Féminisme : Louise Michel grande figure de la Commune de Paris et du Mouvement ouvrier

14/10/2009

Sur http://dutron.wordpress.com…

Louise Michel est née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte en Haute-Marne. Elle est morte le 9 janvier 1905 à Marseille.

Militante anarchiste et figure importante de la Commune de Paris, elle sera la première à arborer le drapeau noir et à le populariser au sein du mouvement anarchiste.

Très jeune, elle enseigne avant de se rendre à Paris en 1856.

Arrivée à Paris, à 26 ans, elle a une intense activité littéraire, pédagogique, politique et activiste et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes du Paris des années 1860. elle publie plusieurs textes, et notamment des poèmes qu’elle signe sous le pseudonyme d’Enjolras. A cette époque, elle rencontre :  Jules Vallès[1], Eugène Varlin[2], Raoul Rigault[3] et Émile Eudes[4]. Elle collabore à des journaux d’opposition comme Le Cri du peuple. En 1862, elle devient sociétaire de l’Union des poètes ; en 1869, elle est secrétaire de la Société démocratique de moralisation, ayant pour but d’aider les ouvrières. À ce moment, Louise est blanquiste[5].

En août 1870, à 40 ans, en pleine guerre franco prussienne, elle manifeste contre l’arrestation de militants blanquistes.

En septembre, après la chute de l’Empire, elle participe au Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris dont elle est élue présidente ; elle y rencontre Théophile Ferré[6] dont elle tombe passionnément amoureuse. Dans un Paris affamé, elle crée une cantine pour ses élèves. Elle rencontre Georges Clemenceau, maire de Montmartre. On assiste alors à d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent les soldats qui fraternisent avec cette foule joyeuse et pacifique. Louise Michel fait alors partie de l’aile révolutionnaire la plus radicale aux côtés des anarchistes, et pense qu’il faut poursuivre l’offensive sur Versailles pour dissoudre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui n’a alors que peu de troupes. Elle est même volontaire pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers. Elle n’est pas suivie et le projet avorte.

louise-michel-communarde-jpg

Louise Michel Communarde

En 1871, elle participe activement à la Commune de Paris, autant en première ligne qu’en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie.

Embarquée sur le Virginie en août 1873 pour être déportée en Nouvelle-Calédonie, elle chante avec d’autres communards Le temps des cerises en regardant s’éloigner la côte. À bord, elle fait la connaissance de Henri Rochefort, célèbre polémiste, et de Nathalie Lemel, elle aussi grande animatrice de la Commune ; c’est sans doute au contact de cette dernière que Louise approfondit son anarchisme. Elle reste sept années en Nouvelle-Calédonie, refusant de bénéficier d’un autre régime que celui des hommes. Elle crée le journal Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie et édite Légendes et chansons de gestes canaques. Elle cherche à instruire les autochtones kanaks et, contrairement à certains Communards qui s’associent à leur répression, elle prend leur défense lors de leur révolte de 1878. Elle obtient l’année suivante l’autorisation de s’installer à Nouméa et de reprendre son métier d’enseignante, d’abord auprès des enfants de déportés, puis dans les écoles de filles.

louise-michel1

Louise Michel durant sa déportation

Clemenceau qui admirait Louise, continue de lui écrire durant sa déportation et lui adresse des mandats.

En hommage, ce « Chant des Transportés » écrit par Pierre Dupont pour les déportés de la révolution de 1848 mais qui fut aussi chanté en 1871  :

Louise Michel revient en France en 1880 ; elle multiplie les manifestations et réunions en faveur du prolétariat. Elle reste surveillée par la police et elle est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit inlassablement un activisme politique important dans toute la France jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans.

Elle représente une figure importante de la Commune de Paris et de l’enseignement révolutionnaire des années 1860. Nous avons placé cet article dans la rubrique « Féminisme », à notre avis à bon droit mais Louise Michel doit aussi être considérée comme une figure du Mouvement Ouvrier.

