Le freudisme : duperie du féminisme

02/04/2010

SHULAMITH FIRESTONE : LA DIALECTIQUE DU SEXE

Shulamith Firestone (née en 1945) est une féministe radicale canadienne. Membre fondatrice des New York Radical Women, des Redstockings et des New York Radical Feminists, elle est l’une des figures centrales du mouvement féministe radical. Firestone a publié, en 1970, The Dialectic of Sex: The Case for Feminist Revolution.

Traduit de l’américain par Sylvia Gleadow

Le freudisme : duperie du féminisme (chap. 3)

Première partie (1/2)


S’il nous fallait définir le courant culturel caractéristique et essentiel du XXe siècle, nous pourrions citer l’oeuvre de Freud et les disciplines auxquelles elle a donné naissance. Nous sommes tous marqués par sa conception de la vie humaine, que ce soit lorsque nous assistons à des cours de « Psycho », lorsque nous avons recours à une thérapeutique personnelle, expériences courantes chez les jeunes des classes moyennes, ou encore, de manière plus générale, lorsque nous nous laissons gagner par l’environnement freudien de notre civilisation. Un vocabulaire nouveau s’est glissé dans notre langage quotidien, et l’homme moyen pense en termes de « névroses, de « psyché »; il examine périodiquement son « ça », qui pourrait cacher un « instinct de mort »,  et interroge son « ego » où pourrait se dissimuler une faiblesse. Quand il est rejeté par les autres, il les trouve « égocentriques »; il est persuadé qu’il a un « complexe de castration » et le désir « refoulé » de coucher avec sa mère; il croit avoir été, et peut-être même être encore, en rivalité avec ses frères; les femmes, pense-t-il, lui « envient » son pénis; il voit un « symbole phallique » dans chaque banane et chaque petit pain. Ses discussions conjugales ou sa procédure de divorce se déroulent sous l’égide de la psychanalyse. La plupart du temps, il n’est pas tout à fait certain de ce que signifient tous ces termes, mais de toute façon, il est sûr que son psychanalyste, lui, le sait. Le petit Viennois somnolant dans son fauteuil, avec ses lunettes et son bouc, est un des clichés (quelque peu grinçant) de l’humour moderne. (…)

Le freudisme, avec ses confessionnaux et ses pénitences, ses prosélytes et ses convertis, et les millions de dollars qu’il absorbe, est devenu notre Église moderne. Nous n’osons que timidement critiquer ses représentants, car -sait-on jamais?- peut-être seront-ils les gagnants, le Jour du Jugement. Qui peut être absolument certain de sa santé mentale? Et qui parvient à développer réellement toutes ses possibilités? Qui n’est dévoré par la peur? Qui ne déteste sa mère et son père? Qui ne cherche à évincer son frère? Quelle fille n’a jamais souhaité être un garçon? Quant aux esprits hardis qui persistent dans leur scepticisme, il existe pour eux le mot terrible de « résistance ». Ce sont eux les plus malades, et la violence avec laquelle ils se défendent rend la chose plus évidente encore.

Une réaction pourtant s’est produite. Des livres entiers traitent des contradictions de l’oeuvre de Freud, qui permirent à bien des carrières de s’épanouir : les uns se firent connaître en s’attaquant simplement à un point précis (l’instinct de mort par exemple, ou l’envie du pénis); d’autres, plus courageux ou plus ambitieux, s’élevèrent contre l’absurdité de l’ensemble. On vit fleurir toutes sortes de théories critiques dans les réunions et les cocktails : certains intellectuels allèrent jusqu’à établir un lien entre la démission de la communauté intellectuelle américaine et l’introduction de la psychanalyse. En opposition à la religiosité du freudisme, une école empirique du behaviorisme a été fondée (mais la psychologie expérimentale a elle-même ses propres préjugés). Ainsi, le mécanisme de la pensée freudienne a été peu à peu démonté, et ses dogmes essentiels sont tombés l’un après l’autre jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à mettre en cause.

Malgré tout cela, elle reste vivante. Bien que la thérapeutique psychanalytique ait donné la preuve de son inefficacité, et que l’on sache maintenant que les idées de Freud sur la sexualité féminine étaient fausses (cf. par exemple Masters et Johnson sur le mythe du double orgasme), les vieilles théories ont toujours cours. Les médecins continuent leur pratique. Et chaque nouvelle critique de l’oeuvre de Freud se termine par un péan qui lui rend hommage. On ne peut quand même pas l’éliminer tout à fait.

Mais je ne pense pas que ce soit uniquement un manque de courage si, après tant d’années, on ose enfin reconnaître la vérité. Je ne crois pas qu’il s’agisse uniquement de la peur de perdre un job. Il me semble que, dans la plupart des cas, cette même intégrité qui a suscité une telle remise en question empêche les médecins de tout détruire. « Intuitivement », leur « conscience » les retient, au moment de porter le dernier coup de hache.

