Masculinisme: ressac identitaire patriarcal

23/07/2008

sur http://www.nefac.net/node/1810

Le 6 décembre dernier, on marquait le quinzième anniversaire de la tuerie de l’école Polytechnique de Montréal. Alors que parents, féministes et médias soulignent à chaque année depuis 1989 les meurtres prémédités de quatorze jeunes femmes (et de 13 autres blessées) par Marc Lépine, les motifs de ce dernier ont un tout autre écho chez certains groupes d’hommes, ici même au Québec.

À lire également: Qui sont les masculinistes?

En effet, le groupe L’Après-rupture a récemment traduit en français un plaidoyer pour la réhabilitation de Marc Lépine, publié par un certain Peter Douglas Zohrab. Ce dernier décrit Lépine comme un «activiste des droits de l’homme (quoique extrémiste)» et soutient que «non seulement Marc Lépine n’était pas sexiste, comme l’ont affirmé les médias [qu’il croit contrôlés par des féministes] mais il se battait contre le sexisme féministe»!

Que du délire? Certes! Mais malheureusement, ce discours anti-féministe est de plus en plus présent et influent au sein de la société. Ce discours témoigne de l’émergence d’un «mouvement» en réaction au changement social apporté par les luttes féministes. Ce «mouvement», de droite conservatrice, est ce que l’on appele le masculinisme.

Le masculinisme : une définition

D’abord, le masculisme est une perspective révisionniste. Il nie de façon entêté que les femmes vivent encore et toujours des inégalités. Selon les masculinistes, l’égalité entre les sexes a été réalisée par le féminisme et les femmes vivraient aujourd’hui dans des conditions identiques à peu de choses près à celles des hommes. Et il n’y aurait pas de quoi se réjouir, car le féminisme serait de ce fait «allé trop loin» et aurait renversé «les valeurs essentielles et fondamentales qui concernent la famille (La Presse, 24 octobre 1991)» (1).

Le discours masculiniste se façonne donc autour de la défense des rôles sociaux traditionnels entre les sexes. Il défend des divisions hommes-femmes calquées sur les stéréotypes sexuels et les justifient par un discours biologique sur la nature profonde (sic) de la virilité masculine. Ainsi, les masculinistes se défilent devant les faits terribles, par exemple, sur la violence conjugale, en disant qu’on n’y peut rien, que les hommes sont ainsi faits et que vouloir changer les comportements masculins (lire machistes et virils) est contre-nature. Le féminisme est donc une menace, car il remet en cause ce discours biologique et questionne la domination masculine. Mais pire encore, le mouvement féministe aurait dépassé les limites de l’équité et les hommes se retrouveraient aujourd’hui relégués au second rang.

Bien sûr, les masculinistes se gardent bien de parler des écarts de salaire toujours existant entre les hommes et les femmes, des ghettos d’emplois féminins, du partage inégal du travail domestique, de l’analphabétisme et de la pauvreté plus marquée chez les femmes et j’en passe. Alors sur quoi basent-ils leur discours?

Les hommes, ces victimes

D’une part, les masculinistes affirment que les hommes et les femmes se retrouvent aujourd’hui dans une situation d’égal à égal, une situation symétrique, c’est-à-dire que le pouvoir serait également partagé entre les hommes et les femmes. Ainsi, toute référence à des problèmes tel que la violence contre les femmes est replacé dans un cadre symétrique, à savoir qu’autant les hommes que les femmes s’agressent mutuellement et également. Alors qu’au Canada, par exemple, «98% des agressions sexuelles et 86% des crimes violents sont commis par des hommes (Johnson, 1996), que les femmes représentent 98% des victimes de violence conjugale sous forme d’agression sexuelle, d’enlèvement ou de prise d’otage (Fitzgerald, 1999), et où 80% des victimes de harcèlement criminel sont des femmes alors que 90% des personnes accusées sont des hommes (Kong, 1996), les masculinistes n’hésitent pas à avancer que les hommes subissent autant, voire plus de violences que les femmes, que les chiffres sont truqués» (2). Ce n’est, ni plus ni moins, que la négation de l’oppression spécifique des femmes.

