La tolérance : gangrène du féminisme.

03/09/2012

Par beyourownwomon

 

 

 

 

Sur http://beyourownwomon.wordpress.com…

 

 

 

 

 

 

 

La tolérance : gangrène du féminisme.

 

 

 

La tolérance est communément employée pour désigner l’acceptation ou devrons-nous dire, l’admission d’idées contradictoires. Les théories politiques libérales l’ont présenté comme la condition sine qua non du vivre-ensemble, l’intolérance impliquant la violence, la négation de l’autre comme sujet politique. On voit apparaître une première contradiction ici : quel vivre-ensemble si le respect, sans jugement moral, des différences fait loi ? Notez, le respect et la tolérance ne sont en aucun cas synonymes, précisément, la première notion implique l’égard envers son semblable, la tolérance renvoie au désengagement envers l’autre, et tout particulièrement dans le politique. Postmodernisme oblige, l’indifférence et le ‘tout se vaut’ constituent l’adage du XXIème siècle.

 

 

 

 

La tolérance impliquerait donc l’absence de vérité, mais alors que tolérer si rien n’a d’importance ? Ce problème n’annoncerait-il pas qu’il existe des intérêts précis que la tolérance comme idéologie pourrait servir ? D’ailleurs, qui peut tolérer ?

 

 

 

 

L’étymologie du mot tolérance renvoie à la résignation, tolerare implique supporter, endurer. Or si l’on doit ‘endurer’ une chose, c’est qu’elle n’est pas supportable en soit. Autrement dit, je mets mon jugement moral de côté pour laisser aller. Il y a également un paradoxe ici : la morale implique la responsabilité politique, je fais ce que je dois et non pas ce que je veux, mais étant un être autonome, l’obligation coïncide avec ma volonté. Donc cet acte de mettre mon jugement de côté, dans la mesure où il est relatif, serait un acte politiquement responsable.

 

 

 

 

Ce postulat libéral est un artéfact d’un point de vue féministe. S’il ne s’agit pas de contredire la morale constituant la responsabilité politique et la tolérance, il conviendrait de se demander : peut-on mettre son jugement moral de côté au sein de l’engagement politique, là où la morale et l’éthique féministe en l’occurrence, conditionnent cet engagement ? De plus, cela revient à nier les rapports de pouvoir. Comment peut-on exiger d’une femme ayant le statut de subordonnée de mettre son jugement de côté ? Est-elle au moins licite, et j’insiste bien sur cet adjectif quand le patriarcalisme conditionne le droit, pour faire valoir ce jugement et le défendre ?

 

 

Quelle est donc cette mascarade qui consiste à exiger du féminisme qu’il soit tolérant ?

 

 

Le féminisme repose sur l’analyse d’un système de domination masculine qui de fait, et même en droit, impose ses concepts et définit la réalité d’un groupe politique dominé, en faveur d’un groupe politique dominant. Le féminisme n’est pas neutre, ni indifférent. Il a ses propres concepts et valeurs, et entend bâtir une société en fonction de ses principes.

 

 

 

Demander au féminisme de tolérer les féminismes lorsqu’ils sont construits selon des concepts qui oppriment les femmes, relève d’une aberration. Le féminisme ne peut tolérer la subordination puisqu’elle est son objet de contestation.

 

 

 

A quoi sert  la contestation si elle s’accompagne de l’acceptation des idées contradictoires, ou pire encore, que l’on combat ?

 

 

 

La dépolitisation des sociétés occidentales s’accommodent fort bien de ce type de raisonnement : si l’on proclame la fin des idéologies, l’idéologie-au sens marxiste du terme, à savoir la proclamation des intérêts des dominants comme intérêt général– n’a pas disparu et se trouve peu contesté. Atomiser les dominées reste la stratégie adoptée pour faire de la tolérance une idéologie individualiste, et assurer le triomphe des valeurs  du système oppressif patriarcal.

 

 

 

 

Par conséquent, ne serait-il pas d’autant plus liberticide d’astreindre les groupes dominés au silence sous prétexte de tolérance ? La tolérance devient alors tyrannie, et loin d’assurer le ‘vivre-ensemble’, elle maintient le statu quo.

 

 

 

 

Et contrairement à l’idéalisme libéral, les différences d’opinions ne peuvent constituer l’autonomie des individu-e-s, car cela supposerait que tous les constituants d’une société soient à armes égales, une fois de plus.

 

 

 

L’objectif de cet article sera d’examiner la tolérance au service des intérêts des dominants, on évoquera alors les aspects postmodernistes de ces positions, qui jouent sur l’impensé de la question de la tolérance pour en faire un dogme, puis de montrer les méfaits de ce dogmatisme au sein du mouvement féministe, pour dévoiler ensuite les véritables conditions du pluralisme politique selon les principes féministes.