Rien de mieux, nous semble-t-il, que cet article pour annoncer et vous appeler à la :

Manifestation pour les droits des femmes

samedi 17 octobre

Paris Bastille-République-Opéra

RENDEZ VOUS FASE
 à 14h

angle boulevard Richard Lenoir/

place de la Bastille

métro Bastille

Les Œuvres de Louise Michel :

•    Fleurs et ronces, poésies, Paris.
•    Le claque-dents, Paris.
•    Lueurs dans l’ombre. Plus d’idiots, plus de fous. L’âme intelligente. L’idée libre. L’esprit lucide de la terre à Dieu… Paris, 1861.
•    Le livre du jour de l’an : historiettes, contes et légendes pour les enfants, Paris, 1872.
•    Légendes et chansons de gestes canaques, 1875, Nouméa
•    Le Gars Yvon, légende bretonne, Paris, 1882.
•    Les Méprises, grand roman de mœurs parisiennes, par Louise Michel et Jean Guêtré, Paris, 1882.
•    La Misère par Louise Michel, 2e partie, et Jean Guêtré 1re partie, Paris, 1882.
•    Ligue internationale des femmes révolutionnaires, Appel à une réunion. Signé : Louise Michel, Paris, 1882.
•    Manifeste et proclamation de Louise Michel aux citoyennes de Paris, Signé Louise Maboul, Paris, 1883.
•    Le Bâtard impérial, par L. Michel et J. Winter, Paris, 1883.
•    Défense de Louise Michel, Bordeaux, 1883.
•    La Fille du peuple par L. Michel et A. Grippa, Paris, 1883.
•    Contes et légendes, Paris, 1884.
•    Légendes et chants de gestes canaques, par Louise Michel, 1885.
•    Les Microbes humains, Paris, 1886.
•    Mémoires, Paris, 1886, t. 1., rééd. Sulliver
•    L’Ère nouvelle, pensée dernière, souvenirs de Calédonie (chant des captifs), Paris, 1887
•    Les Crimes de l’époque, nouvelles inédites, Paris, 1888.
•    Lectures encyclopédiques par cycles attractifs, Paris, 1888.
•    Le Monde nouveau, Paris, 1888
•    Prise de possession, Saint-Denis, 1890.
•    À travers la vie, poésies, Paris, 1894.
•    La Commune, Histoire et souvenirs, Paris, 1898.
•    Le Rêve, (dans un ouvrage de Constant Martin) Paris, 1898.

Œuvres posthumes :

•    Vol. I. Avant la Commune, préface de Laurent Tailhade, Alfortville, 1905.
•    Les Paysans, par Louise Michel et Émile Gautier, Paris, Incomplet.
•    Je vous écris de ma nuit, correspondance générale, 1850-1904, édition établie par Xavière Gauthier, Édition de Paris-Max Chaleil, 1999.
•    Histoire de ma vie, texte établi et présenté par Xavière Gauthier, 180 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2000,
•    Lettres à Victor Hugo lues par Anouk Grinberg, cédérom, Frémeaux, 2008
•    Le livre du bagne, précédé de Lueurs dans l’ombre, plus d’idiots, plus de fous et du livre d’Hermann, texte établi et présenté par Véronique Fau-Vincenti, 200 pages, Presses Universitaires de Lyon.
•    Légendes et chansons de gestes canaques (1875), suivi de Légendes et chants de gestes canaques (1885) et de Civilisation, texte établi et présenté par François Bogliolo, 238 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2006.
•    La Misère roman de Louise Michel et Marguerite Tinayre, texte présenté par Xavière Gauthier et Daniel Armogathe, 1203 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2006

Notes

[1] Jules Vallès (de son vrai nom : Jules Vallez, qu’il transforme en “Vallès”. Fondateur du journal Le Cri du Peuple, il est un des élus de la Commune de Paris. Condamné à mort, il doit s’exiler à Londres de 1871 à 1880. Il est notamment l’auteur de laTrilogie autobiographique de Jacques Vingtras.
•    L’Enfant 1879
•    Le Bachelier 1881
•    L’Insurgé 1886

[2] Eugène Varlin militant socialiste, membre de la Commune de Paris et de la Première Internationale. Le 28 mai, au dernier jour de la Semaine sanglante, terrible répression menée par l’armée des Versaillais, Eugène Varlin reconnu par un prêtre rue Lafayette est arrêté et amené à Montmartre où il est lynché, éborgné et finalement fusillé par les “lignards”.