D’autre part, cette situtation symétrique entre les hommes et les femmes inférioriserait les hommes et leur prêterait un statut de «victime» face aux femmes en général, qui bénéficieraient maintenant de «privilèges». Ainsi, depuis leur émancipation, les femmes auraient fait pression, disent-ils, pour que «les lois soient changées au détriment des hommes, et bien des hommes seraient accusés faussement de violence et d’abus, et privés injustement de leurs droits» (3). Les masculinistes affirment donc que les féministes exagèrent, qu’elles confondent l’agressivité naturelle des hommes avec la violence. D’après eux, «les hommes accusés de violence conjugale sont présumés coupables et deviennent les victimes d’un “véritable terrorisme judiciaire fondé sur le sexisme” (Le Devoir, 16 septembre, 2000)» (4).

L’anti-féminisme, pierre angulaire de leur programme politique

Le féminisme serait donc à l’origine de l’infériorisation des hommes et de leur déclassement social, le tout débutant au sein de la famille et se transportant dans d’autres domaines tels que l’éducation et le travail. Les masculinistes ne se gênent donc pas pour critiquer le mouvement féministe en affirmant qu’il a manqué à ses promesses d’égalité entre les sexes! Ils utilisent ainsi l’excuse de la défense des droits de l’homme pour lutter contre les droits des femmes. Les critiques qu’ils font du mouvement féministe tournent principalement autour de la féminisation du système scolaire, responsable des difficultés, des retards ou du décrochage scolaire chez les garçons, mais aussi autour de la paternité et de la garde des enfants. Voici brièvement quelques-uns de leurs arguments.

Le monde de l’éducation et du travail

Extrait de la bande dessinée «Les Vaginocrates» de Ferrand, l’un des principaux porte-parole du mouvement masculiniste.

Selon les masculinistes, le système scolaire ne serait plus adapté aux garçons, car les féministes y auraient dicté leurs lois et leur volonté. Ainsi, l’école aurait été dénudée de tout caractère masculin et n’aurait plus aucun intérêt pour les garçons qui s’y ennuient et y vivent des troubles d’apprentissage. De plus, le fait que le personnel enseignant y soit majoritairement féminin aurait une conséquence directe sur la non performance des garçons qui n’auraient pas de modèles masculins auxquels s’identifier. Mais pire encore, puisque les méthodes d’enseignement et les programmes féminisés ne correspondent pas à la «nature masculine», les garçons décrochent. En fait, affirment les masculinistes, les programmes scolaires décourageraient les jeunes hommes virils, mais seraient fait sur mesure pour les filles puisqu’elles sont naturellement dociles, conformistes et obéissantes.

Mais ce qui dérange le plus les masculinistes, c’est la bonne performance des filles à l’école. Par exemple, «si les garçons prennent du retard sur les filles à l’école, ce serait en partie parce qu’ils auraient tendance à considérer que la langue, l’écriture et la littérature sont des activités féminines. Mais au lieu de reconnaître là l’effet d’un stéréotype sexiste, les masculinistes rétorquent que les livres choisis par les enseignantes correspondent plus aux goûts des filles, et que les professeurs manquent d’équité dans la correction des travaux d’écriture» (5).

Enfin, parce que les filles réussissent (les masculinistes font la généralisation à tout le groupe de sexe), ce sont donc elles qui décrochent les meilleurs emplois. La féminisation du système scolaire est donc responsable du chômage chez les hommes! Les masculinistes affirment en effet que la présence des hommes sur le marché du travail n’a cessé de diminuer au Québec (de 75% à 70%) tandis que celle des femmes s’est maintenue (environ 54%). Bien sûr, ces derniers restent muets sur l’écart entre 54% et 70%. mais ils continuent d’utiliser leur discours victimisant d’hommes défavorisés aux profit des femmes à qui on aurait accordé trop d’attention et d’espace au cours des dernières décennies.

L’enfant

Les lois sur le divorce et la garde partagée des enfants ont été à la base de la création des groupes masculinistes. C’est sur cette base qu’ils ont ensuite développé leur discours sur la discrimination contre les pères, la victimisation des garçons par le système scolaire, etc. D’après eux, « les femmes auraient dépossédé les hommes de leur rôle parental et de leur rôle de pourvoyeur. Dans les cas de divorce et de séparation, le père serait privé de son droit de paternité pour ne devenir “qu’un géniteur et une machine à sous“, les mères s’acharnant à éloigner les enfants avec la complicité des juges (La Presse, 15 février 1995)» (6). Mais encore, ils s’opposent à l’avortement avec leur notion de droits à la reproduction des pères et prennent position contre l’homosexualité. Rien de moins que la défense pure et simple de la famille patriarcale et des valeurs conservatrices.

Et quoi d’autre?

