Mail à Ludi sur la mixité

08/10/2008

écrit en mai 2008, au lendemain d’une sortie de groupe,
riche en plaisir et en discussions

Brigitte Boucheron

sur http://www.bagdam.org/articles/ludi.html


Ludi hello
Je continue, si tu veux bien, notre conversation d’hier.
Je voudrais développer deux notions qui me paraissent essentielles : notre intérêt et notre plaisir.

I. Notre intérêt

À quoi sert la mixité pour le devenir lesbienne, pour notre déconstruction > construction ?

Quel + les hommes, les échanges avec eux, dans une pratique militante ou non, apportent-ils à la pensée lesbienne ? Autrement dit, à quoi nous servent-ils ? En quoi enrichissent-ils la pensée lesbienne ? Qu’inventent-ils pour les lesbiennes que les lesbiennes n’aient pas inventé ? RIEN.

En tant qu’élevées femmes (don de soi, oubli de soi, sacrifice de soi, servir tout le monde avant soi, ne pas dire non aux désirs des élevés hommes), notre premier réflexe de déconstruction doit être de travailler d’abord et avant tout pour nous, en toute légitimité et loin de toute culpabilité, de traquer en nous-même le conditionnement qui ne demande qu’à ressurgir (ne jamais sous-estimer la puissance en nous de la pensée dominante : elle nous a constitué depuis notre naissance). Nous devons être vigilantes en permanence à tout ce qui pourrait nous faire régresser, replonger dans le service et la secondarisation. L’organisation des festivals LGBT en est une flagrante illustration : le plus souvent, ce sont des lesbiennes qui organisent et jamais elles n’imposent la parité, ce qui donnent par exemple à Toulouse en 2008, sur 13 séances, 7 pour les gays, 2 pour les trans, 1 pour une problématique mixte, 3 pour les lesbiennes. Travailler avec les hommes revient à travailler pour les hommes.
Je pense profondément, comme je te l’ai dit hier, que fréquenter les hommes nous empêche de penser lesbien, nous fait perdre du temps dans notre devenir lesbienne, dans notre chemin pour arriver au plus près de nous-mêmes, de nos véritables désirs. Et mon hypothèse sur l’injonction actuelle à la mixité, doublée de l’apparition de la trilogie mariage/famille/enfant chez les lesbiennes durant cette décennie 2000 est précisément de l’ordre du « retour à l’étable ».

La mixité nous éloigne de nous-mêmes absolument.

Notre intérêt n’est pas celui des hommes

Dans leur immense majorité, les hommes n’ont aucun intérêt à la transformation radicale des rapports hommes/femmes. C’est un fait objectif : seules les dominées ont intérêt au changement, les dominants n’ont aucun intérêt à perdre leur statut de dominant. Ça tombe sous le sens. Tout va bien tant qu’il s’agit de proférer de belles paroles, mais quand les choses deviennent « sérieuses », c’est-à-dire quand il faut passer de la théorie à la pratique ou quand il y a des enjeux de pouvoir, les masques tombent.
Depuis l’apparition du MLF, on peut estimer à des centaines de milliers le nombre de femmes et de lesbiennes qui ont consacré et consacrent toujours leur vie à la transformation des rapports hommes/femmes. Combien d’hommes y ont consacré, y consacrent leur vie ? Je n’en connais que deux : l’un est Martin Dufresne, canadien, et il vit dans une grande solitude, me semble-t-il, l’autre était Léo Thiers-Vidal, mort en 2007 à 37 ans. Tu peux avoir une idée de ce qu’il écrit sur http://1libertaire.free.fr/leovidal.html : De l’indignation sélective des mecs anars… en général. C’était un grand ennemi de Welzer-Lang.
The signe qu’un homme est réellement du côté des femmes et des lesbiennes c’est précisément qu’il trouve normal, incontournable, la non-mixité. Ceux qui n’acceptent pas l’indépendance des lesbiennes et des femmes signent ipso facto leur certificat de machisme épais et négationniste : les mêmes ne contestent pas le droit de réunion et d’expression des Noirs, des Arméniens, des Juifs, des Arabes, des Latinos et tutti quanti, parce qu’il ne leur vient pas à l’idée de contester les dommages subis par ces groupes humains. Visiblement, pour eux, il n’y a pas de si grands dommages du côté des femmes. J’appelle ça du négationnisme.
En fait, pourquoi les hommes ne supportent-ils pas notre indépendance ? Pourquoi ces violentes réactions ? Explication : ça met en échec leur domination. Je n’en trouve pas d’autres. C’est pourquoi je ne leur fais aucune confiance. Les hommes sont mes ennemis politiques, qu’ils soient passifs (ceux qui profitent tranquillement de leur statut de dominants, sans en rajouter, mais sans jamais être déloyaux à leur classe de sexe) ou actifs (ceux qui agissent pour conserver leur pouvoir). Que je sache, aucun auteur gay n’a écrit : « Les gays ne sont pas des hommes. » « Homme est un concept irrécupérable. » Il n’y a pas d’équivalent de Wittig chez les penseurs gays.
Les hommes ne me servent à rien, sinon de repoussoir.

