feront leur chemin.

    Au Québec du moins, cette progression est déjà bien enclenchée.

    Cela dit, le cas de la France est particulier. Je sais que vous n’y êtes personnellement pour rien, mais votre société est terriblement clivée… bien plus que la nôtre. Si vous êtes, en 2008, une femme issue du 16e arrondissement de Paris, vos chances d’actualiser votre plan de carrière sont nettement meilleures que pour n’importe quel homme originaire de Clichy-sous-Bois.

    Parenthèse sur Polytechnique 1989, puisque vous voulez vraiment en reparler. D’abord, je n’ai jamais vu ces films et téléséries où l’on ferait de psychopathes tueurs en série des « héros à longueur d’année ». De plus, la pathologie dont Marc Lépine était atteint est à la fois connue et documentée : le délire paranoïaque.

    Les patients souffrant de délire paranoïaque ont pour point commun d’élaborer une théorie extrêmement cohérente (en apparence) à propos de leur persécution. Cette certitude, qui devient obsession, se fixe sur certaines sources : les collègues (ex.: Valéry Fabrikant, autre cas connu au Québec), les communistes, le gouvernement (ex.: le caporal Lortie), les vedettes, les juifs, peu importe.

    Quant à savoir pourquoi les gestes d’éclat de psychotiques sont plus souvent attribuables à des hommes, demandez à un psychiatre.

  13. wildo Says:

    « Si vous êtes, en 2008, une femme issue du 16e arrondissement de Paris, vos chances d’actualiser votre plan de carrière sont nettement meilleures que pour n’importe quel homme originaire de Clichy-sous-Bois. »

    Cette phrase ne veut rien dire.

  14. jessie Says:

    les délires de schizophrènes ou autres ne sont pas des inventions : ils tirent leurs substance d’une structure, la structure culturelle et socio-historique d’une société, et comme la société est structurellement et socio-historiquement profondément misogyne, tout le monde est misogyne ….. même les féministes !!!!
    mais les féministes, de part leur conscience et leur lucidité, luttent contre leur propre misogynie …. pas toujours très efficacement d’ailleurs, elles restent et demeurent misogynes de façon profonde, mais au moins elles le savent et/ou le dénoncent

    nous sommes tous misogynes et à ce titre les meurtres de femmes, de malades mentaux ou autres, sont tous issus d’un processus collectif

  15. macdougal Says:

    Jessie, je ne suis pas d’accord avec ton syllogisme.

  16. mauvaiseherbe Says:

    “Si vous êtes, en 2008, une femme issue du 16e arrondissement de Paris, vos chances d’actualiser votre plan de carrière sont nettement meilleures que pour n’importe quel homme originaire de Clichy-sous-Bois.”

    Essayez de raisonner en inversant les deux dans ce cas précis: Homme du 16e face à une femme de Clichy sous bois par exemple. La différence est beaucoup plus criante (et plus honnête aussi)

    Je viens de parcourir rapidement l’ensemble de vos interventions à toutes et à tous, je prendrai le temps de relire ces échanges plus attentivement plus tard, mais très spontanément merci à chacune d’avoir vivement réagi face aux attaques clairement négationnistes de ces deux représentants masculinistes canadiens :-)

  17. mauvaiseherbe Says:

    « Imposer la parité par la loi. Conséquence : quand le quota est atteint, il faut écarter une candidature STRICTEMENT ET UNIQUEMENT en raison du sexe. Même si l’intention qui sous-tend cette mesure n’est pas sexiste, ses impacts le sont. »

    La parité est un moyen pas une fin. Maintenant vous semblez moins gêné par les impacts du système existant. Pouvez vous nous rappeler les chiffres concernant la faible représentation des femmes dans l’ensemble de nos instances dirigeantes par exemple? Vous préférez donc maintenir le système discriminatoire existant sous prétexte que cette loi visant à réduire ces inégalités, privilégierait le sexe au détriment des compétences. Vous ai-je bien compris?
    Considérez vous aujourd’hui, en 2008, que seule l’incompétence des femmes justifie leur si faible représentation?

  18. Bisbille 101 Says:

    La parité, c’est du sexisme répugnant qui implique le nivellement par le bas. Une discrimination demeure une discrimination, peu importe la couleur idéologique de ceux qui en font la promotion. En d’autres termes, la parité au travail encourage la promotion de la médiocrité et la société Québécoise contemporaine en est une illustration très probante.

    Autrement, le féminisme tel qu’il est pratiqué religieusement et sans le moindre discernement par des jeunes aveuglés par le discours idéologique déviant ne tolère aucune critique puisqu’il prétend posséder la définition de la vérité et quiconque ose s’élever contre la « vertu » est voué d’avance aux gémonies. Il ne s’agit rien de moins que du totalitarisme intellectuel que l’on croyait enfoui dans les poubelles de l’histoire depuis la deuxième guerre mondiale. Malheureusement, « ceux qui n’ont pas compris les leçons de l’histoire sont condamnés à la recommencer » dixit Santayana


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