Un autre thème traité par les masculi-nistes (nous en avons parlé plus haut) est la violence autour de laquelle ils ont développé des théories très controversées (principalement américaines) mais surtout incroyablement ridicules, soit le syndrome d’aliénation parentale, le syndrome de la mère malveillante, le syndrome des faux souvenirs et des fausses allégations. Toutes ces inventions pseudo-scientifiques leur servent à justifier et à revendiquer le droit des pères à l’inceste, le droit de garde ou à l’accès des enfants quoi qu’ils aient pu faire auparavant, le droit de ne pas payer de pensions alimentaires, le droit de violenter leur conjointe et de se voir offrir les services du CLSC plutôt qu’une peine de prison ou une perte de privilèges parentaux…(7) Serait-ce pertinent de rappeler ici que les militants masculinistes les plus actifs sont généralement des hommes étiquetés comme «hommes violents» et ayant souvent subis des peines judicaires?

Une offensive patriarcale

Un peu partout dans le monde, les groupes masculinistes pullulent et forment même, à certains endroits, de véritables lobbys qui tentent de convaincre les gens que le mouvement des femmes a créé un nouveau système social qui infériorise les hommes.

Ils tentent de faire croire que ce sont les femmes, individuellement et collectivement, qui sont la cause de tous les maux qui accablent les hommes, du décrochage scolaire à leur perte d’identité. Ils désirent donc, et proposent à cet effet, de revenir au modèle traditionnel de la famille pour que l’homme, le sexe «fort», y retrouve sa place dominante et naturelle. Ce ne serait qu’une simple question de droits…

Qu’ils soient en France, en Nouvelle-Zélande, en Australie ou ici au Québec, les groupes masculinistes occupent l’espace médiatique au maximum et sèment le doute. Ils utilisent abondamment internet, mais aussi la presse écrite. Partout, ils s’attachent à fournir un arsenal idéologique contre les acquis des femmes, des idées qui font leur chemin à même l’État, l’école, les tribunaux, les médias…

Les masculinistes en veulent aux différentes ressources et programmes consacrés aux femmes tels que les politiques contre le harcèlement sexuel, les maisons d’hébergement pour femmes violentées, la loi sur les pensions alimentaires, la loi sur la garde des enfants, la mixité scolaire, etc. Ils veulent un pendant masculin, comme des subventions pour les hommes violentés et en détresse psychologique, mais au lieu de demander l’argent d’un autre secteur, c’est spécifiquement celui accordé aux femmes qu’ils revendiquent pour eux (comme si la souffrance des hommes était plus noble que celle des femmes). À cet effet, le groupe masculiniste L’Après-rupture a publié la liste de tous les codes postaux des Maisons d’hébergement pour femmes, accompagné du montant des subventions qu’elles avaient reçues pour démontrer l’horreur du complot féministe. Cela relève d’un profond mépris pour les femmes quand on sait que les ressources accordées à celles-ci ne répondent même pas à la demande. Nous n’avons qu’à penser aux maisons d’hébergement qui sont largement débordées…

Les groupes masculinistes n’ont donc aucune réflexion propre et leur cadre d’analyse s’inspire de la méconnaissance et de la haine. Ils en veulent aux femmes, mais surtout, aux féministes qui ne sont pour eux que des «vaginocrates», des «féminazies» ou encore des «féminihilistes» ou des «fémino-centristes» (8). Depuis 10 ans, leur discours s’est développé et s’est outillé de nouveaux arguments (pseudo-théories, fausses statistiques, «syndromes» pré-fabriqués) pour justifier la fameuse souffrance des hommes causée par le féminisme. Tout ça pour défendre, avec nostalgie, les rapports traditionnels entre les sexes pour que l’homme retrouve sa place dominante qu’il occupait jadis.

Il est clair que l’émergence du discours masculiniste relève, dans un contexte de la montée de la droite et de l’extrême droite, de la volonté de revenir à des valeurs conservatrices, à une société patriarcale traditionnelle. Il s’agit donc d’une menace pour les femmes auxquelles on désire diminuer, voire enlever, leurs droits.

Enfin, depuis la tuerie en 1989 à l’École polytechnique de Montréal, pas moins de 593 femmes et 172 enfants ont été tuéEs par des hommes (ou des inconnus) au Québec. Et il s’inscrit une hausse régulière des meurtres de femmes commis par un conjoint, ex-conjoint ou partenaire sexuel dans le décompte total des décès féminins. Cette proportion est passée de 37% en 1989 à 73% en 2004 (9). L’oppression des femmes est donc toujours bien réelle et la lutte anti-patriarcale demeure plus que jamais d’actualité.