Car s’il est vrai que les théories de Freud ne sont pas vérifiables sur le plan empirique, s’il est vrai que la pratique clinique du freudisme a conduit a de véritables absurdités, et si, en fait, on savait dés 1913 que la psychanalyse était elle-même la maladie qu’elle prétendait guérir, puisqu’elle crée une nouvelle névrose à la place de l’ancienne (nous avons tous pu observer que les personnes qui suivent un traitement psychanalytique sont plus préoccupées d’elles-mêmes que jamais, qu’elles ont désormais atteint un état de névrose consciente, plein de « régressions », de « transferts » passionnés et de monologues angoissés), nous sentons qu’il y a tout de même quelque chose dans tout cela. Même si les patients en cours de traitement sont incapables de répondre lorsqu’on leur demande à brûle-pourpoint :  » Cela sert-il à quelque chose ? » ou encore :  » Cela en vaut-il la peine ? », il est impossible de tout rejeter.

Freud a captivé l’imagination d’un continent, d’une civilisation, toute entière et sa civilisation pour une bonne raison. Bien qu’il paraisse contradictoire, illogique, éloigné de la réalité, ses successeurs, avec leur logique prudente, leurs expériences et leurs révisions, n’ont rien à dire de comparable. Si le freudisme est un sujet si brûlant, et auquel on ne peut échapper, c’est que Freud a saisi le problème crucial de la vie moderne : la Sexualité.

1. LES RACINES COMMUNES DU FREUDISME ET DU FÉMINISME


1. Le freudisme et le féminisme sont sortis du même terreau. Ce n’est pas un hasard si Freud a commencé ses travaux à l’époque la plus active du premier mouvement féministe. Nous sous-estimons aujourd’hui l’importance qu’avaient alors ces idées : les conversations de salon sur la nature masculine et la nature féminine, sur les possibilités de reproduction artificielle (« bébés éprouvettes »), décrites par Aldous Huxley dans le meilleur des mondes n’étaient pas imaginaires. La discrimination des sexes était alors un des sujets les plus passionnants. Il a aussi inspiré la presque totalité des oeuvres de G.B Shaw. Le personnage de Nora, dans La maison de poupées d’Ibsen, n’est pas fictif : dans la réalité, de telles discussions brisaient alors bien des mariages. Les descriptions des femmes féministes, faites avec méchanceté par Henry james dans The Bostonians, et avec plus de sympathie par Virginia Woolf dans Années et nuit et jour, étaient tirées de la réalité. La vie culturelle reflétait les attitudes et les préoccupations de l’époque : le féminisme fut un thème littéraire important parce qu’il était alors un problème vital. Les auteurs ne rapportaient là que ce qu’ils voyaient, c’est à dire le milieu culturel qui les entourait, où la question du féminisme était suivie avec passion. Qu’elle se forme aux idées nouvelles ou qu’elle les combatte désespérément, toute femme était concernée par le problème de l’émancipation féminine. les vieux films de cette époque montrent la solidarité croissante entre les femmes, leur conduite imprévisible, leur manière dangereuse et souvent désastreuse de s’essayer à des rôles nouveaux. Personne ne pouvait rester à l’écart de ce bouleversement, et d’ailleurs il ne touchait pas que l’Ouest : la Russie également expérimentait alors la destruction des structures familiales.


Le tournant du siècle fut marqué d’une extraordinaire fermentation des idées sur la sexualité, le mariage, la famille, et le rôle des femmes, que ce soit en matière de pensée sociale et politique, ou de culture littéraire et artistique. le freudisme ne représente qu’un seul des produits de cette fermentation culturelle. Freudisme et féminisme se sont tous deux formés par réaction à l’une des périodes les plus arrogantes de la civilisation occidentale, l’ère victorienne, dont le caractère essentiel était d’être centrée sur la famille, et d’exagérer par conséquent la restriction et la répression sexuelles. Tous deux signifient un éveil : mais Freud n’a fait que le diagnostic de ce que le féminisme se propose de guérir.

2. Freudisme et féminisme sont faits de la même substance.


L’immense mérite de Freud a été la redécouverte de la sexualité. Il voyait dans la sexualité la force vitale primordiale; la manière dont s’organisait cette libido chez l’enfant déterminait le psychisme de l’individu (qui en outre recréait celui de l’espèce historique). Il découvrit que pour pouvoir s’adapter à la société actuelle, l’être sexué doit subir dans son enfance un processus de répression, certains en sont plus affectés que d’autres, et leur inadaptation peut être plus ou moins grande (suivant qu’il y ait psychose ou névrose), et souvent même, suffisamment grave pour devenir paralysante.
Le remède que propose Freud est moins significatif, et a d’ailleurs causé de véritables dommages. Par un processus qui ramène à la surface les pulsions refoulées et paralysantes, par une reconnaissance consciente, un examen ouvert, le patient doit être capable de parvenir à un accommodement avec les désirs inquiétants du « ça », et de les rejeter consciemment, au lieu de les refouler dans le subconscient. Cette thérapeutique se réalise avec l’aide d’un psychanalyste, grâce au « transfert » où le psychanalyste est substitué au personnage qui avait provoqué cette névrose de refoulement. Le transfert, comme la guérison par la prière ou l’hypnose (que Freud a étudiée et par laquelle il fut très influencé), fait appel à une participation émotive plutôt qu’à la raison. le patient tombe amoureux de son analyste : en « projetant » le problème sur la page, blanche ou supposée telle, de sa relation avec le psychanalyste, il l’extériorise afin de se guérir. Malheureusement, ça ne marche pas *.

