La moindre des politesses

13/09/2008

Par Mademoiselle S.

le vendredi, septembre 12 2008

sur http://www.entrailles.fr/index.php?post/La-moidre-des-politesses

Un détour dans le monde dégoulinant de la presse féminine cette semaine. Sujet de fond, le magazine Elle se demande s’il faut « se forcer à faire l’amour ».

Alors, faut-il « se forcer à faire l’amour » ? Cette lancinante question s’adresse bien évidemment aux femmes. On est en train de bouquiner son « Elle », avec nos petites ballerines aux pieds, nos motifs écossais sur la jupette, parce que c’est la mode de se saper comme une gosse, et on tombe là dessus.

« Absence ponctuelle de désir ou vraie perte d’attirance ? Là est toute la question. »

Parce qu’il serait dommage de questionner le fait qu’elles se forcent. Parce que ce n’est pas grave, c’est même bien, c’est un acte de maturité.

« Au final, comme le souligne le Dr Nasio :  » Un couple est fait de compromissions, cela exige de savoir transiger. Si une femme est parfois capable de se forcer, c’est qu’elle a conscience que son couple a besoin de ça. C’est un acte de maturité.  » »

« Les raisons pour lesquelles une femme en vient à se forcer à faire l’amour sont multiples, poursuit le Dr Nasio. Pour protéger son couple, par tendresse, pour rassurer son partenaire… Ou bien par peur qu’il n’aille voir ailleurs, par calcul, pour éviter la rupture… Bien sûr, pour celles qui le font par amour, ce n’est pas un tel sacrifice. »

Ce n’est pas servir ou se sacrifier quand on aime un homme: « se forcer fait partie des petits gestes que l’on consent à faire pour rendre le quotidien plus facile ».

Illustration :

« Et quand je ne suis vraiment pas très partante, je concède une petite fellation et, ni vu ni connu, tout le monde est content ! ». C’est beau l’amour.

Mais attention, si cette abnégation cache une crise du couple (danger, danger, couple en crise = fin des haricots), les conséquences peuvent être terribles. Mais la femme n’est qu’un maillon de cette crise : Elle conçoit de la rancune pour son amoureux parce qu’elle n’a pas de plaisir (la mal baisée), et son abnégation devient castratrice :

«Le risque est d’arriver à des situations très problématiques. Je reçois parfois en consultation des couples dont la vie sexuelle ne fait que retarder une crise latente. La femme ne se refuse pas mais dit à son mari : “Dépêche-toi, qu’on en finisse”, ce qui est encore plus violent que de dire non. »

C’est là que peut se situer le vrai problème. Emmerder monsieur avec ce que l’on ressent.

Deux figures féminines vont apparaître dans l’article : les femmes qui se forcent pour le bien de leur couple et sans en parler à leur chéri, et la femme (une seule est utilisée pour contraster avec les autres) qui se force également et ment comme les autres, MAIS pas tout le temps. Cette femme différente explique parfois ouvertement à son Jules ce qu’elle ressent vraiment lorsqu’elle sent qu’elle a une raison VALABLE de ne pas avoir envie de faire l’amour. Très trash cette nana. Serait elle un « pur produit du féminisme ? ».

«  » Quand je n’ai vraiment pas envie de sexe, il m’arrive d’inventer un bon gros mensonge… Je dis que je suis trop fatiguée ou je fais carrément semblant de dormir. En revanche, quand ma libido est en berne parce que je suis dans une période de stress et que cela dure plusieurs jours, j’en parle ouvertement avec mon fiancé. Et, en général, il comprend très bien.  » Corinne, pur produit du féminisme ? »


C’est vraiment écrit. Mon dieu. Pur produit du féminisme. Couteau entre les dents ? Castratrice. Elle parle cette salope. Mais ça va pas non ?

À en vomir sur sa jupe écossaise.

« la sexualité est un catalyseur de révolutions sociétales plus profondes, comme l’explique Gisèle Harrus, psychanalyste, professeure à l’université Paris-VII et auteure de « Séduction, la fin d’un mythe » (Payot) : « Les femmes sont aujourd’hui très indépendantes, mais quelque chose de l’ordre d’une ancestrale docilité féminine perdure.


Un peu de pub au passage pour une experte qui rend incontestable l’article, et un cri du plus profond de la forêt : une ancestrale docilité féminine. MAIS ce serait en train de changer : mon corps m’appartient. Mai 68. Bref, tout est passé en revue. Sauf que :

« Ne pas se forcer au nom d’une liberté sexuelle acquise en 1968, voilà qui associe par défaut le fait de se contraindre à une soumission misogyne. ».

Dans la bouille, la perle : se forcer à faire l’amour ce n’est pas une histoire politique, c’est privé, c’est le désir, c’est l’intime. Le privé n’est pas politique, et puis en plus, les femmes ne le vivent pas mal du tout :

« Mais la majorité des femmes semble le vivre plus comme un acte de tendresse et d’affection, une manière de ne pas blesser un partenaire qu’elles désirent et qu’elles aiment, que comme une soumission ou une abnégation. »


Donc ce n’est pas un problème, sauf quand ça castre le mari, puisque « ne pas le dire est une simple question de discrétion ».

Une question de savoir-vivre en quelque sorte, la moindre des politesses. Le magazine « Elle » suit le très sain mouvement de la France qui va de l’avant et travaille à retrouver les fondamentaux en se défaisant de ce terrible esprit soixante-huitard décadant.

L’article ici

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Une Réponse to “La moindre des politesses”

  1. semaphore Says:

    Oui! La presse féminine est à vomir!
    Magnifier l’abnégation concernant l’intime, l’acte sexuel, dans le déni absolu des répercutions sur l’estime de soi.

    Écœurant!

    Dépénalisons le viol conjugal!

    Les femmes doivent être à l’écoute de leur cher et tendre c’est leur fonction, qui lui n’a pas d’oreille, vu que c’est génétique, c’est genrée l’écoute !

    Et surtout à sens unique,… un des grands principes du code de la route androcentré….avec obligation de tourner à droite, évidemment!

    lire la « pépite » masculiniste
    http://perrinesexprime.canalblog.com/


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