E. Morraletat

Notes :

1. La stratégie masculiniste, une offensive contre le féminisme, Pierrette Bouchard, 1er avril 2003,

2. Le discours masculiniste dans les forums de discussions, Natacha Ordioni, 27 décembre 2002,

3. op. cit., Pierrette Bouchard.

4. op. cit., Pierrette Bouchard.

5. Les arguments du discours masculinistes,2003,

6. op. cit., Pierrette Bouchard.

7. Face au machisme et au masculinisme : l’expérience du Collectif masculin contre le sexisme, Martin Dufresne, Collectif masculin contre le sexisme, 3 juin 2004,

8. op. cit., Pierrette Bouchard.

9. 765 femmes et enfants tuéEs depuis le 6 décembre 1989; 15 ans après l’attentat terroriste de l’École polytechnique, la violence sexiste continue, Collectif masculin contre le sexisme, 19 novembre 2004, http://www.antipatriarcat.org/cmcs

lire aussi  La percée de la mouvance masculiniste en Occident

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32 Réponses to “Masculinisme: ressac identitaire patriarcal”

  1. Lory Says:

    « vaginocrate » je me suis fait traiter de ça il n’y a pas longtemps sur « Rue 89 ».
    Il n’y a pas qu’à droite que le backlash masculiniste est opératif. A gauche aussi y compris dans ce qui se proclame « la gauche de la gauche ».

    J’ai déjà signalé une « tribune » signée par un masculiniste notoire publiée récemment sur ce média. Aujourdhui vous y trouverez de la promo rédactionnelle pour un site genre entre Meetic et Les putes
    (http://www.rue89.com/rue69/sur-adopteunmeccom-ce-sont-les-filles-qui-invitent-les-garcons)
    Une « féministe bovésienne » trouve meme que bein oui quoi, il faut voir ça avec de la « distance humoristique ».

    Enfin les « féministes bovésiennes », c’est pro-voile et Cie, je ne vais pas vous l’apprendre.

  2. Bisbille 101 Says:

    C’est le chant du cygne pour cette idéologie fémisexiste. Les dommages causés dans la société par cette forme d’extrémiste, du fémifascisme en clair, sont suffisamment importants pour que cesse cette folie. À défaut de quoi, nous courrons vers le mur du chaos.

  3. wildo Says:

    je vais te faire bouffer le scum manifesto … tu m’en diras des nouvelles … 8)

  4. macdougal Says:

    Après des siècles d’oppression les féministes sont incassables.
    On espère bien courir vers un autre monde où les fossiles masculinistes n’ont plus leur place.

  5. Bisbille 101 Says:

    Disons plutôt qu’elles sont inclassables dans leur mensonges, comme tout autre idéologie totalitaire.
    Voir Petite histoire d’un gros mensonge pour les sceptiques…

    http://bisbille101.blogspot.com/2007/09/petite-histoire-dun-gros-mensonge.html#links

  6. Lory Says:

    « Femisexisme », « femifascisme », il a oublié « feminazisme » le monsieur bisbille là.

    encore un qui ne sait pas meme ce que « facisme » veut dire; Mussolini n’était pas précisément féministe, on peut meme dire que le patriarcat est une forme de facisme.

    Le féminisme ne fait pas courir le monde vers le chaos bien au contraire, le patriarcat et l’ultra-libéralisme qui en est une des facettes, oui.

    Quel peigne-cul celui-là…

  7. Bisbille 101 Says:

    La pensée magique et la propagande mensongère sont les 2 atouts du fémifascisme. Regardez l’état de notre société : vous contemplez 30 ans de mensonge féministe et de manipulation de masse. Hitler procédait de la même façon…

  8. Lory Says:

    Mais qu’est-ce que c’est que ce malade? Enfin cet illuminé, d’ailleurs c’est la meme chose.

    Hey, ici vous n’etes ni chez les mormons, ni chez les adventistes du jour d’après ou du jour d’avant, réveillez-vous vous et allez vous faire soigner au lieu de débiter vos aneries. Nous de votre sottisier eschatologique on en a strictement rien à faire, ça fait des millénaires que pour nous le jugement dernier c’est tous les jours à l’heure de la vaisselle et justement on en a marre, on a déjà donné et on a été mal payées de retour, toujours perdantes, c’est vous dire si on se tamponne de vos admonestations avec un haussement d’épaule en prime, le futur pour nous ne peut pas etre pire que le passé, il ne peut qu’etre meilleur. Alors retournez d’où vous venez avec vos billevesées et ne revenez pas nous casser les pieds.