Freud en effet, selon les traditions de la science « pure », a observé les structures psychologiques sans jamais mettre en question leur contexte social. Étant donné sa propre structure psychique et ses préjugés culturels – c’était un tyran mesquin de la vieille école pour qui certaines vérités sexuelles étaient difficiles à admettre – , on pouvait difficilement s’attendre à ce qu’il consacrât à cet examen une partie de l’oeuvre de sa vie (Wilhelm Reich fut au nombre de ceux qui, peu nombreux, suivirent cette route).

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* R.P. Knight, dans un article paru dans l’American Journal of Psychiatry en 1941 et consacré à l' »Évaluation des résultats de la thérapeutique psychanalytique », constatait que la psychanalyse était un échec pour 56,7% des patients qu’il avait étudiés, et n’avait de résultat positif que pour 43,3% seulement. La psychanalyse échouait donc plus souvent qu’elle ne réussissait. En 1952, Eysenck indiquait un taux d’amélioration de 44% des malades soumis au traitement; et chez ceux qui n’avaient suivi aucun traitement, un taux d’amélioration de 72%. D’autres études (Barron et Leary, 1955; Bergin, 1963; Cartwright et Vogel, 1960; Truax, 1963; Powers et Witmer, 1951), confirment ces résultats négatifs.

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En outre, de même que Marx ne pouvait concevoir entièrement la venue de la cybernétique, Freud ignorait toutes les possibilités de la technique, telles qu’elles influencent aujourd’hui notre manière de penser. Mais qu’il faille l’en blâmer ou pas, le fait qu’il n’ait pas mis en question la société elle-même a causé un certain désordre dans les disciplines qui se sont fondées sur les bases de ses théories. Assaillis par les problèmes insurmontables que posait la réalisation pratique de ce qui était en soi une contradiction – la solution d’un problème à l’intérieur même de l’environnement qui l’a créé – , ses successeurs commencèrent à attaquer chaque élément de ses théories l’un après l’autre, et à force de zèle, finirent par en perdre l’essence même.

Avaient-elles cependant quelque valeur ? Réexaminons quelques-unes de ses idées, en nous plaçant cette fois sous l’angle du féminisme radical. Je pense que Freud a réellement découvert quelque chose, même si ses idées mènent à des absurdités quand on les prend mot à mot – son génie était en effet plus poétique que scientifique; la valeur de sa pensée résidait davantage dans sa signification métaphorique que dans une interprétation littérale.
Dans cette lumière, examinons tout d’abord le complexe d’Oedipe*, pierre angulaire de la théorie freudienne, et selon laquelle l’enfant de sexe masculin désirerait posséder sexuellement sa mère et tuer son père, mais serait contraint de refouler ce désir par peur d’être castré par son père. Freud lui même a dit dans son dernier livre : « J’ose affirmer que si la psychanalyse ne pouvait se vanter que du seul mérite d’avoir découvert le complexe d’oedipe et son refoulement, cela suffirait pour qu’elle puisse revendiquer sa place parmi les acquisitions nouvelles et précieuses de l’humanité. » Citons, dans le sens opposé, Andrew Salter, dans The Case against Psychoanalysis :

Même ceux qui éprouvent la plus grande sympathie pour Freud trouvent les contradictions du complexe d’oedipe quelque peu déroutantes. Le Psychiatric Dictionary dit du complexe d’Oedipe : « On ne conçoit pas encore clairement quel sera le destin du complexe d’Oedipe. » Je pense que nous pouvons être sûrs du destin du complexe d’Oedipe. Il sera celui de l’alchimie, de la phrénologie, et de la chiromancie. Le destin du complexe d’Oedipe sera l’oubli.

Salter en effet est excédé par les contradictions constantes d’une théorie pour laquelle le contexte social, cause du complexe, est immuable :

La pensée de Freud, quand il parle de la disparition « normale » du complexe d’Oedipe, souffre d’une incohérence critique en matière de logique. Si nous admettons que la disparition du complexe d’Oedipe est due à la peur de la castration, cela ne suggère-t-il pas que la normalité est acquise grâce à la peur et au refoulement exercés chez l’enfant ? Et parvenir à la santé mentale par le refoulement n’est-il pas en contradiction flagrante avec les doctrines freudiennes les plus élémentaires ?