II. Notre plaisir

La non-mixité est d’abord pour moi, du PLAISIR ! Bagdam est Bagdam parce que le plaisir est le cœur palpitant de nos valeurs : d’abord et avant tout, se faire plaisir. Et la compagnie des élevés hommes ne me donne pas de plaisir. Pourquoi rechercher la compagnie de personnes qui ne me donnent PAS de plaisir ? C’est du simple bon sens. Tu vois, hier j’ai passé une délicieuse journée entourée de lesbiennes politiques (ben oui, quand même, être lesbienne ne suffit pas en soi et ne donne pas la science infuse, ni l’humour ni l’intelligence dont j’ai besoin pour vivre). J’ai pu être lesbienne non stop, à 100 %, j’ai pu parler lesbien non stop, à 100 %, aucun frein, aucune censure, et le plaisir de vos sourires, de vos rires, de vos pensées, de vos projets, de vos vies. N’en déplaise aux pourfendeuses d’essentialisme, je puise mes forces et mon plaisir chez les femelles de l’espèce, chez les élevées femmes qui pensent lesbien.
Et je pense à cet extrait d’une lettre de Marguerite Yourcenar à Natalie Barney : « Je me suis dit que vous aviez eu la chance de vivre à une époque où la notion de plaisir restait une notion civilisatrice (elle ne l’est plus aujourd’hui) ; je vous ai particulièrement su gré d’avoir échappé aux grippes intellectuelles de ce demi-siècle*, de n’avoir été ni psychanalysée, ni existentialiste, ni occupée d’accomplir des actes gratuits, mais d’être restée fidèle à l’évidence de votre esprit, de vos sens, voire de votre bon sens. »
Il faut savoir rester sourdes à nos propres « grippes intellectuelles ».
Et tiens encore une autre citation, de Renée Vivien (vers 1900) :


« Je ne les aime ni ne les déteste. Je leur en veux d’avoir fait beaucoup de mal aux femmes. Ce sont des adversaires politiques que je me plais à injurier pour les besoins de la cause. Hors du champ de bataille des idées, ils me sont inconnus et indifférents. »

Et je termine par cette phrase de Michèle Causse, qui s’impose dans un développement sur mixité/non-mixité :

« Sortir de l’apartheid c’est engager une guerre de sécession. »

* Yourcenar écrit ça dans les années 50.

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13 Réponses to “Mail à Ludi sur la mixité”

  1. Emelire Says:

    triste et vrai. J’aime Dworkin, ça ne m’étonne pas que Dufresne l’ait traduite, et Léo Thiers Vidal n’est plus là. Parfois aussi on peut vivre avec un homme pour se protéger des autres hommes, ça parait abherrant mais il y a, ou peut y avoir de ça aussi. Le truc pour reconnaître un homme vraiment concerné des droits des femmes et un autre rapport à la non-mixité est excellente, je le ressens aussi dans la réalité, il y a d’ailleurs plein de femmes qui sont opposées à la non mixité de la même manière. il n’y a qu’à voir les réactions de blogs ou forums en cas de manifs non mixtes, ou au sujet d’une librairie féministe et lesbienne (où bien sûr les hommes peuvent aller mais disons que les livres sont orientés).