  9. Bisbille 101 Says:

    Vous ne réalisez pas à quel point votre cerveau est lessivé par la propagande absurde qui inonde les médias de masse. C’est vrai qu’avec des mentors de la trempe de Dupuis-Déry, vous ne risquez guère d’apprendre à penser de manière autonome. Son dernier brulot est d’ailleurs certainement la meilleure chose qui pouvait arriver pour discréditer définitivement ces espèces d’énergumènes de tout acabit qui adhèrent à l’évangile fémisexiste. Je vous recommande fortement la lecture de JF Trottier. Vous y trouverez matière à réflexion.

  10. wildo Says:

    oulala c’est du lourd … je vais me coucher, baille, baille …

  11. anatheme Says:

    Et quoi encore ? Un article immense pour dénoncer ces « masculinistes haîneux » qui, dans les faits, tiendraient dans une pièce. Trois coups de canon pour tuer une mouche.

    Car ce masculinisme haîneux, extrémiste, anti-femmes, est une vue de l’esprit. Des admirateurs de Lépine, des nostalgiques de la juge à la mi-mollet, on en dénonce mille fois plus qu’on en rencontre.

    Ce qui existe vraiment, par contre, ce sont ces hommes qui, de façon croissante, font preuve d’esprit critique face à ce qui semble être devenu une doxa féministe.

    Non, le féminisme n’est pas qu’idéologie sectaire. Le féminisme ordinaire, vécu individuellement, n’est en rien condamnable. Mais le féminisme constitué en establishment – celui qui nourrit organismes communautaires, organes étatiques et chaires de recherche universitaires – ce féminisme-là a toutes les raisons d’entretenir la mystique d’un patriarcat oppresseur et de faire planer la menace d’un ressac des forces dominantes et fascisantes.

    Oui, ce féminisme constitué en establishment devient lobby, pour lui-même d’abord et pour les femmes ensuite, qui au demeurant, ne lui ont jamais accordé le mandat de s’exprimer en leur nom. Ce féminisme institutionnalisé s’arroge le monopole de la parole, de la définition des problématiques et de leur mesure. Ce féminisme corporatiste jouit de toute la latitude nécessaire pour établir des dogmes et écraser ceux/celles qui les refusent.

    Car ce ne sont pas que les hommes – « masculinistes haîneux » qui sourcillent. Il y a dix ans, le Conseil du Statut de la femme, sous l’impulsion de Diane Lemieux, s’engageait pour la première et dernière fois de son histoire dans une véritable démarche de remise en question de la doxa féministe. Le colloque « Marcher sur des oeufs », organisé par le Conseil, avait pris le parti de faire le point sur les contradictions et les dérives du féminisme.

    Nous avons vu, lors de ce colloque, que même les femmes pouvaient appartenir au camp des « masculinistes haîneux ». Parlez-en à feue Elizabeth Fox-Genovese…

    Vous qui vous alarmez devant la « menace masculiniste », songez à cette provocation constante que vit l’homme québécois moderne, bastonné par un discours sur lui-même, sur sa sexualité, sur son rapport à la violence. Un discours qu’il n’a jamais contribué à édifier et que derrière le paravent des institutions étatiques, on lui interdit formellement de critiquer.

    Songez à cette provocation, encore, qu’est cette odieuse célébration de la tuerie de 1989, où l’on inscrit une violence domestique dans la lignée des actions d’un psychotique atteint d’un syndrome de persécution.

    Cette démarche de démonisation qu’est la vôtre montre l’étendue des ravages de l’aveuglement idéologique. Le clan du bien, le clan du mal, la lutte du bien sur le mal. Pensée réductrice, manichéenne. On se donnerait tout le mal du monde à démontrer votre impotence intellectuelle qu’on ne ferait pas mieux.

  12. wildo Says:

    bisbille t’es trop con … on t’as reconnu …

  13. anatheme Says:

    Haha. Coup d’épée dans l’eau mon ami. Je ne suis pas Bisbille.
    Au fait, je t’ai reconnu, Francis Dupuis-Déri !

  14. wildo Says:

    Ah non, désolée, moi je suis la fille cachée de Christine Boutin. hihihi … mdr !

  15. Lory Says:

    Je n’avais jamais entendu parler de Dupuis-Déry. J’ai donc cherché un peu sur Google et… mais il a l’air très bien ce Dupuis-Déry. Il mériterait d’etre plud connu de ce coté-ci de l’atlantique. Je fais confiance à Mauvaiseherbe pour nous le faire mieux connaitre. Il doit etre tellement plus intéressant que ce Carabistrouille, pardon, Bisbille.