[3] Raoul Rigault est une personnalité de la Commune. Pendant la Semaine sanglante, le 24 mai, il se bat, en grand uniforme, au Quartier latin. Il est abattu à bout portant par un officier versaillais, des soldats le dépouillent et des passants outragent son cadavre.

[4] Emile Eudes est une personnalité de la Commune surnommé « le général Eudes » et un militant Blanquiste. Il réussit à se réfugier en Suisse puis à Londres. Il est condamné à mort par contumace par le 3e Conseil de Guerre en août 1872. Revenu en France après l’amnistie de 1880, il collabore au journal d’Auguste Blanqui Ni Dieu ni Maître, puis à L’Homme Libre qu’il fonde avec Édouard Vaillant.

[5] Le blanquisme est un courant politique dont le nom vient de la personne d’Auguste Blanqui, socialiste français du XIXe siècle. Blanqui pensait que la révolution devait être le résultat d’une impulsion donnée par un petit groupe organisé de révolutionnaires, qui donneraient le « coup de main » nécessaire à amener le peuple vers la révolution.

[6] Théophile Ferré : militant blanquiste de longue date, il est condamné à quatre reprises sous le Second Empire pour ses opinions politiques. Impliqué dans le procès des blanquistes de juillet-août 1870, il est acquitté faute de preuves ; il se fait aussi expulser du tribunal de Blois pour insultes à la Haute Cour. Chargé de toutes les calomnies, il rédige une lettre dans laquelle il se défend, mais que le tribunal ne lui permettra pas de lire. Il est condamné à mort le 2 septembre 1871 et exécuté, en même temps que Louis Rossel à Satory le 28 novembre.

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6 Réponses to “Féminisme : Louise Michel grande figure de la Commune de Paris et du Mouvement ouvrier”

  1. Coquelicot Says:

    Merci d’avoir repris cet article de notre blog.

    Bien cordialement

    Guy Dutron
    g.dutron@yahoo.fr


  2. Merci à vous…
    et pour votre article et pour votre message

  3. Coquelicot Says:

    Très sympa le titre de votre blog !!
    Me fait penser à Tonton Georges !!!

    La mauvaise herbe
    Georges Brassens

    Quand l’jour de gloire est arrivé
    Comm’ tous les autr’s étaient crevés
    Moi seul connus le déshonneur
    De n’pas êtr’ mort au champ d’honneur

    Je suis d’la mauvaise herbe
    Braves gens, braves gens
    C’est pas moi qu’on rumine
    Et c’est pas moi qu’on met en gerbes
    La mort faucha les autres
    Braves gens, braves gens
    Et me fit grâce à moi
    C’est immoral et c’est comm’ ça
    La la la la la la la la
    La la la la la la la la
    Et je m’demande
    Pourquoi, Bon Dieu
    Ça vous dérange
    Que j’vive un peu
    Et je m’demande
    Pourquoi, Bon Dieu
    Ça vous dérange
    Que j’vive un peu

    La fille à tout l’monde a bon cœur
    Ell’ me donne au petit bonheur
    Les p’tits bouts d’sa peau, bien cachés
    Que les autres n’ont pas touchés

    Je suis d’la mauvaise herbe
    Braves gens, braves gens
    C’est pas moi qu’on rumine
    Et c’est pas moi qu’on met en gerbes
    Elle se vend aux autres
    Braves gens, braves gens
    Elle se donne à moi
    C’est immoral et c’est comme ça
    La la la la la la la la
    La la la la la la la la
    Et je m’demande
    Pourquoi, Bon Dieu
    Ça vous dérange
    Qu’on m’aime un peu
    Et je m’demande
    Pourquoi, Bon Dieu
    Ça vous dérange
    Qu’on m’aime un peu

    Les hommes sont faits, nous dit-on
    Pour vivre en bande, comm’ les moutons
    Moi, j’vis seul, et c’est pas demain
    Que je suivrai leur droit chemin