Je prétends que la seule manière qui permette de faire du complexe d’Oedipe une notion entièrement compréhensible est de l’interpréter sur le plan de la puissance. N’oublions pas que Freud a observé que ce complexe était commun à tous les individus normaux qui grandissent dans la cellule familiale d’une société patriarcale, et que cette forme de structure sociale intensifie les pires effets des inégalités inhérentes à la famille biologique elle-même. La réalité prouve que les répercussions du complexe d’Oedipe sont moins importantes dans les sociétés où les hommes ont un pouvoir moins grand, et que l’affaiblissement du patriarcat produit dans la civilisation de nombreuses transformations que, peut-être, l’on peut attribuer à cette détente.

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* Si je traite de l’enfant de sexe masculin avant d’aborder le cas de l’enfant de sexe féminin, c’est que Freud – comme d’ailleurs notre culture toute entière – traite d’abord de l’enfant de sexe masculin. Même pour faire sérieusement la critique de Freud, il nous faut suivre l’ordre de priorité qu’il a lui-même établi dans son oeuvre. En outre, comme il l’a vu d’ailleurs, l’importance culturelle du complexe d’Oedipe est bien plus grande que celle du complexe d’Électre. J’essaierai de montrer qu’effectivement il est psychologiquement plus néfaste car dans une civilisation dominée par les hommes, les atteintes faites à la psyché masculine ont des conséquences plus graves.

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Examinons cette cellule familiale patriarcale où le complexe d’Oedipe apparaît aussi marquée.
Dans ce type de famille, c’est l’homme qui assure la subsistance quotidienne; tous les autres membres de la famille dépendent donc de lui. Il accepte de faire vivre une femme en échange des services qu’elle peut lui fournir : tenue de la maison, satisfactions sexuelles et reproduction. Les enfants qu’elle lui donnera dépendront de lui encore davantage. Ils sont légalement la propriété du père (l’une des premières campagnes du W. R. M à ses débuts fut dirigée contre l’enlèvement de leurs enfants aux mères divorcées), qui a le devoir de les nourrir, de les éduquer et de les « façonner » afin qu’ils puissent tenir leur place dans la classe de la société à laquelle ils appartiennent. En retour, il escompte de ses enfants la continuation du nom et du patrimoine – ce que souvent l’on confond avec l’immortalité. Ses droits sur les enfants sont absolus. S’il n’est pas bon père ni bon maître, c’est dommage, mais tant pis. Ils ne pourront s’échapper de ses griffes que lorsqu’ils seront devenus adultes, et le façonnage psychologique aura alors été accompli : ils seront prêts à reprendre son rôle. Il est important de se souvenir que dans les formes plus récentes de la cellule familiale, même si cette relation essentielle ne figure pas de manière aisément reconnaissable, on retrouve parfaitement le même triangle de dépendance : père, mère, fils. Car même si la mère a reçu une formation égale à celle de son mari, même si elle travaille (rappelons-nous que jusqu’aux succès bien mérités du W. R. M., les femmes de l’époque de Freud ne recevaient aucune instruction et ne pouvaient trouver aucun travail), il lui est rarement possible étant donné l’inégalité du marché de l’emploi, de gagner autant d’argent que son mari – et malheur du ménage où cela pourrait se produire! Même si elle y parvient, elle est plus tard, lorsqu’elle est enceinte puis lorsqu’elle prend soin d’enfants en bas âge, réduite une fois de plus à une incapacité totale. Rendre absolument indépendants les femmes et les enfants reviendrait à éliminer non seulement la cellule familiale patriarcale, mais aussi la famille biologique elle-même.

Tel est le climat de contrainte dans lequel grandit un enfant normal. Dés le départ il est sensible à cette hiérarchie du pouvoir. Il sait que dans tous les domaines, physique, économique, émotionnel, il dépend entièrement de ses parents, et se trouve donc à leur merci, quels qu’ils puissent être. Mais il aura certainement une nette préférence pour sa mère. Il lui est lié par la contrainte qu’ils subissent tous deux : tandis qu’il est, lui, sous la domination de ses deux parents, sa mère, elle, est sous celle du père. Celui-ci apparaît à l’enfant comme disposant de la toute puissance. (« Attends un peu que ton père rentre du bureau, et tu verras la fessée que tu vas recevoir ! ») L’enfant se rend alors compte que sa mère se situe à mi-chemin entre l’autorité et l’impuissance. Il peut se tourner vers son père si sa mère est injuste envers lui; mais si son père le frappe, sa mère ne peut guère faire plus pour lui que de le consoler par des paroles apaisantes. Si elle est sensible à l’injustice, elle pourra user de ruse et de larmes pour le défendre. Mais il utilise lui aussi la ruse et les larmes, et il sait qu’elles ne valent pas la force. De toute manière leur effet est limité, et dépend de nombreuses variables (bonne ou mauvaise journée de son père au bureau). Tandis que la force physique, ou la menace de la force physique, est une valeur sûre.