  16. anatheme Says:

    Lory:

    Il ne fait nul doute que Francis Dupuis-Déri vous intéressera. Vous trouverez certes une belle communauté d’intérêts avec ce jeune professeur d’université québécois. En fait, c’est inévitable, puisqu’il reprend l’essentiel de votre discours mais en 200 pages au lieu d’une.

    Je vous transmets ici le lien vers sa page institutionnelle, où vous trouverez ses coordonnées : http://www.creum.umontreal.ca/spip.php?article54.

    Puissiez-vous l’inviter en Europe le plus souvent, le plus longtemps possible. Faites lui une offre d’emploi, tiens.

  17. jessie Says:

    bof, les mecs peuvent dire ce qu’ils veulent, les chiffres sont têtus : les pouvoirs politiques économiques et religieux sont toujours aux mains des hommes, et d’après dans le monde les femmes fournissent toujours 70% du travail pour 10% des revenus et possèdent 1% du patrimoine
    les africaines notamment produisent 90% de la nourriture pour ….. peanuts !
    sur 10 personne souffrant de pauvreté dans le monde, 7 sont des femmes ou des filles

    Aucun pays au monde n’a atteint l’égalité hommes-femmes et tous en sont très loin, même la suède

    les femmes sont toujours dominées, les hommes dominants, qu’ils le souhaitent ou le déplorent ils en jouissent : tout homme, parce qu’il est homme, dès sa naissance et même avant très souvent (notamment en orient) jouit d’infiniment plus de chances de survie puis de confort et de promotion sociale que n’importe quelle femme, et ce partout dans le monde
    De plus, la culture et souvent même les lois l’autorisent à user de violence envers les femmes pour obtenir leur soumission, c’est une réalité et faut vraiment pas avoir la tête sur les épaules pour ne pas la voir : et ce, dans le monde entier, avec divers degrés et nuances, mais c’est mondial

    je ne souhaite pas culpabiliser les hommes, surtout que laculpabilité n’est pas efficace pour avancer, mais les conscientiser et les responsabiliser
    moi-même j’occupe une situation de domination vis-à-vis des populations du tiers-monde, juste parce que je suis née sur le sol français, et il neme viendrait jamais à l’idée de le nier ou de l’euphémiser ou de geindre que c’est pas ma faute : je jouis de la domination de l’occident sur le reste du monde que je le veuille ou non, j’en bénéficie, et je ne m’en dédouane pas, je me sens responsable même si je ne me sens pas coupable

    quand j’en ai lu certains, j’ai pensé : « c’est quoi cette bande de pleurnicheurs qui sévit sur ce blog ? faudrait les consoler en plus ces pauvres pauvres pauvres zhoms qui nous dominent malgré eux, bouh, je pleure je les plains (lol !)

    bon, aller, faut pas déconner, messieurs, nous ne voulons pas de votre culpabilité ou de vos pleurnicheries à 2 balles mais de regards lucides et solides sur nos positions respectives, et de la volonté d’y remédier

  18. Yvon Roy Says:

    Bah, je vois dans cette obstination maladive, malhonnête et bornée à décrier le masculinisme, tous les signes d’une mort prochaine et attendue du féminisme radical et déconnecté de toute autre réalité que celle propagée par ce mouvement à l’effet que la souffrance ne se vit qu’au féminin.

    Un cadavre purulent qui donne encore de la jambe pour espérer se croire vivant.

    Contrairement aux idées véhiculée, le féminisme est devenu un boulet pour l’humanisme. C’est un filtre déformant et occultant —à l’instar de tous ceux que nous proposent les syndicats sclérosés— qui bâtit constamment son argumentaire sur la négation de l’autre et de sa réalité.

    De fait, la souffrance féminine étant le fond de commerce du mouvement féminisme, elle ne saurait souffrir de compétition qui en dévaluerait le pouvoir négociant, surtout en terme de financement institutionnel.

    Yvon Roy

  19. Yvon Roy Says:

    Quant à cette bataille de chiffres, les chiffres qui sont la base fondatrice de l’argumentaire féministes, ils sont la plupart du temps tordus, mis hors contextes, véhiculés sans vérification et choisis avec soin, surtout, en évitant tout autres qui ne seraient pas en accord avec la pensée véhiculée.