    Je suis d’la mauvaise herbe
    Braves gens, braves gens
    C’est pas moi qu’on rumine
    Et c’est pas moi qu’on met en gerbes
    Je suis d’la mauvaise herbe
    Braves gens, braves gens
    Je pousse en liberté
    Dans les jardins mal fréquentés
    La la la la la la la la
    La la la la la la la la
    Et je m’demande
    Pourquoi, Bon Dieu
    Ça vous dérange
    Que j’vive un peu
    Et je m’demande
    Pourquoi, Bon Dieu
    Ça vous dérange
    Que j’vive un peu


  4. J’assume évidemment le clin d’oeil à Brassens et à cette chanson plus particulièrement, bien que tout en étant fan je suis obligée de reconnaitre qu’il ne fut pas le meilleur défenseur de la cause féministe hélas.

  5. Coquelicot Says:

    Je crois que le « non-féminisme » de Brassens était de la provocation.
    Quand il devient « sérieux », il est très féministe, à mon avis.
    Je pense notamment à deux chansons :
    – La non demande en mariage : qu’il a mise en pratique toute sa vie
    – La complainte des filles de joie qui est une vraie chanson féministe
    @+
    Guy


  6. D’accord pour ces deux titres, le féminisme de ces deux textes est incontestable.
    Mais pour n’en citer qu’une au hasard de ses productions de ce point de vue beaucoup moins enthousiasmantes, vous devez connaitre celle ci :

    La lune s’attristait. On comprend sa tristesse
    On tapait plus dedans. Ell’ s’ demandait quand est-ce
    Qu’on va s’ rappeler de m’enculer.

    Dans mon affreux jargon, carence inexplicable,
    Brillait par son absence un des pires vocables
    C’est : « enculé ». Lacun’ comblée.

    Lâcher ce terme bas, Dieu sait ce qu’il m’en coûte,
    La chos’ ne me gên’ pas mais le mot me dégoûte,
    J’ suis désolé d’ dire enculé.

    Oui mais depuis qu’Adam se fit charmer par Eve
    L’éternel féminin nous emmerde et je rêve
    Parfois d’aller m’ faire enculer.

    Sous les coups de boutoir des ligues féministes
    La moitié des messieurs brûle d’être onaniste,
    L’autre d’aller s’ faire enculer.

    A force d’être en butte au tir des suffragettes
    En son for intérieur chacun de nous projette
    D’hélas aller s’ faire enculer.

    Quand on veut les trousser, on est un phallocrate,
    Quand on ne le veut point, un émul’ de Socrate,
    Reste d’aller s’ faire enculer.

    Qu’espèrent en coassant des légions de grenouilles ?
    Que le royaum’ de France enfin tombe en quenouille,
    Qu’on coure aller s’ faire enculer ?

    Y a beaux jours que c’est fait devant ces tyrannettes,
    On dans’ comm’ des pantins, comm’ des marionnettes
    Au lieu d’aller s’ faire enculer.

    Pompadour, Montespan, La Vallière et j’en passe
    Talonnèrent le roi qui marchait tête basse
    Souhaitant aller s’ faire enculer.

    A de rar’s exceptions, nom d’un chien, ce sont elles
    Qui toujours min’ de rien déclenchent la bagatelle ;
    Il faut aller s’ faire enculer.

    Oui la plupart du temps sans aucune équivoque
    En tortillant du cul ces dames nous provoquent,
    Mieux vaut aller s’ faire enculer.

    Fatigué de souffrir leur long réquisitoire
    Ayant en vain cherché d’autres échappatoires,
    Je vais aller m’ faire enculer.

    D’à partir de ce soir cessant d’ croquer la pomme
    J’embarque pour Cythère en passant par Sodome,
    Afin d’aller m’ faire enculer.

    Afin qu’aucun’ de vous mesdames n’imagine
    Que j’ai du parti pris, que je suis misogyne,
    Avant d’aller m’ faire enculer

    J’avoue publiquement que vous êtes nos égales,
    Qu’il faut valider ça dans un’ formul’ légale,
    J’ suis enculé mais régulier.

    En vertu d’ quel pouvoir, injustes que nous sommes,
    Vous refus’-t-on les droits que l’on accorde aux hommes,
    Comme d’aller s’ faire enculer.

    Une provocation admettons, mais il y en a d’autres.


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