  2. « il y a d’ailleurs plein de femmes qui sont opposées à la non mixité de la même manière. »

    Oui hélas, ce rejet de certaines femmes est loin d’être marginal, et pour ma part je considère ce type de position proche de ce que malcom x désignait comme le « House negro » opposé au « Field negro » (negre de maison vs negre de plantation):

    « … Le House Negro (nègre de maison) vit sous le toit dans la maison de son maître. Il mange ses restes de nourriture et peut porter les chaussures (les esclaves n’avaient pas le droit de porter les chaussures). Il peut se laver et faire la grasse matinée Parce qu’il est mieux traité que le nègre de plantation, il partage les préjugés de son maître et conspire même contre les autres esclaves de champ qu’il ne tarde pas à trahir pour quelques os de plus à croquer.

    Quand le maître est malade, il dit : « Nous sommes malades » Quand la maison du maître brûle, il dit « notre maison brûle ». Quand le nègre de plantation dit . Voilà fuyons, le House Négro réplique. « Pour quoi faire, tu es malades ? »

    Le nègre de maison défend la cause du maître plus que lui-même l’aurait fait. Et pourtant en fin de compte le nègre de maison demeure esclave. Il peut-être battu, vendu, violé ou mutilé… »

  3. wildo Says:

    à la lecture de ce commentaire je ne puis m’empêcher d’en faire également le rapprochement avec l’organisation interne des camps de concentrations ou une partie de détenus étaient de véritables « house negros » des nazis …

  4. wildo Says:

    A mon sens il ne faut ne pas hésiter à rembarrer les contestataires sur la probématique de la mixité, ce sujet revient de façon réccurente :
    car le faux désir de participation implicitement colporté dans la critique de la non-mixité des féministes relève, le plus souvent, uniquement d’un irrépréssible désir de contrôle … à 99%

    La quasi totalité des obédiences masculines sont par essence non mixtes. Rien ne justifie alors qu’on puisse le reprocher un seul instant aux femmes …


  5. […] ça ne se voit pas du tout dans ces extraits, d’où l’intérêt de le voir^^, vu chez Mauvaise Herbe. Je ne suis pas d’accord avec la totalité de ce mail mais une grande […]

  6. Elly Says:

    Hum, quelques trucs en vrac sur le texte et certains commentaires (je sens que je vais me faire lyncher, mais c’est pas grave :p):

    – « Que je sache, aucun auteur gay n’a écrit : « Les gays ne sont pas des hommes. » »

    Je suis absolument nulle niveau lecture donc je n’en sais rien, maintenant des pédés (et pas des gays, effectivement) qui à défaut de l’écrire le disent plus ou moins j’en connais quand même certains.

    – Je trouve limite transphobe le truc de passer de « non-mixité lesbiennes » à « femelles de l’espèce », « élevées femmes ». Ça me rappelle beaucoup la façon d’un courant américain transphobe du féminisme de définir la non-mixité comme « womyn born womyn » (femmes nées femmes, z’ont pas du trop lire Beauvoir)

    – Le coup de dire qu’on fait la différence entre un homme concerné par les droits des femmes par sa position sur la non-mixité… euh, on doit pas connaître les mêmes mecs, hein. Parce que bon personnelement j’ai surtout l’impression que dire « je suis pour la non-mixité des femmes » c’est un truc facile pour montrer à peu de frais qu’on est « féministe », et puis en plus comme ça ça évite de parler du féminisme dans les réunions plus générales. Bizarrement moi je trouve que les mecs qui clament à quel point ils sont pour la non-mixité c’est surtout ceux qui vont me donner des cours sur l' »oppression des femmes » et m’expliquer à quel point je suis une mauvaise féministe parce que je mets du rouge à lèvres ou que je me rase les jambes.