    Ainsi, on ne parlera pas des chiffres suivant, valable pour l’occident:
    Accidents et décès au travail (majorité d’homme)
    Sans-abris (majorité d’homme)
    suicide (majorité d’homme)
    Alcoolisme et toxicomanie (majorité d’homme)
    Dépression non soignée (majorité d’homme)
    Privation du droit parental (majorité d’homme)
    Victime de faux témoignage (majorité d’homme)
    Espérance de vie dramatiquement plus courte (majorité d’homme)
    Echec et abandon scolaire (majorité d’homme)
    Présence s’amenuisant dans les hautes études (majorité d’homme)
    calcul et compilations pour statistiques des revenus par sexe APRÈS PRÉLÈVEMENT des pension alimentaire (le calcul se faisant toujours avant)

    Et j’en passe, parce que j’ai autre chose à faire que de tourner autour de mon nombril. Je vous en souhaite autant.
    Yvon Roy

  20. wildo Says:

    Arrête tu vas me faire pleurer …

  21. wildo Says:

    ah zut faut m’effacer je répondais à un masculiniste pleurnichard ;-) …envolé l’oiseau !

  22. wildo Says:

    ahbah non ! lol !

  23. Yvon Roy Says:

    Hahaha! De la condescendance féministe… Après quarante ans de ce fiel, ça ne me fait rire, maintenant.

    Mais, continuons plutôt à parler de chiffres, puisque c’est le langage courant ici.

    Au canada, à crime égal, une femme reçoit un tiers de la sentence d’un homme et la purgera dans des conditions luxueuses qui coûteront à l’état trois fois plus.

    Ce chiffre ne fera pas partie du discours féministe, j’en suis certain.

    Quant aux statistiques sur le salaire:

    N’importe quel spécialiste en gestion de ressources humaines et dotation vous le dira: les femmes préservent jalousement leur équilibre travail/vie sociale, ce qui les amène très souvent à refuser des promotions ou des charges de travail supplémentaires; l’homme, quant à lui, choisira souvent de mettre la priorité sur son travail, quitte à moins voir ses amis et sa famille.

    D’après vous, quel chemin mène le plus sûrement au bonheur? Évidemment, si on se fie à la philosophie féministe, le bonheur se comte sur un t-4 (relevé des revenus)

    D’ailleurs, souvent, le revenu supplémentaire de l’homme sera versé en pension alimentaire disproportionnée qui ne fait pas vivre que l’enfant…..

    Ha! J’allais oublier: au Québec, la majorité des personnes n’ayant pas de médecin de famille sont des hommes.

    Ça vous intéresse d’en parler?


  24. Nous avons là un exemplaire on ne peut plus stéréotypé du masculinisme version gros bourrin, je ne pouvais espérer meilleure illustration pour ce billet ! Merci pour ta contribution machin ;-)

    En revanche si tu pouvais éviter d’utiliser ce blog comme le divan de ton psy, je préfèrerais .

  25. Yvon Roy Says:

    Ha! C’est merveilleux de m’encenser ainsi!

    «Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet»

    Georges Courteline


  26. Oui et pierre qui roule n’amasse pas mousse etc Crane pas j’en connais plein moi aussi !

  27. Yvon Roy Says:

    Aller, quand même, bonnes bises et bonne continuation

    yR


  28. Au plaisir Yvon

  29. wildo Says:

    viii bibises vonvon !

    ( c’est samedi ils sont de sortie … )

  30. ali Says:

    Je ne suis pas masculiniste parce qu’ils mettent leur malheur sur le dos du féminisme et ils se trompent.

    Mais Jessie, je n’aime pas ce discours simpliste que les pov’zhoms n’ont pas à pleurnicher car ils jouissent du privilège de dominer les femmes.

    Déjà parce que mine de rien, il y a dernière cette idée assez machiste qu’un homme doit être fort et encaisser sans broncher.
    Ensuite parce que l’image que tous les hommes dominent toutes les femmes est fausse.
    Beaucoup d’homme souffrent aussi du patriarcat car le monde des hommes est aussi très hierarchisé. Ce ne sont pas tous les hommes qui ont le pouvoir, mais une partie, et beaucoup sont dominés aussi, et ont eu à subir des violences, parfois physique etc…
    Le problème, quand on dit ça, c’est qu’on à l’impression qu’on vient piquer la couverture des femmes, c’est ce qu’on nous reproche, alors qu’il sagit simplement d’expliquer les choses comme elles sont.
    Je trouve effarant que beaucoup de féministes, qui savent si bien décrire ce que les femmes subissent, se désintéressent totalement de ce qu’est le monde des hommes, pourtant c’est important pour comprendre comment tout cela fonctionne.
    C’est sur que globalement le sort des hommes est beaucoup plus enviable que celui des femmes, mais c’est faux de dire que tous les hommes sont privilégiés. Les hommes sont aussi des victimes du patriarcat et ont souvent envie et intérêt de le combattre.