 

 

 

 

                    ***

 

 

 

 

La tolérance est considérée comme le fondement des démocraties libérales. Elle est censée assurer la liberté de chacun-e, lorsque les différences d’opinion sont atténuées par le fait de tolérer le point de vue des individu-e-s.  Notons ici une certaine incohérence. L’opinion n’est pas fondée par définition, elle renvoie à l’idée préconçue, tandis que selon les philosophes libéraux, la tolérance d’idées contradictoires, suppose que ces idées soient élaborées, bien pesées et pensées.

 

 

 

 

L’ « à –peu- près » ne peut donc garantir la liberté, que la tolérance semble assurer. En effet, tolérer ce qui paraît intolérable rend le sujet dépendant du bon vouloir de l’émetteur d’idées. Autrement dit, le caprice d’un individu doit incommoder son semblable.

 

 

 

 

On comprend bien ici le problème que pose le relativisme politique : le ‘tout- se-vaut’ implique qu’aucun système politique n’est à critiquer et à combattre. Or, ceci revient à passer sous silence le système de domination phallocrate. D’une part, c’est admettre que le sujet opprimé est libre lorsqu’il ne l’est pas, puis, l’affirmation des valeurs oppressives de la part des dominées fait place à une légitimation du système oppressif, tel un heureux hasard pour les dominants.

 

 

 

 

En d’autres termes, la manipulation des outils conceptuels des dominants, définissant la réalité des dominées, prêtés à ces subordonnées par sophisme et jouant ainsi sur « l’impensé » : tous ces concepts constituent l’ensemble des significations et institutions de la société patriarcale, ils se trouvent alors difficilement remis en question par spontanéité, donnent lieu à l’opinion ou l’illusion de l’autonomie de la pensée, lorsque ce sont les intérêts des dominants qui sont assurés. La tolérance peut-elle reposer sur l’illusion ?

 

 

 

Ces différences d’opinions  que le/la citoyen-n-e doit tolérer, ne sont-elles pas un ensemble de valeurs dont les manifestations varient, mais dont la structure reste la même ?

 

 

 

Ce qui est impliqué ici, est que la tolérance n’est qu’un vecteur de l’idéologie dominante. Mais cet aspect est d’autant plus propre au postmodernisme. En effet, certains théoriciens libéraux, (comme John Stuart Mill, Kant,…)  ont pointé du doigt les limites de la tolérance affirmant qu’elle ne peut s’appliquer sans vérité et puisque le respect de l’individu comme « valeur absolue » ne peut conduire à l’indifférence, la tolérance n’est pas tolérer tout et n’importe quoi. Bien que ces critiques présentent également leurs limites, ce qui sera examiné ici sera surtout l’approche postmoderniste.

 

 

 

 

Le postmodernisme prônant un désengagement total, permet dans ce processus de désengagement d’assurer la pérennité du système patriarcal. Et pour cause, comme le suggère Somer Brodribb : «  … la mort des significations est proclamée par le postmodernisme alors même que les critiques féministes de l’économie de l’idéologie patriarcale et du contrôle des ressources matérielles des femmes émergent du Mouvement de Libération des Femmes. »[1] . Comme il a été expliqué dans l’article Le genre : tombeau des femmes, mort du féminisme,, allergique aux analyses matérialistes et révolutionnaires, propose d’embrasser notre propre subordination car, narcissisme naissant, celle-ci fait partie de notre identité. Sous couvert d’identité, chaque propos ne doit pas faire l’objet de critique car cela reviendrait à critiquer l’individu. L’individualisme est donc le crédo du postmodernisme, et nous faisons face à l’imposture suivante : puisque tous les hommes sont égaux, qui suis-je pour formuler une critique ?

L’arnaque porte ici sur l’égalité et la prétendue absence de hiérarchie. Ou de manière plus alambiquée, l’acceptation des relations de hiérarchie, annulerait cette hiérarchie (vous vous souvenez, l’oppression c’est dans la tête que cela se passe). Le postmodernisme est bel et bien de la magie, car que la servitude soit volontaire (ce qui est une fiction politique, s’il en est), ou non, les intérêts des dominants sont assurés. Un exemple, que des femmes se réclament « sex-positiv » pour revendiquer la subordination des femmes comme « empowering », ne les rendra pas moins violables, exploitables, méprisables pour les industries pornographiques phallocrates (pléonasme). Les institutions sont bien conservées. Les dominants se portent bien dans un cas comme dans l’autre, mais les conséquences ne sont pas les mêmes pour les dominées, puisqu’elles restent dominées, leur sort n’est pas aussi heureux.

 

 

 

 

 

 

 

 

(…)

 

 

 

 

 

LIRE L’ARTICLE INTÉGRAL ICI

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Une Réponse to “La tolérance : gangrène du féminisme.”

  1. les muscade Says:

    Les fministes de la Barbe RAdio France !


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