    – de la même manière je trouve un peu lapidaire le commentaire de mauvaise herbe sur les femmes qui sont contre la non-mixité… personnellement les discussions que j’ai eu avec ce genre de personnes j’ai surtout vu beaucoup de nuances, pas mal ayant surtout du mal à comprendre pourquoi avoir un espace centré sur une identité alors qu’elles vivent justement mal le fait d’être perpetuellement vues comme une « femme » et pas un être humain. Souvent le rejet est plus dû à un manque d’explication qu’une « défense de la cause du maître ».

  7. wildo Says:

    « Elly a dit :
    octobre 13, 2008 à 10:49

    Hum, quelques trucs en vrac sur le texte et certains commentaires (je sens que je vais me faire lyncher, mais c’est pas grave :p):

    – “Que je sache, aucun auteur gay n’a écrit : « Les gays ne sont pas des hommes. »”

    Je suis absolument nulle niveau lecture donc je n’en sais rien, maintenant des pédés (et pas des gays, effectivement) qui à défaut de l’écrire le disent plus ou moins j’en connais quand même certains. »

    oui tu en connais certains, donc très peu …
    de mon point de vue, la problématique identitaire des gays ne tourne qu’autour de cela : être ou ne plus être un homme, aux yeux de qui … aux yeux de la norme hétéro of course … ce qui nous donne sans cesse ce ballet qui s’écartèle entre l’homo plus homme que homme et celui qui méprise la construction du genre femme (au lieu de la combatttre paradoxalement), en l’endossant, en la caricaturant toujours d’un jeu outrancier et parfaitement décalé : il doit baiser plus, bander plus, fait ressortir ses muscles, glorifie sa téstostèrone, éjacule des tombereaux de foutre ou alors être un créature improbable attifé comme une « femme » – hystérisant littéralement les contours, prenant une voix de fausset etc … rien dans ce montage fait sentir que le pédé en question serait à l’aise. Enfin moi perso ça m’a toujours renvoyé une image encore plus négative de la « femme » … j’y sens du mépris, du désespoir … j’ai toujours trouvé ça glauque …
    Pour moi hommes hétéros et gays travaillent pour une cause unique celle de leur caste : les hommes, point.
    Si les hommes, et les gays par extension, avaient vraiment envie d’en découdre avec la construction du genre homme … ils n’auraient pas besoin, de leurs folles et de leurs tapioles pour stygmatiser cette frontière qui est implicitement la trouille d’être comme considéré comme une femme … alors on la surjoue sans cesse – pour mieux s’en préserver …

    Donc, c’est pas demain la veille que les gays seront capables de dire massivement :
    « nous ne voulons pas êtres des hommes …  »

    my two cents …


  8. Elly,

    « maintenant des pédés (et pas des gays, effectivement) qui à défaut de l’écrire le disent plus ou moins j’en connais quand même certains. »

    Eventuellement mais aucun texte politique produit dans ce sens. Sinon peut-être très récemment, j’ai vaguement entendu parler d’un livre qui dénonce une hégémonie du masculin et de l’hétéronorme dans « le milieu »: « À la conquête d’hétéroland »

    « Je trouve limite transphobe le truc de passer de “non-mixité lesbiennes” à “femelles de l’espèce”, “élevées femmes” »

    Oui, sauf que si tu lis bien le texte elle parle aussi de « mâles de l’espèce, élevés hommes ». Et pour ma part j’entends très bien ici, le sourire sardonique de l’auteure.

    « Parce que bon personnelement j’ai surtout l’impression que dire “je suis pour la non-mixité des femmes” c’est un truc facile pour montrer à peu de frais qu’on est “féministe … »

    En même temps on peut tout dire et son contraire. Oui bon, je sais pas trop quoi te répondre là dessus, « peu de frais » ou pas c’est déjà une première étape encourageante. Et puis que doit-on déduire de ta démonstration?
    Que finalement les hommes les plus réticents à la non-mixité seraient les mieux intentionnés vis à vis du féminisme?