Dans la famille traditionnelle il existe une polarité parentale : on estime que l’affection de la mère pour son enfant est un amour inconditionnel, tandis qu’il est rare que le père s’intéresse activement aux tout petits enfants; et en tout cas il ne s’occupe pas des soins qui leur sont nécessaires. Plus tard, lorsque le petit garçon grandit, son père l’aime conditionnellement, en fonction de ses actions et de ses mérites. Ainsi que le dit Erich Fromm dans son Art d’aimer :

Nous avons déjà parlé de l’amour maternel. L’amour maternel est, de par sa nature même, inconditionnel. La mère aime son nouveau-né parce qu’il est son enfant, et non parce que l’enfant a rempli une condition quelconque, ou satisfait une exigence particulière…
La relation avec le père est tout à fait différente. La mère est la maison d’où nous venons, elle est la nature, la terre, la mer; le père ne représente pas notre origine naturelle. Il n’a que peu de rapports avec l’enfant pendant les premières années, et pendant cette période, il est loin d’avoir, aux yeux de celui-ci, l’importance de sa mère. Mais si le père ne représente pas le monde de la nature, il symbolise l’autre pôle de l’existence humaine : le monde de la pensée, des objets créés par l’homme, le monde de la loi et de l’ordre, de la discipline, des voyages et de l’aventure. C’est lui qui enseigne, et qui ouvre à l’enfant la route qui va vers le monde… L’amour paternel est un amour conditionnel. Son principe est : « Je t’aime parce que tu réponds à ce que j’attendais de toi, parce que tu fais ton devoir, parce que tu es comme moi. » (…) C’est dans cette évolution de l’affection, d’abord centrée sur la mère, puis sur le père, et dans la synthèse finale que se trouvent la base de la santé mentale et l’accès à la maturité.


Si tel n’avait pas été le cas lorsque Fromm écrivit ces lignes, cela le serait certainement aujourd’hui : le livre de Fromm sur l’amour a été traduit en dix-sept langues, et il s’en est vendu, pour la seule édition de langue anglaise, 1 500 000 exemplaires. Plus loin, je traiterai de manière plus détaillée de la nature de l’amour maternel prôné par ce texte, et du dommage que peut causer cet idéal, à la fois à la mère et à l’enfant. Ici, je tenterai simplement de montrer comment cette polarité traditionnelle se rattache au complexe d’Oedipe.
Contrairement à d’autres, Freud ne sous-estimait pas ce qui se passe chez l’enfant avant l’âge de six ans. Si les besoins essentiels du petit enfant sont satisfaits par sa mère, s’il est nourri, habillé et câliné par elle, s’il est aimé par elle « inconditionnellement » (contrairement à l’amour « conditionnel » du père, qui voit beaucoup moins l’enfant, et s’intéresse à lui uniquement pour lui administrer des punitions ou lui décerner une « approbation virile »), si, en outre, il sent que sa mère et lui sont unis contre le père, qu’ils doivent amadouer et à qui ils doivent plaire, alors il est peut-être vrai que tout homme s’identifie au commencement de sa vie à une femme.

Quant à désirer sa mère – oui, bien sûr. Mais le littéralisme de Freud peut conduire à des absurdités. L’enfant ne rêve pas réellement de pénétrer sa mère. Il est vraisemblable qu’il ne peut pas même imaginer comment il faut s’y prendre pour exécuter cet acte. Et il n’est pas assez développé physiquement pour avoir besoin de la détente de l’orgasme. Il serait plus juste de considérer ce besoin sexuel d’une manière générale, et plus négative : c’est-à-dire que les réactions sexuelles ne se sépareront des autres réactions physiques et émotionnelles que plus tard, lors de la structuration de la famille autour du tabou de l’inceste. Auparavant, elles s’intégraient toutes dans le même ensemble.

Que se passe-t-il lorsque, à l’âge de six ans, le petit garçon est censé commencer à se « former » et à se comporter comme un petit homme ? On parle d' »identification masculine » et d' »image du père ». On lui retire les jouets trop enfantins de l’année précédente, et on l’emmène jouer au base-ball. Les camions et les trains électriques se multiplient.
S’il pleure, on lui dit qu’il est une poule mouillée; s’il court vers sa mère, on l’accuse d’être un « petit-garçon-à-sa-maman ». Le père, soudain, s’intéresse à lui de manière active. (« Tu l’as trop gâté ») L’enfant craint son père, avec raison. Il sait que, de ses deux parents, sa mère est bien davantage de son côté. Dans la plupart des cas, il s’est déjà clairement rendu compte que son père rendait sa mère malheureuse, la faisait pleurer, et ne lui parlait pas beaucoup, mais se disputait avec elle et la rudoyait (c’est pourquoi, s’il surprend ses parents dans leurs rapports sexuels, il les interprétera vraisemblablement d’après ce qu’il connaît déjà de leur relation : il croira donc que son père attaque sa mère. Et voilà que tout à coup, on voudrait qu’il s’identifie à cet étranger brutal. Bien entendu il s’y refuse. Il résiste. Il commence à rêver de croquemitaines.
Il prend peur de son ombre. Il pleure lorsqu’il va chez chez le coiffeur. Il pense que son père va lui couper le pénis : il ne se comporte pas comme le Petit Homme qu’il ferait bien de devenir.

