Qui accuse qui dans l’affaire Strauss-Kahn ?

24/05/2011

Christine Delphy

Sur  Le blog de Christine Delphy

Qui accuse qui dans l’affaire Strauss-Kahn ?

23 mai

Après deux jours de sidération devant l’étalage des soutiens à DSK, soutiens qui incluaient le dénigrement de la femme de chambre du Sofitel, la contre-offensive féministe a commencé ; d’abord avec la déclaration de Clémentine Autain, puis avec plusieurs articles remarquables, dénonçant la tonalité indifférente au mieux, sexiste au pire, des propos concernant cette femme.

Maintenant, la classe politique et ses affidés dans les médias est largement déconsidérée aux yeux des femmes, et en tous les cas des féministes. Ils –  et parfois elles – ont montré leur indulgence, leur connivence, leur compréhension, leur complicité pour tout dire avec les agresseurs, et leur absence totale de compassion ou même d’intérêt pour les  victimes. On se souviendra du « troussage de domestique » de J.F. Kahn la prochaine fois que son journal de mêlera de donner des leçons aux descendants d’immigrés ; on rira en pensant au « il n’y a pas mort d’homme » de Lang la prochaine fois qu’il déclarera la main sur le cœur que l’égalité des sexes est une valeur fondamentale de notre société ;  on n’oubliera pas, quand il s’agira de voter, les larmes de Valls et d’Aubry devant « l’insoutenable cruauté » des images de DSK menotté.

Sur cet aspect du sexisme, beaucoup de choses ont été dites et d’autres le seront. Mais l’aspect juridique n’a pas été évoqué. Ou plutôt, quand il est évoqué dans les médias, nous avons droit à des célébrations du système judiciaire français, opposé aux mœurs aussi brutales qu’étranges des « Américains », et non à des explications serines, aux informations auxquelles nous avons droit.. Peu de spécialistes des procédures pénales sont invités, et ils ne donnent que des renseignements très partiels et même parcellaires. En fait on assiste à une désinformation systématique—ce n’est certes ni nouveau, ni réservé à cette affaire – mais dire ou laisser croire des choses erronées sur le système américain n’est pas innocent. Cela fait partie d’une stratégie : car représenter la justice américaine comme exotique, incompréhensible, barbare[1], c’est une stratégie de rechange à la théorie du complot, et les deux sont des stratégies de défense du prévenu. (…)

LA SUITE ICI

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