    « pas mal ayant surtout du mal à comprendre pourquoi avoir un espace centré sur une identité alors qu’elles vivent justement mal le fait d’être perpetuellement vues comme une “femme” et pas un être humain »

    Finalement ce qui revient à dire « pourquoi le féminisme »? Et dans le même ordre d’idées pourquoi les luttes contre le racisme? Contre l’homophobie etc? On est tous des êtres humains… Mais comme dit l’auteure ce négationnisme n’est jamais autant banalisé et admis que lorsqu’il concerne les femmes. Et le pire c’est qu’il est largement repris au sein même de la classe opprimée, la classe des femmes.

    « Souvent le rejet est plus dû à un manque d’explication qu’une “défense de la cause du maître”. »

    Oui mais là il ne s’agit plus de la même chose. Et ce n’est pas à ces femmes là que ma réflexion « lapidaire » s’adressait.

  9. Elly Says:

    @mauvaise herbe:
    « Eventuellement mais aucun texte politique produit dans ce sens. »

    Hum, je sais pas si l’opinion d’un milieu peut être jugée selon les textes publiése ou les conférences faites.

    Cela dit effectivement le rejet d’être homme est loin d’être hyper répandu dans le milieu gay (au contraire il me semble que les homos effeminés sont minoritaires et pas super acceptés), qui a sans doute plus d’intérêt à une intégration au modèle hétéronormé que les lesbiennes.

    « Oui, sauf que si tu lis bien le texte elle parle aussi de “mâles de l’espèce, élevés hommes”. Et pour ma part j’entends très bien ici, le sourire sardonique de l’auteure. »

    Ben pour le sourire sardonique je sais pas, mais justement dire que ce sont des mâles et qu’elles ont été élevées en homme c’est un argument que j’ai vu chez certains courants féministes anglo-saxons pour exclure des trans’ MtF. Après je dis pas que c’est l’intention de l’auteure, mais bon les références aux mâles/femelles ça me fait toujours un peu bizarre.

    « Et puis que doit-on déduire de ta démonstration? Que finalement les hommes les plus réticents à la non-mixité seraient les mieux intentionnés vis à vis du féminisme? »

    C’est pas une démonstration (ou alors super pas rigoureuse :p), et non je pense pas que les hommes les plus réticents à la non-mixité soient les mieux intentionnés. C’est juste que je pense pas que l’opinion sur la non-mixité soit plus déterminante que le reste pour déterminer si une personne est féministe ou pas.

    « Finalement ce qui revient à dire “pourquoi le féminisme”? »

    Non, je ne pense pas. L’argument que j’ai le plus souvent entendu contre la non-mixité c’est que le féminisme a pour but que les hommes et les femmes soient traités pareils, alors pourquoi faire un espace justement basé sur la division qu’on veut supprimer ?

    Après moi je pense que ça demande juste à faire la différence entre l’objectif à long terme et la situation courante, où de fait les personnes perçues comme femmes ne sont PAS traitées comme celles perçues comme hommes. Maintenant y’a des personnes qui voient pas ça comme ça, ça les empêche pas forcément d’être féministes.

    Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des personnes anti-féministes contre la non-mixité, mais c’est pas forcément les mêmes raisons.

  10. wildo Says:

    « Non, je ne pense pas. L’argument que j’ai le plus souvent entendu contre la non-mixité c’est que le féminisme a pour but que les hommes et les femmes soient traités pareils, alors pourquoi faire un espace justement basé sur la division qu’on veut supprimer ? »

    Parce que que ça améliore le processus de conscientisation, de développement et de connaissance de son féminisme … c’est un sas plus qu’une division, un endroit indispensable pour échanger et prendre conscience.
    Je crois que tu te rends pas compte « à quel point » l’hétéronormage bouffe tout l’espace …
    C’est énorme … c’est trop et tout le temps …
    Relativiser cela c’est encore faire du déni, vouloir arrondir ce qui n’a pas lieu d’être …


  11. Elly

    Puisque manifestement ce texte de Brigitte Boucheron n’a pas réussi à te convaincre que la non-mixité sur le plan politique, est la condition sine qua non au travail d’émancipation de tout groupe dominé, je te recommande le visionnage de ce document très court: https://mauvaiseherbe.wordpress.com/2008/10/05/fondamentaux/
    dans lequel Christine Delphy résume de mon point de vue très bien les principaux enjeux de cet impératif.