C’est là la « difficile phase de transition ». Comment l’enfant normal est-il finalement poussé à changer d’identification ? Fromm l’exprime clairement : « Si le père ne représente pas le monde de la nature, il symbolise l’autre pôle de l’existence humaine; le monde de la pensée, des objets crées par l’homme, le monde de la loi et de l’ordre, de la discipline, des voyages et de l’aventure. C’est lui qui enseigne, et qui ouvre à l’enfant la route qui va vers le monde... » Ce qui le convainc finalement, c’est la perspective de découvrir le monde, grâce à son père, lorsqu’il deviendra grand. On lui demande de passer de l’état d’impuissance qui est celui des femmes et des enfants pour acquérir un potentiel de puissance en devenant réellement le fils (extension de l’ego) de son père. La plupart des enfants ne sont pas bêtes. Ils n’ont pas l’intention, eux, de rester bloqués dans la vie étriquée qui est celle des femmes. Ils veulent voyager, ils veulent l’aventure. Mais c’est dur. Parce que tout au fond, ils méprisent ce père et sa toute-puissance. Ils sympathisent avec leur mère. Mais que peuvent-ils faire ? Ils refoulent leur profond attachement émotionnel à leur mère, refoulent leur désir de tuer leur père, et finissent par émerger de tout cela en devenant des hommes honorables.

Il n’est pas étonnant qu’une telle transformation laisse un sédiment émotionnel, un « complexe ». L’enfant mâle, afin de sauver sa propre peau, a dû abandonner sa mère et la trahir, et passer dans le camp de l’oppresseur. Il se sent coupable. Ses réactions émotives à l’égard des femmes en général en sont affectées. La plupart des hommes, en acquérant la puissance sur les autres, réussissent cette transformation. Mais certains n’y parviennent jamais.

D’autres éléments de la théorie freudienne apparaissent tout aussi clairement lorsqu’on les examine en termes de puissance, c’est-à-dire en termes politiques; l’antidote du féminisme efface le préjugé sexuel.
On pense généralement que la découverte du complexe d’Électre est moins importante que celle du complexe d’Oedipe, puisque toutes les théories de Freud concernant les femmes réduisent ce qui est féminin à l’inverse du masculin : le complexe d’Électre est donc un complexe d’Oedipe inversé. Le complexe d’Électre, et le complexe de castration qui lui est lié, peuvent, en bref, s’exposer ainsi : la petite fille, tout comme le petit garçon, commence d’abord sur une fixation sur sa mère. Vers l’âge de cinq ans, lorsqu’elle découvre qu’elle n’a pas de pénis, elle commence à se sentir castrée. Elle essaie de compenser cette infériorité en faisant, par un jeu de séduction, alliance avec son père; elle manifeste ainsi une rivalité avec sa mère, et ultérieurement, de l’hostilité. Le « superego »se développe en réagissant à la contrainte paternelle. Mais puisque le père est l’objet de la séduction, il n’exerce pas sur sa fille une contrainte identique à celle qu’il exerce sur son fils, son rival sexuel dans l’amour de la mère.
Par conséquent, chez la fille, la structure psychique de base est différente et plus faible que chez son frère. On dit d’une jeune fille qui conserve une forte identification au père, qu’elle en est restée au stade clitoridien de la sexualité féminine, et il est donc vraisemblable qu’elle devienne frigide ou lesbienne.


La caractéristique la plus remarquable de cette description, exprimée en termes féministes, est que la petite fille, elle aussi, est d’abord attachée à sa mère (ce qui, en soi, dément que l’hétérosexualité soit déterminée par la biologie). Comme le petit garçon, elle aime sa mère plus que son père, et précisément pour les mêmes raisons : la mère prend soin d’elle plus étroitement que le père, et partage avec elle les contraintes qu’elle subit. Vers l’âge de cinq ans, en même temps que le petit garçon, elle commence à observer consciemment  que la puissance du père est plus importante, et qu’il a accès à cet intéressant monde extérieur qui est refusé à sa mère. Elle rejette alors sa mère qu’elle connaît trop bien et qui l’ennuie, et commence à s’identifier à son père. La situation se complique lorsqu’elle a des frères et qu’elle se rend compte que le père permet peu à peu à ses fils de partager son monde masculin, son pouvoir, alors que ce monde lui est refusé. Elle se trouve alors devant une alternative : 1. Jugeant la situation de manière réaliste, elle commence à utiliser, à tout hasard, les ruses féminines afin d’essayer de dérober au père son pouvoir (elle devra lutter avec sa mère pour obtenir les faveurs paternelles). 2. Elle se refuse à admettre que la différence physique entre son frère et elle implique obligatoirement une inégalité de puissance. Dans ce cas, elle rejette tout ce qui pourrait l’identifier à la mère, c’est-à-dire la servilité, les artifices et les réactions psychologiques d’une opprimée, et imite avec obstination ce que fait son frère et grâce à quoi il obtient la liberté et l’approbation qu’elle même recherche. Je ne dis pas, il faut le noter, qu’elle simule la masculinité. Ces traits de caractère ne sont pas déterminés par le sexe, mais bien qu’elle essaie désespérément de gagner la faveur de son père en se comportant de plus en plus comme il encourageait ouvertement son frère à le faire, pour elle, cela ne donne rien.
Elle redouble d’efforts. Elle devient un garçon manqué – et est flattée de se l’entendre dire. Sa persévérance, face à une inacceptable réalité, peut même atteindre son but. Pour un certain temps. Jusqu’à la puberté peut-être. Car elle ne peut aller plus loin. Il ne lui est plus possible de nier son sexe : la convoitise de tous les mâles qui l’entourent le confirme. C’est alors que souvent elle développe, pour se venger, une identification féminine (adolescentes « difficiles », « secrètes », sujettes aux fous rires, quand les garçons du même âge sont encore des gosses).