    Sinon, pour la comparaison avec le sort enviable d’être né-e en France, je ne sais pas si c’est vraiment comparable. Mais aussi, ça n’empêche pas d’être très malheureux dans la société occidentale, jusqu’à se suicider. Et en France il n’y a pas de que des gens qui ont du fric. Pour pas mal de miséreux, vivre à Lyon ou a Bombay c’est kif kif.
    Et même, pour faire féministe, je suis sur que pas mal de femmes qui vivent dans des milieux très friqués n’ont pas un électron de liberté, et sont potentiellement autant malheureuses que n’importe qui sur la planète (le confort matériel ne fait pas tous).

    a plus

  31. Yvon Roy Says:

    Bonjour, bonsoir,

    Je n’ai aucune idée si ce que je vais écrire représente quelque intérêt pour vous… Je le souhaite du moins. J’espère surtout que malgré mes gros sabots —ou mon approche gros bourin (J’ai adoré l’expression qui me fait encore sourire aujourd’hui)— vous trouverez dans mon propos quelqu’amorce de réflexion.
    (Wildo: on ne m’avait pas surnommé «vonvon» depuis l’enfance, quel plaisir que celui-là! Bises.)

    J’ai en moi la conviction que le féminisme tel que nous l’avons connu ne survivra plus très longtemps. Il devra évoluer ou périr. Les lois de la nature sont impitoyables et applicables à toute chose ici

    De fait, j’avais pensé, lors de l’émergence du masculinisme, que ce nouveau mouvement serait bien accueilli par le mouvement féministe. J’y voyais la possibilité d’un dialogue, probablement houleux, mais un dialogue tout de même.

    Je me disais qu’il était bien illusoire sinon complètement farfelu d’espérer accomplir une forme d’égalité entre deux entités en ne s’intéressant qu’à une seule des deux. Comment peut-on espérer solutionner les problèmes typiquement féminins sans les mettre en adéquation avec les problématiques masculines. Comment régler le problème de violence conjugale sans s’intéresser à la santé mentale des hommes? Sans apporter de support aux hommes en difficulté?

    Plusieurs instances féministes préfèrent parler de la violence masculine comme un phénomène endémique qui ne peut être solutionné et prétendent qu’on doive se limiter à en endiguer les conséquences par l’attribut de fonds supplémentaires aux organismes d’aide aux femmes et par l’incarcération systématique des hommes. Pour plusieurs organismes, qui trouvent leur subsistance à même cette violence, la voir disparaître ou du moins diminuée équivaut à des pertes de revenus et d’emploi. Ne sous-estimons jamais ce côté sombre de l’humain qui a appris à se nourrir de la misère des autres.

    Tout comme le soldat qui refuse de voir se terminer la guerre où il s’est illustré, ne pouvant imaginer vivre autrement qu’en combattant, plusieurs féministes, inconsciemment, refusent d’envisager une solution au problème qui justifie toute leur vie, leur combat, leur travail , leur salaire. De là, il n’y a qu’un pas pour que plusieurs tentent d’envenimer la situation plutôt que d’y chercher remède.

    Certaines ont affirmé que le féminisme est un humanisme. Il n’en est rien et n’en sera rien tant que ce féminisme refusera d’accepter que l’égalité des sexes doit se réaliser bilatéralement, en acceptant que chacun des deux sexes souffre de problématiques distinctes dont l’une est souvent le corollaire de l’autre.

    Cordialement,

    YR

    PS Je suis verbeux, je m’en excuse. L’écriture n’est pas mon talent premier.

  32. Hermil LeBel Says:

    Les idéologues de tout acabit ont de manière constante manipulé les jeunes consciences pour les amener sur leur terrain miné d’idée fascistes. C’est d’ailleurs ce qu’ils savent mieux faire : songez à Adolph Hitler. Les fémifascistes ont simplement actualisé à leur sauce fémisexiste un procédé similaire qui dans ces conséquences en arrive à détruire la civilisation occidentale au profit de l’islam qui se répand comme un cancer dans tout l’occident. Wake up before it’s too late, gentlemen…


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