    Enfin, la question que tu soulèves pour ce qui concerne le rejet ou non, de ces espaces non-mixtes, des trans MtF ou même FtM (la question se pose dans les deux cas j’imagine)
    mérite tu as raison d’être posée. Un intervenant, relativement à un article précédent concernant aussi la non-mixité, avait déjà soulevé cette question. Personnellement je ne vois a priori aucune raison d’exclure les trans des réunions non mixtes, mais j’imagine que c’est une question qui fait débat

  12. Elly Says:

    Wildo:
    « Je crois que tu te rends pas compte “à quel point” l’hétéronormage bouffe tout l’espace … »

    J’exposais juste le point de vue de personnes avec qui j’avais des discussions là-dessus. En général je me retrouve plutôt à défendre l’intérêt des non-mixités (quel que soit le groupe), malgré les expériences assez chaotiques que j’en ai eu.

    mauvaiseherbe:
    « Puisque manifestement ce texte de Brigitte Boucheron n’a pas réussi à te convaincre que la non-mixité sur le plan politique, est la condition sine qua non au travail d’émancipation de tout groupe dominé, je te recommande le visionnage de ce document très court: https://mauvaiseherbe.wordpress.com/2008/10/05/fondamentaux/
    dans lequel Christine Delphy résume de mon point de vue très bien les principaux enjeux de cet impératif. »

    J’avais déjà vu la vidéo (mais sur le blog de lextincteur, je crois :) ), mais je crois pas que j’ai tellement besoin d’être convaincue, même si après savoir si au cas par cas tel ou tel truc doit être fait ou non-mixité ou pas on pourrait sans doute discuter longtemps.

    Je trouve juste que c’est pas forcément le point d’achoppement majeur qui m’empêchera de militer avec quelqu’un (enfin ça dépend, évidemment si ce quelqu’un vient empêcher une réunion non-mixte d’avoir lieu ça va pas être évident de militer avec, mais en général la réaction c’est surtout « je vois pas l’intérêt donc je viens pas », ce qui est encore pas trop violent).

    À vrai dire ce que je trouve super frustrant c’est que dans les assoces/orgas dont j’ai eu fait partie (mis à part celles spécifiquement LGBTI), il y a jamais que la necessité de la non-mixité « femmes » qui est mise en avant. Alors bon c’est mieux que rien mais d’un point de vue personnel j’ai pas du tout le même vécu de la non-mixité « femmes » qui est de fait en général « femmes hétéros » que la non-mixité « lesbiennes » par exemple.

    Après concernant les trans’ comme pour d’autres catégories (par exemple les intersexes, les bis pour la non-mixité lesbiennes (ou gays), les personnes « métissées » dans les non-mixités pour des oppressions liées au racisme, etc.) je pense globalement que ça devient contre-productif si on essaie de fixer des frontières hyper délimitées, parce qu’on n’en finit jamais avec les discussions sur qui entre et qui n’entre pas (sans compter l’aspect pratique de la vérification du sexe ou de l’orientation sexuelle, qui est un peu délicate à mener).

    Après j’admets tout à fait que sur ce dernier sujet je suis un peu parano :o

  13. wildo Says:

    Militer c’est pas qq chose de rigide, tu peux participer a des rencontres plus ou moins ouvertes etc avec différents groupes … la non-mixité c’est pas une idéologie, c’est juste nécéssaire à des moments très précis de réfléxions … et de fait productif … ;-)


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