En ce qui concerne l' »envie de pénis », il est plus sage, encore une fois, de considérer cela comme une métaphore. Même lorsque la petite fille se préoccupe réellement de l’organe sexuel, il ne faut pas oublier que tout ce qui distingue physiquement le mâle envié sera aussi envié. Car elle ne peut arriver à comprendre pourquoi, quand elle fait exactement la même chose que son frère, il reçoit des approbations qui lui sont refusées. Elle établit parfois un rapport vague entre la manière dont il se comporte et l’organe qui le différencie. L’hostilité qu’elle manifeste envers sa mère ne repose elle aussi que rarement sur l’observation d’une similitude génitale : elle repousse tout ce qui l’identifie à une mère qu’elle veut absolument rejeter. Il est peu vraisemblable que, d’elle même, une petite fille se considère comme du même sexe que sa mère; bien plus probablement, elle se voit asexuée. Elle peut même en être fière. Après tout, son corps n’a pas de protubérances visibles comme les seins qui pour elle caractérisent les femmes.
Quant au sexe, sa petite fente innocente ne semble avoir aucune ressemblance avec le mont recouvert de poils de sa mère : elle est même rarement consciente d’avoir un vagin, parce qu’il est scellé. Pour l’instant, son corps est aussi souple et fonctionnel que celui de son frère, et elle s’y sent bien : seule la force supérieure des adultes exerce, sur elle et son frère une égale contrainte. Laissée à elle-même, elle pourrait imaginer longtemps encore qu’elle ne finira pas comme sa mère. C’est pourquoi on l’encourage tant à jouer à la poupée, à la « dînette », à être jolie et attrayante.
On espère qu’elle ne sera pas une de celles qui, jusqu’à la dernière minute, refusent d’entrer dans leur rôle.
On voudrait qu’elle y vienne tôt, grâce à la persuasion et à l’artifice plutôt que par nécessité; et que la promesse abstraite d’un bébé soit un appât suffisant pour remplacer ce monde passionnant de « voyages et d’aventures ». Une florissante industrie de poupées s’est bâtie sur l’anxiété des parents. Quant à la petite fille, elle aime les cadeaux, quels que soient les obscurs raisonnements des adultes.
A la lumière de cette interprétation féministe, beaucoup de doctrines périphériques qui semblaient absurdes trouvent maintenant leur signification. Citons par exemple Ernest Jones, dans Papers on Psychoanalysis :

Beaucoup d’enfants éprouvent le vif désir de devenir les parents de leurs propres parents… Cette curieuse construction de l’imagination… est évidemment en rapport étroit avec des désirs incestueux, puisque c’est une forme exagérée du désir plus répandu d’être son propre père.

Traduction féministe : désir imaginaire des enfants d’être dans une position d’autorité sur leurs parents qui sont leurs maîtres, et en particulier sur celui qui dispose réellement du pouvoir : le père.
Voici encore ce que dit Freud à propos du fétichisme :

L’objet remplace le phallus de la mère, à l’existence duquel croyait le petit garçon, et auquel il ne veut pas renoncer.


Vraiment, Freud, est parfois déconcertant. Ne serait-il pas bien plus raisonnable de parler du pouvoir de la mère. Il y a bien peu de chances que le petit garçon ait jamais vue sa mère nue, et encore moins qu’il ait pu observer réellement la différence entre pénis et clitoris. Mais il sait qu’il est attaché à sa mère et qu’il ne veut pas la rejeter à cause de son impuissance. L’objet choisi est simplement le symbole de cet attachement.
Il existe une abondance d’exemples similaires, mais j’ai montré que dans une vision féministe toute la structure du freudisme est – pour la première fois – parfaitement significative. Ainsi s’éclairent certains problèmes qui s’y rapportent et sont aussi importants que l’homosexualité, et même la nature du tabou qui interdit l’inceste. Ces deux questions, reliées l’une à l’autre par leur cause, ont longtemps fait l’objet de discussions où l’unanimité était loin de régner. Nous pouvons maintenant y voir les symptômes de la psychologie de puissance créée par la famille.

La Dialectique du Sexe de Shulamith Firestone, éd Stock, traduit de l’américain par Sylvia Gleadow

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9 Réponses to “Le freudisme : duperie du féminisme”

  1. Geneviève Says:

    Bonjour, je suis tombée sur votre blog en cherchant sur SHulamith Firestone. J’avais déjà lu le chapitre « Pour l’abolition de l’enfance » et je suis très intéressée par ses idées. Merci de partager ces textes, bien que ce soit un peu difficile à lire sur le web. Heureusement, je l’ai trouvé à la bibliothèque. Je voulais juste vous faire remarquer qu’il faudrait peut-être mettre votre liste de sites féministes à jour. Par exemple, Chiennes de garde mènent à un site de lingerie allemand. Merci et bonne continuation.


  2. « Chiennes de garde mènent à un site de lingerie allemand »

    En effet oui, je viens de corriger. Merci pour le signalement :-)

  3. Berenice Says:

    C’est évident que le « phallus » comme symbole du pénis ne recouvre pas l’envie de l’anatomie du sexe opposé, mais bien le pouvoir accordé au sexe opposé et dénié à la fille, la femme. De plus si l’on lit le petit Hans, on remarquera qu’il a une phase où il prétend mettre au monde un tas d’enfant comme le ferait une femme. Freud ne nous a pourtant pas gratifié d’une théorisation sur « l’envie de l’enfantement » ce qui, pardon, est tout de même fort enviable!


  4. « Freud ne nous a pourtant pas gratifié d’une théorisation sur “l’envie de l’enfantement” ce qui, pardon, est tout de même fort enviable! »

    Euh… Entre « l’envie de pénis » et « l’envie d’enfantement » comme vous dites, on est obligé de choisir ?

    C’est bien l’impasse dans laquelle le freudisme tente de nous mener

  5. Berenice Says:

    Non, non, l’envie du pénis c’est pour les filles, et elles le remplacent par, effectivement un enfant donné en remplacement du pénis…
    Non je parle d’un complexe masculin, chez le garçon, une sorte de complexe d’envie d’avoir des enfants, d’être enceinte. Un complexe en symétrie.
    Je veux bien admettre que le pénis soit un organe qu’on ait envie d’avoir en tant que femme, ne serait-ce que parce qu’on a toujours envie de ce que l’on a pas. Mais pourquoi donc, par quel grand mystère, les hommes seraient-ils exempts de jalousie envers la condition féminine et les possibilités qui s’y rattache? Le petit Hanz, donc, (qui est un garçon) mets des coussins sous son pull et dit qu’il a fait plein d’enfants, comme sa mère (je ne me souviens plus des détails, ça fait longtemps que je l’ai lu, faudrait aller chercher plus précisément les citations hein), mais l’idée est là. On a pas eu droit au complexe d’infériorité masculin par rapport aux femmes, on a juste eu droit au complexe d’infériorité des femmes par rapport aux hommes. Comme si, honnêtement, le petit morceau de chair qui pendouille entre leur jambes était plus enviable que la possibilité de pouvoir créer un être humain à partir de soi? Non mais franchement, ça me fait toujours rigoler ça ^^
    J’espère que comme cela j’ai été plus claire et que j’ai mieux décrit ce que je voulais dire?


  6. Mon commentaire n’était bien-sûr pas sans malice
    J’avais bien saisi le sens de votre intervention :)

    Ceci étant dit puisque vous souhaitez ici raisonner dans une logique freudienne, comment Freud aurait-il pu théoriser l’envie d’enfantement chez les garçons puisqu’il nous explique que ce désir chez les filles est motivé précisément par l’envie de pénis ? Les garçons n’ont de ce point de vue aucune lacune à combler

  7. Berenice Says:

    C’était trop subtil pour moi…

    C’est bien pour ça que toute sa théorie est idiote ^^
    Où si vous préférez un vocabulaire plus élaboré, androcentré, phallocentré…
    C’est un peu le sujet de ma critique. Basé le monde sur ce petit morceau de chair tremblotant est plus que grotesque, et il est toujours fascinant de voir que personne ne moufte devant l’énormité de l’affirmation selon laquelle, l’organe mâle serait supérieur à l’organe femelle (qui n’existe d’ailleurs pour ainsi dire pas dans l’esprit de Freud, puisqu’il est au mieux une absence) d’une manière éclatante. Et que devant cette ridicule petite chose, la petite fille se sente immédiatement envahi par le sentiment de sa déficience… Je m’arrête là, de toute façon il m’énerve et ses théories avec lui.


  8. Pour compléter on pourrait ajouter que l’homme n’a aucune raison d’envier aux femmes leur capacité à procréer puisque le pénis (le phallus freudien) est aussi et surtout cet instrument multifonctionnel indispensable à l’expression de l’énergie créative (le pénis peut selon les cas faire office de pinceau, stylo…un couteau suisse anatomique quoi :-)
    je simplifie à peine…

  9. Berenice Says:

    ^^


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